lundi 30 juin 2008

Michka (par Thierry)

Oui, le cricket reste roi. Mais non, l'Euro de foot n'est pas passé inaperçu. Loin de là. Les filles s'en moquaient, mais les garçons étaient dans l'ensemble assez intéressés, et regardaient plus de matches que ce que le décalage horaire ne laissait supposer. Beaucoup de questions concernant la prononciation des joueurs, et peu de moqueries concernant les piètres performances de l'équipe de France. De vrais gentilhommes.
A ce propos, saluons la Turquie et l'Allemagne, exemplaires de sportivité. Ne ressassons pas encore une fois la Marseillaise sifflée lors du tristement célèbre Algérie-France, mais apprécions le fair-play des Turcs d'Allemagne, qui ont été dignes dans leur défaite (malheureuse, qui plus est), et ont globalement soutenu l'Allemagne en finale, en vain. Un grand journal turc avait même titré, le jour du match, "la fraternité über alles". Bravo à eux, qu'ils entrent dans l'Union Européenne, et tout sera réglé.

PS : continuez à commenter les messages, ça fait toujours plaisir (notamment les lecteurs qu'on ne connaît pas, mais qui nous témoignent leur intérêt)

Belur (par Bertrand)

Ce weekend visite de Belur, Halebid et Sravana Belgola, anciens hauts lieux de l'Empire d'Hoysala (1026-1343). Les trois sites sont dans le district d'Hassan à 4h30 de Bangalore en bus.
Belur abrite un temple en l'honneur de Vishnu, Hallebid est fidèle à Shiva et Shravan Belgola est très fière de sa statue jaïne de 17,38 m.

Les temples de Belur et Halebid sont très semblables et remarquables par leurs sculptures très travaillées. Tout l'extérieur des temples est décoré de statues en l'honneurs des reines, rois et dieux hoysalas. Ils appréciaient aussi les danseuses qu'ils ont mis à l'honneur. Les colonnes à l'intérieur sont tout aussi finement taillées, certaines sont taillées en diamant, étoile ou lotus, en fait des motifs avec 64, 32, 16 et 8 côtés, symboles harmonieux.
Les Hoysalas vénéraient en particulier le 4e avatar de Vishnu, Narasimha, je ne sais pas si vous vous souvenez (voir ici), c'est un être mi-homme mi-lion qui a terrassé un démon. Quelques empereurs hoysalas s'appelaient d'ailleurs Narasimha. Du coup la plupart des statues sont à son effigie.
Les temples regorgaient d'autres secrets, notamment de petits foyers style foyer de cheminée qui abritent une statue, des statues géantes de Nandi à Halebid, un pilier rotatif (enfin à l'époque, maintenant le toit s'est affaissé et à bloqué le degré de liberté), des sandales géantes appartenant à Vishnu, une statue de Vishnu habillé en femme en l'honneur du temps où Vishnu a dû se travestir pour séduire puis occire un démon. Les murs sont aussi parsemé de sculptures représentant un animal mythique hindou : Makara (voir photo au dessus des pilliers). C'est en fait le mélange de 7 animaux : des pattes de lion, un corps de cochon, une trompe d'éléphant, une bouche de crocodile, des yeux de singe, des oreilles de vache et une queue de paon. Une belle bête un demeurant, douce et amicale.


Sravana Belgoda est un site jaïn. La ville est bâtie entre deux collines en haut desquelles se trouvent un temple jaïn pour l'une et une statue géante pour l'autre. La colline au géant offre en outre une jolie vue sur la région alentour.
Ledit géant représente un thirtankara ou saint jaïn, nommé Gomateshwara. Ce n'est rien de moins que la plus grande statue monolithique du monde (17,38 m) et elle est agée de plus de mille ans. Pour la maintenir en état elle est lavée tous les 12 ans à coup de lait, safran, beurre, bois de santal et autres huiles.


Ce weekend était aussi à mettre sous le signe de la quiétude (style Hampi). On a profité et pris le temps de visiter chaque site, nous n'avions aucune horaire à respecter. Les villes étaient des villages avec très peu de touristes étrangers, peu d'hôtels et de restaurants. La campagne était bien jolie et on a pu l'admirer à souhait lors des trajets en bus. Et le summum, les peu d'achats se sont fait sans marchander (ça fait du bien) et on n'a pas vu l'ombre d'un rickhsaw. Et ça c'est le signe d'un bon weekend de repos.

vendredi 27 juin 2008

Les Parsis (par Bertrand)

Encore une religion spécifique à l'Inde.
Les Parsis tirent leur dénommination de Perse. Ils ont en effet émigré de Perse vers le 8e siècle après que les Arabes eurent envahi l'Empire Sassanide et imposé l'Islam comme religion officielle. Les Parsis sont en fait des Zoroastriens (de Zarathoustra ou Zoroastre, philosophe persan qui aurait vécu vers -600). Mais encore faut-il savoir ce qu'est un Zoroastrien.

Alors qu'à la belle époque les tribus perses vénéraient plusieurs dieux (surtout Mitra dieu du soleil dont le culte s'est répandu en Grèce et à Rome), Zoroastre (ci-contre), philosophe de formation et poète de coeur, prêchait pour un dieu unique, qu'il nommait Ahura Mazda (toute ressemblance avec une quelconque marque de voiture ou de pile est justifiée, le fondateur adorant secrètement Zoroastre).
Selon Zoroastre, leur Dieu ne nécessite ni adoration, ni prêtre. Les rites en tout genre sont bannis, à l'exception du culte du feu qu'ils considèrent comme un exemple de pureté et comme un symbole divin. Par contre l'homme peut toujours choisir entre une bonne action et une mauvaise action, représentées par deux esprits : Spenta Mainyu, le bon, et Angra Mainyu, la brute. Par le principe d'action-réaction, qui sème le bien récolte le bien et inversement. Zoroastre propose alors à ses adeptes de choisir préférentiellement de faire le bien et ce dans leur seul intérêt.




Zoroastre est plus considéré comme un philosophe qui amenait ses disciples à réfléchir sur eux-mêmes que comme un prophète. La pensée de Zoroastre a influencé les penseurs grecs, ses écrits ont notamment été traduits en avant d'être détruits par l'armée d'Alexandre, les Grecs voulant garder son enseignement pour eux seuls. Platon s'est entre autre inspiré de sa pensée.
Alors que le zoroastrisme était la religion dominante sous l'Empire Achéménide détruit par Alexandre vers -300, elle devient religion officielle sous l'Empire Sassanide vers 250 AD. Les autres religions ne sont plus tolérées. Par contre, contrairement à certains préceptes de Zoroastre, il existe un clergé. L'Empire est découpé en paroisses, chacune dirigées par un mobadh. Puis chaque village possède un prètre appelé mogh (ayant donné leur nom aux mages).

Cependant avec les invasions arabes et l'expansion de l'islam, les Zoroastriens ne sont plus les bienvenus, c'est à cette époque qu'ils quittent la Perse pour l'Inde, trouvant refuge dans un royaume hindou au Gujarat puis à Bombay. L'acceptation par les hindous des nouveaux venus, qu'ils nomment parsis, est assez aisée, hindouisme et parsisme ayant des racines communes.

Outre le culte du feu, les zoroastriens respectent aussi les autres "éléments": eau, terre, air. Ainsi après la mort ils ne se font ni inhumer ni incinérer. On amène leur corps en haut d'une tour, appelée dakhma, où les vautours nettoient la carcasse. Très écologique.
Une autre coutume veut que les parsis ne se marient qu'entre eux à l'instar des juifs. Et comme aucune conversion n'est acceptée le nombre de Parsis décroît depuis quelques années. 114 000 en 1941, ils n'étaient plus que 76 000 en 1991.

Cependant, malgré leur faible nombre, les parsis sont parmis les plus riches en Inde et ils sont connus pour leur philanthropie. Nombres de personnalités influentes sont parsis. On peut citer les familles Tata (constructeur automobile), Godrej (électroménager) et Wadia (armateur) qui contrôlent à elles trois la majorité des industries indiennes et qui financent de nombreuses écoles, hôpitaux et autres bonnes oeuvres. Le mari d'Indira Gandhi, Feroze Gandhi était journaliste et parsi. Enfin Freddy Mercury est sans aucun doute le plus célèbre parsi, même si peu de monde le sait.

Des tentatives pas toujours réussies (par Thierry)

Bertrand et moi nous avons au moins un point commun, celui d'aimer les nouveautés culinaires. Mardi dernier, il est revenu avec deux paquets de sticks nouveau look -des fois que ce soit bon et qu'un paquet ne soit pas suffisant. Echec assez complet, tant pis.

Souvent, en revanche, les essais de nouveaux milk-shakes sont concluants. On en a goûté déjà plus de 30, du coup on est assez balèzes, et on repère tout de suite les petits nouveaux qu'on ne connaît pas pour les essayer. Problème : il y en a souvent des inconnus, qu'il faut donc teser, ce qui fait qu'en fait on ne peut pas reprendre ceux qu'on a déjà trouvés bons, notre méthode d'avoir tout essayé marchera bien un jour, on ne peut pas en trouver des nouveaux à chaque fois. Jus de fruits même combat.

J'ai tenté aussi le muesli à la cardamome -c'est indien et je ne connais pas bien cette épice. Ben ici ils en mettent trop, comme Bertrand dirait : "c'est dégueulasse".

Mais le meilleur champ pour jouer est, bien sûr, les plats au restaurant. Là on ne connaît jamais la moitié de la carte, mais on prend quand même une précaution avant d'enclencher le mode random : demander au serveur si c'est spicy. S'il dit oui, ou middle, on se désintéresse de la nouveauté, sinon on tente. Là le taux d'échec augmente sérieusement par rapport aux milk-shakes : des fois, nos papilles trouve ça un peu trop pimenté quand même, et on est malheureux. On commande plein de pain quitte à se péter le bide, et on achève le plat, petite bouchée par petite bouchée. D'autres fois c'est très bon, et souvent on ne se souvient plus le lendemain du nom de ce qu'on a apprécié -autre variante, au restaurant d'après voit un nom connu sur la carte, et on ne sait plus si c'était bon ou pas. De manière générale, on partage nos plats, de manière à diminuer par deux les risques.

Enfin, là où j'ai été le plus gratuit, c'est sur l'huile. Ici, plein d'huiles différentes, toutes pas chères. Coco, tournesol, plein de copines. Ca paraît "classique". En revanche leur cousine la "mustard oil" m'a intrigué, avec ses fossettes et ses yeux verts. Etait-ce de l'huile aromatisée moutarde, ou de l'huile de moutarde. ? Je demande conseil à la ménagère (ou la mégère, si vous préférez) d'à côté, qui me confirme que c'est bien de l'huile de moutarde. Pourquoi pas après tout, on fait bien de l'huile de pépins de raisins. Mais quand je lui demande si c'est bon, elle me répond un laconique "Y'en a qui aiment...". Sur ce, je prends la brique d'huile, sous son regard étonnée, plein de pitié, disant presque "God bless you". Moi, je me dis que faut essayer, et que pour la vinaigrette, ce doit être parfait.
Erreur, c'est beaucoup trop fort. Avec les légumes poëlés, ça passe, si on n'en mets qu'un peu, mais pour assaisonner les crudités, non. Avantage (ou désavantage pour Bertrand) : ça m'oblige à cuisiner pas gras...mais c'est bien le seul. Si vous voulez, je peux vous en ramener dans des petites bouteilles, après tout, les goûts et les couleurs...

jeudi 26 juin 2008

Fin du sondage

Vous avez été 19 à voter au sondage sur votre dieu préféré et ce pour élire Hanuman, avec 5 voix. Hanuman a ainsi bien mérité un article à ses couleurs :






La dernière image est une photo d'Hanuman, prise il y a une vingtaine d'années. Le cliché serait l'oeuvre d'un certain Tintin et réalisé lors d'un voyage au Tibet, alors qu'il allait voir un ami d'enfance, Tchang qui vit paraît-on en ermite dans une carcasse d'avion.

Hanuman est aussi le héro d'un dessin animé, qui narre ses aventures alors qu'il était pitchoune. On peut trouver quelques extraits sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=d74zxZAs1m8

Bravo aussi à Pimousse qui gagne un voyage à ses frais à l'île d'Yeu.

Et un grand merci à celui qui a voté pour Ganesh (c'est moi), c'est quand même le plus beau.

mercredi 25 juin 2008

C'est dommage (par Thierry)

Le dernier post concernant mon boulot est déjà perdu au fin fond des archives. Pourquoi ? Deux hypothèses sont favorites, telles l'Italie et la France à l'Euro. La première, dite de l'autruche, est que je n'ai tellement rien à faire que je préfère ne pas en parler, pour maintenir l'illusion, y compris à moi-même, que je sers un peu à quelque chose. La deuxième, celle du renard, est que je travaille tellement que je préfère ne plus y penser le soir venu. Et bien non, comme dans une bonne fable de Jeannot, un troisième comparse arrive, j'ai nommé le poisson rouge -si c'était comme à l'Euro, ça serait un demi-animal, comme la Turquie ou la Russie ne sont que des demi-pays européens de foot. "Que vient faire le poisson rouge ici ? Quel est son attribut ? ", s'empressent de me demander les curieux. Et bien c'est que, comme chacun le sait, le poisson rouge a une mémoire de poisson rouge. Aussi simple que ça.

Oui, mon boulot est devenu intéressant. Non, je ne travaille pas excessivement trop. N'y a-t-il rien pour augmenter mon bonheur et remonter le moral des ménages (Bertrand et moi comptons dans la catégorie ménage, d'ailleurs c'est lui qui le fera à Leiden, le ménage), qui, soit dit en passant, est au plus bas depuis 1987 ? Oui, un nuage existe encore, la mousson n'est pas définitivement évaporée. Lequel ? Suspense.

En fait, j'ai abandonné dans l'arche de Noé, qui était en train de couler, mes amis Smitha et Deepak, rejoints par Salini, pour rejoindre l'interféromètre spatial de Nandan -qui est, science fiction oblige, dans la même pièce que ladite arche. Mes anciens compères (référence à Sylvain et Sylvette) s'acharnent toujours à voler les atomes de rubidium de leur chaleur, alors que moi j'essaie de faire boire de l'alcool à des photons. En fait, Nandan qui m'avait demandé de le rejoindre, s'est barré pour trois semaines, me laissant seul à la barre. Mon boulot est, en gros, de faire une marche au hasard quantique. [physique]Au début de chaque étape, je sépare en deux faisceaux les photons qui ont une polarisation verticale et ceux qui l'ont horizontale, j'augmente un peu la fréquence des polarisés haut (elle devient f+f'), puis je remixe les deux faisceaux. Là, avec une lame demi-onde, je fais tourner les polarisations de 45 degrés, ce qui fait qu'ils ont tous à nouveau une chance sur deux d'être polarisés verticalement, une sur deux horizontalement. Puis je recommence le tout deux fois, et après trois étapes, on voit qu'il y aura beaucoup plus de photons qui auront une fréquence f+2f' que de photons qui l'auront à f+f', alors qu'un bourré aura autant de chances d'être fait un peu que d'avoir fait deux pas (si à chaque étape, il a une chance sur deux d'avancer, et une chance sur deux de se raviser) [\physique]. Voilà, c'est rigolo, mon boulot en pratique a consisté à faire le montage, pas si trivial, pas titanesque non plus.

Ce qui est pratique est que je bosse à mon rythme, je peux travailler un peu plus lontemps le midi, mais dormir aussi plus le matin. Mais c'est décevant. Pourquoi suis-je mieux à travailler seul ? Les héros de BD ne sont-ils pas toujours plus heureux quand ils combattent pour la veuve et l'orphelin (surtout la veuve si elle est jolie, soit dit en passant) ? C'est que le rythme de travail en Inde est lent. Ce sont des stakhanovistes de la quantité, mais pas de l'efficacité. Et encore, j'ai de la chance, il y a une bonne ambiance au labo. Bertrand pourra vous parler de sa propre expérience, beaucoup plus fidèle à ce qui se passe ailleurs. Dans son labo, chacun se fait maltraiter par celui qui est juste un peu plus ancien que lui. Du coup, le seul avec qui il parle vraiment est celui qui est arrivé après lui...Un des côtés vraiment désagréable de ce pays.

Voilà, je suis donc épanoui dans mon boulot, mais je regrette de ne pas travailler plus en équipe. Heureusement, je rigole quand même avec mes voisins de table optique, et j'ai souvent besoin d'aller demander du matériel.

PS : L'Inde, c'est fantaisia incognita. Quand je leur fais des petites blagues à la Ribéry, ils apprécient, mais surtout ils se demandent qu'est-ce qui me prend, comment diantre je pense à ça. Ca me fait d'autant plus rire, et ça doit aider à ce qu'ils me traitent bien. J'ose pas encore déconner trop avec la tutrice, ça n'a pas l'air d'être le genre de la maison.

mardi 24 juin 2008

Le sikhisme (par Bertrand)

Le sikhisme est peut-être méconnu en France mais c'est la 5e religion en nombre (25 millions d'adeptes dont 20 millions en Inde, au Pendjab plus précisément, un état situé entre Delhi et le Pakistan, berceau du sikhisme). C'est aussi la plus jeune (si on ne tient compte des sectes américaines).

Le Guru Nanak Dev est considéré comme le fondateur du sikhisme vers 1500, un peu avant l'invasion moghole en Inde. C'est le premier d'une série de 10 gourous, dont la succession se faisait par désignation par le prédécesseur. Le 10e gourou, Guru Gobind Singh, ne désigna pas un homme comme successeur en 1708 mais un livre, le livre saint du sikhisme, appelé Guru Granth Sahib. C'est en fait un gourou éternel et le terme sahib signifie 'saint' pour les sikhs. Il renferme l'enseignement des 10 gourous.



Les sikhs sont monothéistes, ils croient en l'existence d'un dieu unique. Ils ne croient ni à l'enfer ni au paradis, pas plus qu'à la réincarnation. Ils ne vénèrent aucune idole ou dieu (exceptés les gourous) et n'ont aucun lieu saint, ni pélerinage (même si le Temple d'or d'Amritsar, ou Harmandir Sahib, en photo derrière le guerrier sikh est considéré comme leur lieu le plus sacré). Ce en opposition avec la plupart des autres religions. Ils n'ont pas de clergé. D'ailleurs ils n'ont pratiquement aucun rite, considérant cette pratique inutile. Ils s'interdisent aussi de manger de la viande préparée selon un rite (halal ou kasher par exemple). La religion sikh est particulièrement pragmatique.

Les enseignements sikhs ne préconisent pas non plus de se détacher du monde (point de moines et autres ermites) mais plutôt de vivre en harmonie avec les autres. Le sikhisme est ainsi très fraternel et tolérant envers les autres, sans distinction de race, religion ou sexe.
Le sikhisme est une façon de vivre et en aucun cas une spiritualité, la pratique de la religion est profondément en accord avec le monde réel, très concrète. Le sikhisme ne tolère pas le fatalisme ni le pessimisme. Chaque homme est seul maître de son destin, Dieu ne lui est d'aucune aide si ce n'est comme exemple.

A ce titre un enseignement sikh :
  "Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak,
qui gagne sa vie à la sueur de son front
et ensuite partage avec les autres"

Il résume assez bien le mode de vie sikh.


Une autre particularité des sikhs est leur combativité. Le dernier gourou, Gobind Singh a ainsi créé un ordre de chevalerie sikh, la Khalsa, composé de cinq guerrier à l'origine. Les guerrier sikhs sont connus pour leur bravoure et leur ardeur au combat. Ils ont tenu tête aux Moghols, aux Afghans et aux Anglais.
Un Empire sikh a même existé de 1716 à 1849 avant d'être annexé par les Anglais. Ils ont aussi été des alliés indéfectibles pour les Marathes hindous contre les Afghans et pour les Anglais pendant les deux Guerres Mondiales, preuve de leur altruisme et fraternité avec les autres communautés. Pendant la Première Guerre, les bataillons sikhs ont d'ailleurs obtenu le plus grand nombre de récompenses rapporté au nombre de soldats dans l'armée anglaise.
Mais malheureusement d'un autre côté, environ 70% des morts et prisonniers durant l'indépendance indienne étaient sikhs. De plus les sikhs ont massacrés nombre de musulmans durant la partition de l'Inde et en 1984 le gouvernement a massacré quelque 200 000 sikhs pour mater un mouvement indépendantiste. L'Histoire sikh est ainsi marqué par le sang. Un précepte sikh affirme d'ailleurs :
 "Lorsque tous les autres recours ont été épuisés,
alors il est parfaitement juste de tirer l'épée."
Rien que pour vous, quelques astuces pour reconnaître un sikh :

- Il doivent toujours porter sur eux les Cinq K :
Kesh : cheveux et barbe non coupés (assorti du turban pour tenir les cheveux)
Kangh : un peigne pour se coiffer en toute circonstance
Kach : un pantalon ample qui permet de combattre plus facilement
Kara : un bracelet d'acier
Kirpan : une dague recourbée (souvent en plastique pour pouvoir passer les aéroports)

- Les hommes portent immanquablement le nom de Singh, signifiant lion, et les femmes celui de Kaur, signifiant princesse (cet usage était incompatible avec l'ancienne législation française d'hériter du nom de son père). De plus pour donner un prénom à leur enfant les parents ouvrent le Guru Granth Sahib sur une page au hasard, prennent la première lettre de la page et cherche un nom commençant par cette lettre. Cela offre un choix bien plus grand que la technique séculaire du calendrier.

Pour finir, dans la série 'L'Amérique pour les nuls et par les nuls', on recense depuis les attentats du 11 septembre une augmentation d'actes belliqueux contre la communauté sikh aux Etats-Unis, ceux-ci étant pris pour des disciples binladesques à cause de leurs barbe et turban.
C'est dommage.

Proverbe

"Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés."

C'est ma foi vrai.

lundi 23 juin 2008

Mamallapuram (par Thierry)

Quel nom compliqué ! Les Anglais n'auraient pas pu le simplifier, diantre ! Et bien, en fait, ils l'ont fait. En tamoul, le nom de la bourgade est Mahabalipuram, une syllabe en plus.
Si on s'est intéressés à ce nom, ce n'est pas pour espérer gagner un jour au Scrabble grande version, mais bien parce qu'il abrite encore un temple classé au patrimoine mondial de l'humanité. Le Shore Temple qu'il s'appelle, et comme vous savez tous que le Tamil Nadu (ou Tamoul-land si vous préférez) est situé au sud-est de l'Inde, il fallait se dépecher de l'admirer avant que le prochain tsunami ne le détruise tout à fait, aidé par la mousson et le vent de mer.
En parlant de tsunami, on n'est pas les seuls à avoir eu cette idée, et il y a beaucoup de touristes. De nombreux compatriotes, mais en petit nombre devant les autochtones. Le tout restait supportable, mais tout de même, on croisait plus d'humains que de singes, pas comme à Hampi.



Hampi, la comparaison est lâchée. Une petite ville perdue, des temples oubliés puis retrouvés, la ressemblance est frappante. L'océan -pas dangereux, mais suffisamment agité, excitant, pour que nous tous, Bertrand y compris, y jouions plus d'une heure- remplace le côté désertique, lunaire d'Hampi, et hop, le tour est joué. Oui, à Mamallapuram, en plus du grand Shore Temple ont poussé, dispersés sur une quelques kilomètres carrés, temple et sculptures. Or Hampi a été la capitale d'un grand empire, et Mamamia non. L'hypothèse la plus sérieuse, selon Wikipédia (et pas Conservapedia) est que e lieu était le MIT de la sculpture, le Harvard de la gravure, le Berkeley de la construction de temple. La place où être, en résumé, pour qui voulait tâter de la pierre. D'où de nombreuses oeuvres inachevées, qui donnent une impression de liberté, de vagabondage, plus que de circuit touristique. On se promène, et on trouve un rocher creusé en forme de tablette de chocolat (ou d'abdos bien costauds). Pourquoi ? On n'en comprend pas bien l'intérêt, mais on apprécie. A noter aussi de nombreux trous dans les rochers, mais ça un gamin xénophile donc francophone nous en a expliqué la raison. Point de Kärcher à l'époque, encore moins de scies à projection de sable. Non, ces messieurs fissuraient les énormes monolithes en perçant des trous, puis en y introduisant du bois, qu'ils arrosaient afin que ce dernier gonfle. Le tour était joué, en même temps, ils avaient raison de ne pas attendre qu'il gèle à pierre fendre. Ceci est une transition malhabile pour embrayer sur le temps qu'il faisait. Vroum !



A ce niveau, encore une ressemblance avec Hampi. A savoir du soleil, à peine voilé, donc à peine moins chaud. C'est tout. Sauf qu'homme brûlé craint les nuages, crème solaire et lunettes de soleil faisaient partie de notre parure. Pour le plus grand bonheur des villageois rencontrés alentours, timides mais content d'être pris en photo. Les adultes nous proposent à boire, tout fiers de nous montrer leurs maisons, à l'écart de la grande route, vraisembablement délaissées par les touristes. Un village pauvre, mais pas misérable. De l'éclairage public, des fils électriques qui apporte du courant au moins une fois de temps en temps, des maisons avec un toit qui a beau être de feuille et de paille, mais qui a le mérite de protéger de la pluie. Au fait, on a refusé les verres, on n'avait vraiment pas le temps, et de toutes façons ça nous arrangeait. Si la proposition était touchante, il aurait été délicat de leur faire comprendre que nos petits ventres français préfèrent le coca à l'eau du robinet, le jus d'orange à l'eau de la rivière. D'autant plus qu'il aurait fallu parler tamoul, car, dans toute l'Inde, mais encore plus dans cette région fière de sa langue dravidienne, les villageois ne parlent pas anglais. Sauf le chef du village, qui a essayé de nous accaparer, en dénigrant les autres. "Ce ne sont que des villageois, ils ne parlent pas anglais", l'air de dire, "venez me parler à moi, eux ne sont que des idiots". Oui, les rapports entre Indiens ne sont pas toujours cordiaux.



Si on a pu rencontrer ces gens, c'est qu'on avait loué des scooters pour la journée du dimanche. Deux ou trois par bécane, les cheveux au vent, les lunettes sur le nez, let's ride. C'est pas cher, et renforce l'impression de tranquilité, de liberté. On refera, c'est sûr.



"Deux ou trois par bécane" signifie qu'on était soit deux et demi, soit plus de cinq. Deuxième solution. Sept en tout, Najat, Lucie, Elodie, Kamel, Baptiste, et nous deux. Autant visiter une ville en grand nombre ne me tente vraiment pas, autant là, les pesanteurs d'un tel groupe ne gâchent pas le week-end. Qui veut essayer un pantalon dans telle boutique prévient à peine les autres, de toutes façons on se retrouvera. Et puis, Mamallapuram, c'est pas Istanbul non plus, les distractions "incontournables" ne sont pas bataillon, on peut "perdre" dix minutes de temps à autres, comme dirait l'ami Bertrand. Dont c'était l'anniversaire samedi, fêté autour d'un gâteau à un peu d'ananas et beaucoup de crème. Vingt-trois ans il a, vingt-quatre ans il aura, j'espère. Il devrait survivre à son régime à base de riz, même si on est tous très inquiets pour lui. Il a encore la volonté de se gaver de ce blanc féculent afin de ne jamais avoir faim, l'espoir subsiste.

http://picasaweb.google.com/getzze/Mamallapuram

Un autre monde est possible...

... mais sans eux :
http://www.conservapedia.com/Main_Page

vendredi 20 juin 2008

Saccadé

C'est le qualificatif le mieux adapté pour décrire notre rythme de vie. Pourtant, plus de tours de garde pour surveiller la pompe à vide. Ouais, mais l'Euro a commencé, et avec le décalage horaire, les jours on s'autorise à le regarder, notre lit nous voit peu avant que les poules quittent leur abri (à leur décharge, il fait jour tôt ici). Le mardi, c'est pâtes bolognaises chez André et Catherine les Suisses, ça traîne, et si en plus c'est jour de match, on ne dort pas beaucoup. Mercredi, souvent on sort en ville, manger quelque chose de bon, et se sentir riches avec nos euros -merci M. Trichet de ne pas faire baisser artificiellement la monnaie commune. Pareil, courte nuit. Jeudi, du coup, je me couche à 21h30-22h00, dormant au bas mot un tour de cadran. Le vendredi, ben c'est bus presque à chaque fois. Lucie, qui n'arrive jamais à dormir après 07h00 du matin, n'est en revanche absolument pas dérangée par les secousses du bus (on arrive rarement après 06h00 à destination), et dort comme un bébé, au contraire de Nico, qui ne supporte pas le bus, mais t volontiers la grasse mat. Les gens normaux arrivent à dormir seulement une petite poignée d'heures. Du coup, le samedi on est crevés, mais comme faut profiter, on se lève assez tôt le dimanche. Et, sauf pour le pauvre Nico, on dort dans le bus du retour. Qui ne dure pas bien longtemps, donc le lundi on est très fatigués. Sieste systématique le matin pour moi, le midi pour Bertrand, et on se couche tôt le lundi (22h00 pour moi le loir, plus tard pour le vaillant Bébert). Et ça recommence encore et encore.

jeudi 19 juin 2008

Histoire de l'Inde : L'Empire Moghol (par Bertrand)

Les moghols ont occupé l'Inde de 1526 à 1857, leur déclin ayant commencé en 1707 avec la mort du dernier des six Grands Moghols, qui sont dans l'ordre : Babur (1526-1530), Humayun (1530-1556), Akbar (1556-1605), Jahangir(1605-1627), Shah Jahan (1627-1658), Aurangzeb(1658-1707).

Les Moghols sont à l'origine des Mongols (Babur est un descendant de Tamerlan), mais ils ont aussi des origines persanes (ils parlent perses) et turques. Ils sont aussi musulmans. A l'origine Babur conquiert Samarkand en actuel Ouzbékistan. C'est assez loin de l'Inde me direz-vous mais il est chassé vers Kaboul, puis Ghazni (toutes deux en Afghanistan), puis enfin Lahore au Pakistan. Enfin en 1525 il prend Delhi lors de la première bataille de Panipat (Panipat est le champ de bataille de Delhi).


Babur prend ainsi la place du Sultan de Delhi. Il continue son expansion et conquiert Agra qui devient sa capitale. A sa mort son fils Humayun hérite d'un grand royaume qu'il réussit à consolider mais pas à agrandir.
Son fils Akbar lui succède. Il est considéré comme le plus grand des Moghols, bien qu'il ne mesurait qu' 1m76.
Au début de son règne, pour asseoir sa suprémacie sur un coussin de soie, il gagne la bataille de Panipat. C'est son premier fait d'arme.
Akbar était un mécène et était aussi très tolérant. Il abolit l'impôt sur les non-musulmans et épouse une princesse hindoue. Cela lui vaut l'amitié des royaumes rajputs. Il accueille aussi des émissaires d'autres religions dans son palais : hindous, jaïns et jésuites de Goa. Il fonde sa propre religion qui ne durera que le temps de son règne. D'ailleurs il était le seul à y croire.
Il accroît aussi son royaume en conquérant le Gujarat, le Rajasthan et le Bengale.

A sa mort son fils lui succède, puis son petit fils Shah Jahan, qui est surtout célèbre pour avoir construit (fait construire en fait) le Taj Mahal en l'honneur de sa femme favorite Mumtaz Mahal morte en couche.
Son fils Aurangzeb lui succède et parvient à l'apogée de l'Empire en assujettissant les sultans du Deccan. Son règne est aussi marqué par la fin de la tolérance religieuse et le retour de l'impôt sur les non-musulman. Ces réformes provoquent le mécontentement des hindous qui se révoltent et précipitent la chute de l'Empire.
Dans la région de Bombay, un royaume hindou Marathe voit le jour sous les ordres de Shivaji qui reprend peu à peu le contrôle de la région.


A la mort d'Aurangzeb l'Empire est morcelé.
La région de Mysore (et de Bangalore) est administrée par le sultan de Mysore, Tipu Sultan. La région d'Hyderabad, Nizam, devient indépendante.
De plus les Sikhs se révoltent dans le Pendjab et sont d'ailleurs durement réprimés, et massacrés par la même.

En 1761 les Marathes prennent Delhi puis sont à leur tour expulsés par les troupes afghanes de l'Empire Durrani, lors de la troisième bataille de Panipat et ce malgré le soutien de l'armée Sikh.
Cette bataille marque le début de l'expansion anglaise en Inde. Les Marathes sont affaiblis, les Moghols quasiment vaincus. Les royaumes Marathes et Moghols sont alors plus des fédérations que des Empires et plus personne ne peut empêcher les Anglais de s'installer durablement à Bombay, Calcutta et Madras.






Une carte ici de l'Inde en 1760, les Anglais ne contrôlent directement que les trois grandes villes. Ils contrôlent le Bengale de facto, le nawab au pouvoir étant un allié.
Une autre carte ici en 1804 montre l'expansion anglaise après la chute des Marathes.
C'est pas beau à voir. Les Portugais ont jeté l'éponge depuis longtemps, leur seule présence notable étant à Goa. Les Hollandais se rabattent sur l'Indonésie en cédant leur dernière colonie, Cochin, aux Anglais en 1814. Et les Français, même s'ils gardent leurs colonies de Pondicherry et compagnie ils ne sont guère belliqueux à l'issue de la Guerre de Sept Ans en Europe en 1763.

C'est le début de l'ère coloniale.
Les moghols ont laissé des traces dans la culture indienne, au niveau culinaire notamment, avec le poulet mughlai. Linguistique aussi puisqu'ils ont répandue la langue urdoue, officielle au Pakistan et dans certains états indiens, basée sur des racines sanskrit, perses et mongoles. On leur doit aussi de nombreux palais et mosquées. Malheureusement ils sont aussi à l'origine de l'inimitié entre hindous et musulmans, les premiers reprochant de nombreux massacres et destructions de temples aux seconds. C'est aussi le cas des sikhs qui haïssent les musulmans car ils ont dû lutter longtemps pour leur indépendance (aussi à cause des Durrani afghans d'ailleurs).

mercredi 18 juin 2008

Download day

Firefox 3

A partir de 18:16 UTC et pendant 24h.

mardi 17 juin 2008

Histoire de l'Inde : Royaumes Musulmans (par Bertrand)

Nous voici donc en l'an de grâce 1200. Les turcs musulmans arrivés d'Afghanistans établissent à Delhi un sultanat, dirigé par Qutb-ud-Din (pronnoncez Cul-de-bouteille, c'est plus facile) l'ancien général-esclave devenu sultan. A sa mort la puissance de l'état central est très faible, et la succession se fait par lien de sang : celui qui tue le roi devient roi à sa place. Parfois certains dirigeants sont assez forts pour attaquer les royaumes alentours, notamment Al-ud-Din (prononcez Aluminium c'est plus rigolo) qui conquiert le Gujarat, le Rajasthan et le Yadava.
Après une succession chaotique, c'est la dynastie Tughluq (aucun lien) qui prend le pouvoir. Sous leur reigne, le sultanat s'étend quasiment jusqu'au sud de l'Inde.



Mais bien vite le royaume s'effrite, incapable de mater les rebellions hindous et les attaques extérieures. Le sud devient indépendant vers 1340, partagé entre les Bahmani et les Hindous. Les Mongols conduit par Tamerlan pillent Delhi vers 1300. Le dernier sultan meurt en 1526 sans avoir pu démontrer l'hypothèse de Riemann.


Pendant la chute du Sultanat, de nombreux états en profitent pour devenir indépendants, c'est notamment le cas de l'Empire Vijayanagar, connu comme le plus grand royaume hindou. Sa capitale était à Hampi. Maintenant ce n'est plus que des ruines mais à l'époque ça envoyait du pâté au curry. L'Empire est créé en 1336 par deux frères qui avaient été capturés et convertis à l'Islam par le Sultanat de Delhi, puis envoyés en tant que gouverneurs dans le sud. Ils se sont alors reconvertis à l'hindouisme et se sont déclarés indépendants. Quel naïf ce sultan !

Au nord de l'Empire, un noble crée un Sultanat du Deccan connu sous le nom de royaume Bahmani. Ils ne cesseront de lutter contre Vijayanagar et les états voisins à l'est et au nord. Après être venus à bout du Vijayanagar, ils sont à leur tour détruits par les moghols venus du nord et nouveaux maîtres de l'Inde.






Cet équilibre entre les royaumes dure jusqu'au 17e siècle qui voit l'arrivée des Moghols et la montée en puissance des colonies européennes, à commencer par les Portugais établis à Goa depuis 1510.
Ces royaumes successifs n'ont pas duré bien longtemps comparés aux pays d'Europe dont l'histoire est vieille de presque 1500 ans. Ceci est principalement dû aux luttes internes et à l'incapacité d'établir un pouvoir fort, une bonne vieille dictature quoi. Les nobles, mulsulmans ou hindous, ne voyaient pas d'intérêt à obéir à un pouvoir central et préféraient contrôler un état princier plus petit. Les indiens n'ont pas réussi comme en Europe à centraliser le pouvoir, ne créant par la même occasion aucun sentiment national. Voilà pourquoi l'Inde, à la différence de la Chine, est un état fédéral, a une tradition pluriculturelle et est de nos jours une démocratie.

Communiqué officiel

poBertrand Lacoste et Thierry Kauffmann se félicitent que leur future patrie d'adoption, les Pays-Bas, ait fait montre depuis deux semaines de leurs qualités footballistiques supérieures. Néanmoins, afin de conserver d'excellentes relations diplomatiques avec leur pays natal, ils souhaitent que l'équipe de France de football rejoigne son homologue néerlandaise en quarts de finale du prestigieux championnat d'Europe de football.

Pour le 100è post, une jolie anecdote

A Panjim, capitale de Goa, peu d'étrangers, qui restent plus longtemps donc ont le temps de s'enfoncer plus profondément dans l'état, mais beaucoup de touristes indiens. L'un d'eux parlait un peu français, et nous a raconté une petite mésaventure qu'il a subie. Ca se passe à Paris, où, dans un marché, il achète du pain, sous une enseigne de "boulangerie". Jusque là tout va bien, sauf que notre brave touriste, curieux des langues, décide de retenir le mot, en croyant que "boulangerie" signifie pain. Pas très grave.
Le lendemain, tombé amoureux de la baguette, il repère une autre enseigne "boulangerie", y entre, confiant d'y trouver du pain, heureux à l'idée de pouvoir le demander sans montrer du doigt. A son tour, il s'avance "Je veux acheter la boulangerie". "Quoi ??", s'étonne le vendeur. Il s'applique à répéter : "Je veux acheter la boulangerie". "Quoi !!!". Là, il se dit que ce n'est pas forcément son accent qui est mauvais, et découvre son erreur en vérifiant le sens de "boulangerie" dans le Collins. La troisième tentative "Je veux acheter le pain" a été fructueuse.

lundi 16 juin 2008

Firefox 3.0



Le moment que vous attendiez tous est enfin arrivé : le 17 juin (demain) à 19h heure française (fuseaux horaires), c'est le download day (lien).
C'est l'occasion de faire de la pub, gratuite qui plus est, pour firefox et pour les logiciels libres en général. Donc demain téléchargez.

PS : je regarderai après-demain ceux qui sont passés à Firefox 3.0. Ceux-ci recevront alors un magnifique "Vous êtes de la balle" en Times New Roman, les récalcitrants seront affublés d'un "Collabo pusillanime" en gras. Vive la révolution numérique et Halte à la Vista.

Firefox 3

Encore un bon week-end (par Thierry) !

La poisse ? Connait pas. Nous on a l'huile. Tout roule, tout glisse comme sur des roulettes bien graissée. L'Inde, de manière générale, on adore, mais vous le saviez déjà. Là je veux parler plus particulièrement de la météo, toujours aussi souriante. La semaine dernière, le Kérala au sec. Le Kérala, c'est la côte ouest, là où il y a la mousson. Et bien, pour ce week-end, en compagnie d'Elodie, on s'est dit qu'on allait continuer à jouer. Toujours la côte ouest, toujours une ancienne colonie portugaise. Plus célèbre que Cochin, j'ai nommé Goa.

Qui dit Goa disait hippies, qui dit Goa dit rave-parties maintenant. Et bien, on a vu Goa, et on l'a vue sans frénésie. Des gens simples, une ville plus animée le soir que ses consoeurs, mais loin du faste qui la convulse entre Noël et Nouvel An. Plus authentique, peut-être, moins singulier, sûrement.

Pourtant, on pouvait percevoir la différence d'avec le reste de l'Inde. L'architecture y est portugaise, des maisons blanches pas très hautes. La plupart des madames se promènent en jupe-blouse, telles les braves Maria ou Ana qu'on connaît. Beaucoup de Porto à vendre, fait sur place à partir de raisins séchés, transportés depuis le Maharasthra voisin. Des restaurants de poisson à la pelle, et même du porc. Le porc, ce doux animal, inconnu en Inde, plus difficile à trouver que le boeuf -c'est dire !

Certains d'entre vous, dont Charles Rougé à tous les coups, le savent, Goa est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. Mais quoi à Goa au juste ? Car Goa est un état, certes petit pour l'Inde, mais de la taille d'un département français tout de même (plus grand que le mien, plus petit que celui de Bertrand). Impossible de caser tout sur la petite liste de l'Unesco. Les plages bordées de cocotiers peut-être ? Non. La magnifique descente vers la mer, depuis le plateau du Deccan sur lequel se trouve Bangalore ? Pas non plus. Non, c'est Goa Velha, ou Old Goa, c'est selon, et en plus d'être selon, c'est là où les braves Lusitaniens avaient installé leur première capitale, début XVIème... A une dizaine de kilomètres de la mer, curieux. Une grosse ville, surtout pour l'époque. 200.000 âmes, c'était pas rien, surtout que c'était des âmes chrétiennes, qui valaient le double en ces temps obscurs. Bon, eh bien, Portugais ou Indiens, ils sont tous morts du choléra, et comme ils étaient chrétiens et pas hindous ou bouddhistes, ils sont allé au paradis au lieu de se réincarner. Les cons.

De Goa Velha, il ne reste que...je ne vous le fais pas deviner, c'est trop simple...des églises. Plutôt grosses, pas spécialement belles à mon goût.

De retour à Panjim, la capitale de l'état dans l'après-midi, on se promène un peu dans la ville, située sur un fleuve, près de la mer. L'envie nous prend d'aller voir cette dernière, nous on prend la pluie (la seule du week-end), une belle grosse pluie. Mouillés, on n'a mis qu'une heure à sécher, et on n'a mis que dix minutes à rentrer en ville, où les abris sont plus nombreux. En fait, question nombre d'abris, on s'est dit que le marché, c'est pas mal. Bertrand a acheté une chemise, moi des kurta-pyjamas, qui sont des ensembles châle-robe-pantalon très portés par les jeunes Indiennes. C'est du 40 je crois, si l'une d'entre vous fait ça, manifestez-vous, elles sont très belles -sinon, je ne les aurais pas achetées.

Repas gargantuesques le soir, passé en compagnie d'une voyageuse solitaire, une Portugaise qui ressemble à une Anglaise. Ca tombe bien, elle s'est exilée à Liverpool pour y enseigner sa langue. Courageuse elle est, trois mois toute seule, c'est long. On peut la voir au premier plan sur la photo.
Vous l'aurez donc compris, le lendemain, plage. Avant, petit détour par le fort du coin, qui valait surtout de réservoir d'eau douce pour les marins d'eau de mer. Joli point de vue tout de même. A la plage, les Indiens se mettent en rangs d'oignons à un mètre du rivage, les plus téméraires vont dans l'eau. Jusque mi-cheville, et tombent comme des héros au champ de bataille quand une vague arrive. Enfin, là je ne peux pas trop me moquer, c'est la mousson, les mer est forte comme les Pays-Bas au foot, et il y a du courant, on n'y est pas rentrés non plus.

Petites emplettes dans les échoppes locales, qui occuppent toute la longue grand rue. Puis retour pour le bus de 18h00, qui allait durer 13h. Passées à regarder un film magique d'incohérence, puis beaucoup de dodo.

En bref, au lieu d'aller s'y trémousser telle une sangsue qui veut nous mordre, on est allé à Goa s'y reposer. Et, ça tombe bien, on a réussi. Bel endroit.

vendredi 13 juin 2008

Proverbe

“I had no shoes and complained, until I met a man who had no feet.”

Qu'on peut traduire par : "Je me plaignais de n'avoir point de sandales, jusqu'à ce que je rencontre un badaud n'ayant lui point de pieds."

Ou bien : je faisais grêve pour me payer du pétrole quand j'ai vu à la télé des gens qui mouraient de faim.

jeudi 12 juin 2008

Le Jaïnisme (par Bertrand)

C'est sûrement la première fois que vous entendez ce mot et pour cause. Elle compte seulement 4 millions de membres et est à ce titre la dixième religion du monde. Le Jaïnisme est une religion indienne très proche de l'hindouisme et du bouddhisme.

Les jaïns sont fortement minoritaires en Inde mais ils occupent souvent des postes clés, comme commerçants ou enseignants. A titre d'exemple le gourou et éducateur de Gandhi était jaïn. Il y a même un jour férié en Inde pour célébrer la naissance d'un sage jaïn. Les hindous le célèbrent aussi, sauf à l'université où ils ne font que travailler.

Pour les jaïns tout a une âme et l'âme est sacrée, du coup ils prennent certaines précautions. Par exemple ils ne se promènent pas la nuit car ils pourraient blesser un animal par manque de visibilité, ils proscrivent les bougies qui brûlent les insectes et peuvent même pour certains dormir avec un mouchoir sur la bouche de peur d'avaler une mouche. Un peu contraignant quand même.

Les jaïns suivent les préceptes de Lord Parsvanatha et Lord Mahavira ayant vécus vers -800 et -400 BC. Selon eux il y a 24 sages appelés Tirthankaras et ces deux là étaient les 23e et 24e de la lignée. Ils vénèrent aussi Rishabha supposé être le premier. D'ailleurs on peut voir des statues de ces sages, ils ressemblent un peu à Bouddha.

Les jaïns croient en la réincarnation et pensent qu'en suivant les principes du jaïnisme, et notamment les "trois joyaux", ils seront mieux lotis la prochaine fois. Ces joyaux sont précieux et gratuit, ce qui est bien rare de nos jours : la Foi Juste, la Connaissance Juste et la Conduite Juste. Que du bon.

En plus de ces joyaux les jaïns ont des principes basés sur l'égalité entre tous les hommes et la non-violence.
Les jaïns s'interdisent de mentir, voler ou de s'attacher aux biens matériels. Il sont aussi de fervents adeptes de l'ascétisme et archi-végétariens : pas d'oeufs, de lait ni de miel. Certains refusent même de boire de l'eau non-filtrée.



Autre particularité du jaïnisme est le fait qu'ils reconnaissent que l'homme est seul libre de son avenir. Pour être plus précis ils ne croient en aucun dieu et pensent que l'univers n'a pas été créé mais existe depuis toujours. Voilà qui est un peu plus compatible avec la théorie du Big-Bang. Ainsi les axiomes du jaïnisme sont les seules dualité âme/matière et réincarnation.

Pour finir une description du symbole du jaïnisme ou plutôt des symboles :




La main ouverte symbolisant la non-violence est souvant suffisante pour symboliser le jaïnisme.

Ah oui une petite anecdote sur les prêtres jaïns, il en existe deux sortes, ceux qui sont vêtus de blanc et ceux qui sont vêtus de rien. Les seconds disent ainsi montrer leur mépris du confort, des biens matériels et du ridicule. Seuls les hommes sont ainsi peu couverts, à quand l'égalité des sexes !

Haro sur les bobos ! (par Thierry)

Quand on lit un article du Monde sur Internet, environ un commentaire sur trois dit en substance que les bobos ne connaissent pas la réalité du monde, qu'ils sont contradictoires, qu'ils sont cons, n'ayons pas peur des mots. Me sentant un petit peu proche de cette race, "intellectuellement de gauche, économiquement de droite", selon une définition lue récemment, je tique à chaque fois. En effet, comment en vouloir à quelqu'un d'avoir un de l'argent, s'il est heureux de payer des impôts, et, mieux, qu'il donne à des associations.

La meilleure est arrivée récemment, dans un article consacré à Emmanuel Petit, que, vous allez voir, on peut taxer de contradiction. "Je n'aspire qu'à ce qu'on ne parle plus de mois", dit-il dans le bouquin qu'il vient de sortir. Logique, non ? Ensuite : le monde du foot me dégoûte, alors que quel est son gagne-pain : commentateur de l'Euro. Bon. Enfin, une pas mal, il dit soutenir fermement Nicolas Hulot, et s'étonne que Zidane, "avec son statut de demi-dieu", n'en fasse pas autant. Or le brave Emmanuel roule en 4x4 dans les rues de Paris. Mais on ne peut pas lui en vouloir, "c'est pour [ses] filles" !

Mais cette article n'est pas destiné à être une charge contre celui qui a marqué le but du 3-0 du 12 juillet 98. Revenons à notre sujet, les réactions à cet article. Parmi d'autres commentaires, plus ou moins constructifs, on a pu lire :

Christian : "Ca confirme bien mon impression, les joueurs de foot ne sont pas tous des lumières. Un grand scientifique est un grand homme, un grand sportif non."

Ce à quoi répond Charles : "Rien ne m'énerve plus (sic) que les bobos qui, parce qu'ils l'ont lu dans Charlie, dénigrent le football. Je rappelerai que, parmi d'autres grands hommes, André Malraux aimait beaucoup le football.". Merci Charles pour l'anecdote sur Malraux, je la ressortirai.

Le plus drôle est la réponse de Christian : "@Charles. Ce qui est amusant est que je suis un libéral de droite, et que je n'aime pas non plus les bobos."

Voilà, c'est tout pour le coup de gueule d'aujourd'hui. Et il existe des lecteurs dont les commentaires sont tout à fait pertinent, comme le désormais célèbre Mosellan, instructif suiveur de notre dernière campagne présidentielle française, et bien meilleur encore sur celle en cours outre Atlantique.


Histoire de l'Inde : Antiquité et Moyen-Age (par Bertrand)

Même sans parler de religion, l'Inde est un croisement de nombreuses cultures, comme l'atteste l'actuelle division administrative du pays en état construits autour d'une langue commune (kannada au Karnataka, tamoul au Tamil Nadu...). Quoi de mieux pour comprendre les différences au sein de l'Inde moderne qu'un petit retour en arrière...

Alors qu'en Occident les Egyptiens construisent des pyramides pour épater les passants, l'Inde en est au stade de l'agriculture. Au Nord-Ouest vivent les peuples de la vallée de l'Indus et dans le sud les Dravidiens, dont la langue tamoule descend contrairement aux sanskrit et hindou qui sont des langues indo-européennes. L'origine du terme indo-européen vient du fait qu'au 2e millénaire avant notre ère, les Aryens venus du Caucase ont colonisé l'Inde et l'Europe. Ils écrasent les peuples de la vallée de l'Indus et prennent le contrôle du Nord de l'Inde, s'organisant en petits royaumes. On n'en sait pas plus jusqu'en -300, quand Alexandre le Grand et son armée viennent s'arrêter en Inde. C'est le début des échanges entre l'Inde et l'Occident.



A cette époque se bâtissent les premiers empires, comme celui des Mauryas au Nord, dont deux rois se sont convertis respectivement au Jaïnisme et au Bouddhisme, donnant à ces religions indiennes un bon coup de pub. Au sud les Tamouls sont divisés entre plusieurs royaumes. C'est aussi le temps où Tamouls et Bouddhistes envahissent le Sri Lanka, le début d'une partition dont le pays pâti encore de nos jours.


Alors que la Rome Antique est mise à sac par les Barbares (en 400 ap. Ponce Pilate), l'Inde connaît un âge d'or sous l'Empire Gupta qui occupe le Nord de l'Inde, la vallée du Gange et le Nord du Deccan. Mais bientôt les Huns et les autres viennent affaiblir le royaume par le Nord-Ouest. Après avoir vécu un siècle et demi l'Empire Gupta est partitionné : dans le Nord, les royaumes du Gujarat, de l'Orissa et al; dans la Deccan, le royaume Chalukya; dans le Sud, naît le puissant Empire Chola avec pour capitale Tanjore dans le Tamil Nadu, alors que Charlemagne se fait tailler sa barbe fleurie.
On peut aussi noter l'apparition du royaume d'Hoysala dont la capitale est Halebid (qu'on va sûrement visiter).


Ceci nous amène incidemment au bug de l'an mille, tous les autoricksaw sont tombés en panne, heureusement il y en avait zéro. Zéro d'ailleurs inventé par les mathématiciens indiens à la même époque et véhiculé jusqu'à nos carnets de note par les arabes et les musulmans. Musulmans qui justement rentre en contact avec le monde indien vers ces années-là, quand un gouverneur turc prend le contrôle de la ville afghane de Ghazni. Depuis là les turcs menés par Mahmud pillent le temple de Sommath dans le Gujarat et prennent Lahore et Delhi. Il doivent à l'époque lutter contre les royaumes Rajput (ancêtres des Rajasthanis). Le gouverneur laisse alors le pouvoir à son général esclave qui fonde un Empire Mamelouk (un mamelouk étant un esclave soldat; il faut savoir que dans le monde musulman être esclave est bien vu, la preuve on peut devenir roi).



C'est la début de ce qu'on appelle communément les Sultanats de Delhi et la fin du Moyen-Age indien.

mercredi 11 juin 2008

Bangalore (par Thierry)

Bangalore est l’équivalent indien de Dallas, je vous donne le script pour gratuit. Qui ne traite pas de l’homosexualité, pour cela, lire cet article.

L. est une fille de l’institut de Bertrand, et est plutôt jolie. Mais ça n’excuse pas tout. Que son collègue X. lui dise qu’elle est belle, ça va. Quand il se renseigne, directement auprès de l’intéressée (qui ne l’est pas en fait, intéressée) si elle a un petit copain, ça va aussi. Qu’il lui demande si elle en a plusieurs, un peu moins. Et qu’il la questionne si oui ou non elle regarde des films pornographiques, là franchement c’est excessif.

D. travaille, lui, dans mon labo, et a une copine. Qui ne se mariera pas avec lui.

S., ne voit son copain que quand elle rentre chez elle. Problème, les familles ne sont pas au courant, ils se voient chez l’un ou chez l’autre en faisant semblant que rien ne se passe. Ils sont pourtant sûrs de se marier dans deux ans, car rien n’empêchera cette union.

Vous aurez deviné les nationalités, L. est Lucie, française de son état, X., je ne connais pas son vrai nom, mais est indien, de même que les fameux Deepak et Smitha, mes collègues. Cette petite introduction pour vous montrer que les amours des jeunes Indiens sont plutôt tourmentés. D’un côté, le modèle ancestral de mariage arrangé, même région, même caste, même statut social, l’homme cinq ans plus vieux. Modèle qui a fait ses preuves de nombreux siècles durant. Mais les jeunes éduqués voient maintenant des films américains, dans lesquels certains héros éprouvent plus de difficultés à faire leurs lacets qu’à coucher avec la première fille venue, et j’exagère à peine.

Ce qui paraît transpirer des quelques cas présentés est que les jeunes « s’amusent », avant le mariage, puis se plient aux volontés de leur familles. C’est un tout petit peu plus compliqué que ça. Déjà, même lorsqu’ils sortent ensemble, c’est très très chaste, du moins en public. A croire qu’il existe une loi indienne, s’appliquant à tout le domaine public, aussi restrictive (liberticide devrais-je écrire pour être à la mode) que le règlement intérieur du collège Notre Dame de Saint Jean le Baptiste du Miséricordieux Seigneur, domiciliée comme il se doit à Versailles.

J’ai l’impression que dans la plupart des familles, les mères surtout, et les pères dans une moindre mesure, acceptent les mariages d’amour. Tant qu’ils respectent certaines règles. Première règle, comme dans beaucoup d’endroits au monde, les familles doivent être du même niveau social. Les castes rentrent aussi en compte, vous l’aurez imaginé – et je ne parle même pas de la religion, c’est une évidence. C’est aussi mieux si les époux viennent de la même région, ne serait-ce que parce que c’est mieux s’ils parlent la même langue, et surtout que traditionnellement la femme rejoint la demeure familiale de son mari, et que c’est bien si elle même n’est pas trop loin de ses propres parents. Mais ça, ça commence à bouger, car c’est souvent une grande peine pour les jeunes mariées, sur lesquelles les belle-mères se vengent de ce qu’elles ont subies elle-même. Ensuite, il faut se marier dans l’ordre de la fratrie, c’est la honte pour l’aînée, et donc pour la famille entière, si la cadette se marie d’abord. Enfin, il ne faut pas que les époux soient trop vieux, ils n’existent presque pas de vieux garçons ou vieilles filles ici – par contre les couples sans enfants sont nombreux parmi les chercheurs et entrepreneurs, pour travailler sans entraves soirs et week-ends…

Dans le cas de Smitha, le problème est que son aînée n’a pas d’amoureux, et qu’elle n’a rien trouvé de mieux que de s’expatrier en Arabie Saoudite. Ce sera mariage arrangé pour elle, l’été prochain. Donc Smitha, qui est bien de la même caste et tout et tout que son copain, doit attendre l’été d’après. Pas de chance.

Pour Deepak, c’est un problème de caste avec sa copine. Du coup, il me dit : « si je me ramène une fille bien avant trente ans, mes parents me laisseront me marier avec elle, sinon ils en trouveront une pour moi ». Joli compromi ma foi.

Et l’histoire de Lucie dans tout ça ? Juste pour montrer que les garçons indiens imaginent que, puisque dans les films américains, les femmes sont aussi faciles qu’elles ont des gros seins, et bien toutes les Occidentales ne les refuseront jamais. C’est parfois un peu pénibles pour elles, surtout qu’apparemment, comme A., ils ne sont pas vraiment des modèles de finesse.

Ah oui, une dernière anecdote. Kamel, autre Français, s’est vu approcher récemment par un de ses collègues. Je vous retranscris le dialogue, qui s’est bien sûr déroulé en anglais :

-« Kamel, tu aimes les films ? »

-« Ouais, j’adore les films. »

-« Et tu aimes les filles ? »

-« Bien sûr ! Personne ne les aime plus que moi »

-« Et tu as un ordinateur ? »

-« Oui. »

-« Tu as des films sur ton ordinateur ? »

-« Ben oui. »

-« Et tu as des films de, comment dire, filles sur ton ordinateur ? »

-« Ouais j’ai des films d’action sur mon ordinateur ! »

-« Parles moins fort, on est au labo, des gens pourraient nous entendre. »

Pauvres Indiens, obligés de regarder des films pornos pour passer la frustration. Ou de rouler volontairement sur les bosses ou freiner brusquement, lorsque qu’ils ont une fille passagère arrière de la moto. Dans l’espoir que leur corps se touchent une demi-seconde. J’ai oublié de dire que les filles ont gardés leur amples habits traditionnels, alors que les garçons sont vêtus à l’occidentale. Pour ne pas montrer leurs formes, disent les garçons.

Je suis parfois content d’être né français.

mardi 10 juin 2008

L'hindouisme (par Bertrand)

Avant de vous narrer les extraordinaires aventures de Krishna, je voudrais présenter les différentes religions indiennes, pas par leur mythologie (un peu quand même) mais par leur philosophie si on peut dire.

Pour commencer rien de mieux que celle qu'on connaît le mieux : l'hindouisme.

Tout d'abord le symbole est le suivant, signifiant AUM en sanscrit (prononcer 'om'). Ce sont les initiales de Brahma (A), Vishnu (U) et Shiva (M), enfin c'est ce qu'on veut nous faire croire.



Comme vous l'avez compris l'hindouisme se distingue des autres religions par sa panoplie de dieux. Faut-il en déduire que c'est un polythéïsme ? Que nenni. Car les multiples dieux et déesses ne sont que des représentations de Dieu (qu'ils appellent Brahman, à ne pas confondre avec notre ami Brahma) . Ainsi les trois dieux de Trimurti représentent les trois facettes essentielles de Dieu. Et quand les hindous vénèrent un dieu, ils vénèrent en fait un aspect particulier de la divinité. Par contre ils ne vénèrent jamais directement Brahmane.
En fait les hindous font ce que Moïse reprochait aux adeptes du Veau d'or, à savoir vénérer une idole plutôt que Dieu. Après quant à savoir qui a raison, j'ai envie de dire personne mais je ne saurais laisser transparaître mon opinion.

Dans la société indienne on distingue quatre castes ou varnas : les Brahmanes (prêtres, professeurs), les Kshatriyas (princes, soldats, administrateurs), les Vaishyas (marchands, paysans, artisans), les Shudras (serviteurs). Et enfin les gens qui sont hors du système des castes, les Dalits ou Intouchables. Ce système de caste l'Inde le tient évidemment de l'hindouisme, bien que dans les textes sacrés hindous il n'en soit fait mention qu'une seule fois, dans la Veda, et de manière floue, le texte ne précisant pas la hiérarchie des castes et encore moins comment chacun se définit de telle ou telle caste. Encore une interprétation des textes au profit du clergé, ne nous alarmons pas ce n'est pas la première fois. En tout cas le système a tellement bien marché qu'il existe aussi des castes plus petites, regroupant des profession ou des corps de métier, comme les coiffuers, ou des communautés, comme les travestis.
Et pour lutter contre la discrimination des castes le gouvernement indien a mis en place des quotas pour les admissions dans l'administration par exemple. Du coup on assiste à des manifestations, comme dans le Rajasthan la semaine dernière, meurtrière en l'occurrence, au motif qu'une caste demandait à être sous-considérée pour bénéficier de quotas plus avantageux. Nickel.

Une autre particularité non exclusive de l'hindouisme est le fait de croire en la réincarnation.
Ceci est à comparer avec le mythe chrétien du paradis, en tout cas du point de vue de l'impact sur la société et surtout sur les plus défavorisés. Au Moyen-Age les prêtres faisaient miroiter aux pauvres le paradis, "Porte ses pierres sur les échafaudages de Notre Dame", qu'ils disaient "Une fois au paradis Dieu te les rendra, tu pourras faire un beau château". Du coup une main d'oeuvre docile et pas chère. En Inde le scénario est analogue, les plus pauvres pensent qu'ils méritent leur vie, qu'ils auront mieux dans une vie future. Ca explique pourquoi des immeubles luxueux se construisent au milieu des bidonvilles de Bombay sans être saccagés.

La politique c'est adapter la société aux aspirations des hommes, la religion c'est adapter l'esprit des hommes aux besoins de la société.


Ensuite un mot sur le prosélytisme hindou. Inexistant.

Pour être plus précis, on ne trouve d'hindous qu'en Inde, il est d'ailleurs quasiment impossible de se convertir. Les hindous ne considèrent pas leur religion comme la seule vraie et bonne religion. Il considèrent que chrétiens, musulmans, bouddhistes, juifs et autres ont simplement une autre façon de vénérer Dieu. Du coup ils comprennent très bien que l'on ne croient pas en leurs dieux.
Ainsi l'Inde, tout en étant de religion hindou, est laïque : toutes les religions étant considérées comme égales.
Une forme de tolérance, me direz-vous ? Malheureusement, comme souvent en religion, il y a une bonne pensée mais le passage à l'acte est plus délicat. En atteste la tentative de discrédit portée aux bouddhistes en reconnaissant en Bouddha un avatar de Vishnu venu sur Terre dans le seul but de créer une mauvaise religion. Très bas de leur part.
En atteste surtout la mauvaise entente entre musulmans et hindous. A première vue on dirait que tout va bien même si les deux communautés ne se mélangent pas, mais à la moindre anicroche c'est le massacre (voir cet article).

Pour finir un mot sur le mode de vie hindou. L'entretien du corps et de l'esprit y est très important, notamment par la pratique assidue du yoga (et du cricket pour certain), qui allie gymnastique, régime et méditation. La non-violence est prônée et plutôt bien appliquée. Enfin le végétarisme est un idéal à atteindre et c'est surtout, pour les plus pauvres, un bon prétexte pour leur faire faire des économies, la viande étant une denrée très chère.

Une bien belle religion au demeurant, et en plus ils ont des dieux rigolos.

Les Indiens et la culture (par Thierry)

A Bombay, alors que les autres visitaient un musée d'art populaire, je discutais avec un vendeur de cartes postales. Il ne parlait pas si mal anglais, mais se disait, et semblait, vraiment pas riche. Pourtant, il m'a emmené dans trois galeries d'art avoisinantes, dans lesquelles ils changent les tableaux une fois par semaine. Et comme c'est gratuit, ça lui fait trois visites hebdomadaires. Bien sûr, c'est l'art figuratif qui le touche le plus, surtout les femmes et les animaux. Mais cela m'a tout de même frappé de voir cet homme simple apprécier la peinture.

Aussi, à Mysore, la visite du palais se faisait en file...indienne. Pourtant, c'était pendant la période où on nous conseille d'amener une umbrella pour se protéger du soleil, autant dire pas la haute saison touristique. En fait, ce sont les Mysoriens qui y vont, un adolescent nous a dit qu'il était déjà rentré cinq fois dans le palais. Le soir, pour l'illumination du palais, c'était une foule compacte qui se e dans le parc, des enfants jouent à côté des mamans qui discutent, des adolescents se retrouvent, des vendeurs de ballons de baudruche ou de pop-corn déambulent.

A Madekiri, petit bourg, un spectale de son et lumière a lieu tous les dimanches soirs. Les Coorgis y viennent, en famille, et applaudissent à la fin. Parce que c'est beau. Le même soir, quand la procession sort du temple hindou, un feu d'artifice improvisé surgit, un peu dangereusement. Les Coorgis apprécient.

A Bombay, c'est la pourtant petite plage de Juhu qui a été choisie comme meilleure place pour admirer le coucher de soleil. Pas un mètre carré de libre le dimanche soir.

A Hampi, merveille parmil les merveilles, site classé au patrimoine mondial de l'humanité, pas un chat. C'est loin de toute ville, et les temples sont là de manière permanente, sans qu'un événement particulier motive les Indiens à venir.

Chaque vendredi, avant de partir en week-end, mes collègues me demande quelle est notre nouvelle destination. Invariablement, ils savent me conseiller sur quoi visiter une fois là-bas, sans n'y être jamais allé.

Ma conclusion est donc que les Indiens n'ont encore ni les moyens, ni peut-être l'envie de faire du tourisme, mais que pourtant ils aiment profiter de ce qui est fait pour eux. Une société plus soudée et un budget loisirs limité font qu'ils se déplacent voir les attractions de la ville, qui ont lieu pour la plupart le dimanche soir. Je trouve ça beau de voir les habitants, simples, apprécier de ce qui leur est donné, discutant avec des amis, paisiblement installés. Pas blasés pour un sou. Les maires indiens doivent apprécier.

lundi 9 juin 2008

Le Kerala (par Thierry)

Le mel qu'a envoyé Thierry à Marine pour lui raconter le weekend qu'elle a raté :


"Bonjour Marine,

Comme demandé, voici mes impressions sur cet état, réputé riche et beau. Précisons d'emblée que le but n'est pas de te faire regretter quoi que ce soit, mais plutôt de décrire ce que peu ont la chance de voir, à savoir le Kérala, par beau temps en période de mousson. Dès que la pluie pointait le bout de ses gouttes, un toit nous abritait, que ce soit celui d'un restaurant, d'un magasin ou de l'hôtel. La mousson aidant, la nature était plus verte que jamais, enfin, c'est ce que j'imagine, puisque bien entendu c'était la première fois que nous allions au Kérala.Le premier jour, comme tu l'avais suggéré, rapide réservation d'une chambre d'hôtel, à Ernakulam, puis on saute dans un bus qui partait dans la seconde pour Allepey. Najat, qui remplaçait Elodie, prise finalement par une réunion à Bangalore, a pu s'assoir, Bertrand et moi nous somme adjugés les marches pieds. Pas très confortable, une vue imprenable sur la porte, mais on a pu discuter. Peut-être un jour n'aurons nous plus rien à se dire, mais ce jour n'est pas venu, et ne semble pas proche. Sitôt descendus du bus à Allepey, tout le monde nous saute dessus : "house-boat, backwaters, guide" remplaçait le légendaire "merci, chewing-gum, préservatif" adressé aux Marines américaines qui venaient nous délivrer du moustachu. A croire qu'il n'y a vraiment rien d'autre à faire dans ce bourg, pas si petit que ça. On rentre dans une officine, négocie péniblement, pour mieux engager un homme d'apparence simple, qui nous demandait moins. Nous voici dans sur les back-waters, réseau de canaux protégés de l'océan par une digue naturelle. Un bon terreau pour toutes sortes de plantes aquatiques, envahissant toute la surface aux alentours des villages, là où l'eau est sale. Et nous, toujours propres, partagés entre le contentement de vivre ce dont beaucoup nous ont parlé, et la peur que quatre heures sur un bateau, ce soit un peu long. D'autant plus qu'il n'est pas bien rapide, notre modeste convoyeur, le motor-boat, moins cher que son grand frère le house-boat, grosse tortue de mer, ou bateau du jeu Warcraft, c'est selon la culture.
Assez rapidement, on est pris par le calme, la sérénité des paysages. Un ciel sombre, beau, qui rejoint au loin l'eau et la terre, dont les couleurs se mélangent. Un ciel qui paraît plus fort que la terre, c'est rare. Parfois, on revient en Inde, quand un house-boat croisé par hasard nous klaxonne, ou quand ses passagers nous disent "bonjour", et jubilent quand on leur confirme que nous sommes bien français. Puis pause chez un habitant d'une île, qui affiche sur la carte de sa demeure "fish, chicken, prawn, duck". Bertrand n'en peut plus. S'il adore le poisson, le canard est sa vie. Instantanément se réflètent dans ses yeux des magrets, dorés à point. La viande arrivera, en sauce, trop épicée. Pas mauvais, mais tout de même décevant. Ils sont nombreux à habiter sur ces îles, à devoir prendre le bateau pour se rendre à la ville. C'est un peu pénible, mais il y fait moins chaud, nous dira un homme rencontré à la gare de bus.
Avant de rejoindre cette dernière, détour par la plage, au crépuscule. Là aussi, de la tranquillité, avec cette longue étendue de sable. Mais l'eau y est violente -un robuste Italien s'y est cassé la clavicule m'a-t-on prévenu, alors que j'allais me mouiller les pieds. Vraiment quelque chose d'impressionnant, ce ciel tout noir maintenant, ces vagues qui se cassent près de la plage, dans un bruit plus résonnant qu'assourdissant.
Retour en bus, mal assis sur près de la boîte de vitesse, à discuter avec un local, émêché et très sympa, qui nous a proposé de nous revoir le lendemain, mais aussi de nous de calmer notre faim, puis d'aller boire des margharitas chez lui. Une dosa (sorte de crêpe indienne, dans laquelle on mets des légumes ou des patates) d'accord, le cocktail non, on était fatigué, et surtout Najat est musulmane pratiquante. Le lendemain, pas d'appel de sa part, ce n'est pas grave, j'aurais passé un bon moment avec lui dans le bus.

Dimanche, réveil en douceur, puis Bertrand nous informe "ce week-end, j'ai envie d'acheter". Bateau direction le quartier juif de Fort-Kochi, on achète rapidement des singes en noix de coco, puis on passe presque une heure dans un grand magasin, où des habits poussiéreux sont empilés par taille. Le vendeur est très gentil, on lui achète dix items à nous trois. C'est une constante à Kochi, les marchands essaient de nous alpaguer, mais acceptent très bien qu'on dise non. Peut-être n'espèrent-ils plus rien en basse saison, ou peut-être sont ils plus avenants naturellement. C'est ce qu'on dit des Kéralais.
Fort-Kochi est assez charmante, allure de petit village européen. Quand tous les touristes sont là, ce doit être étouffant, mais là, c'est bien reposant, au contraire. On s'arrête aussi dans une galerie d'art, qui vend des jolies choses, un peu chères pour nos budgets. On y a croisé une Anglaise, et quel plaisir d'entendre leur accent mélodieux ! S'il est plus difficile à saisir que la version indienne ou américaine, il est beaucoup plus doux à l'oreille. A ce propos, j'aime aussi l'anglais qu'use Christelle, il sonne bien.
Repas gargantuesque dans un restaurant mignon, une grande terrasse couverte et ventilée, décorée simplement. Ils proposent sur leur carte des milliards de plats alléchants, du boeuf, du canard, du poulet, du poisson, le tout grillé ou en sauce. On pense tous prendre trois plats, las le grill n'est pas en route. Je me rabats sur un canard à l'ananas, façon chinoise, très bon.
Ensuite, les chinese-nets. Ce sont d'énormes filets, qui peuvent pivoter par rapport à une structure fixée au sol, que des hommes baissent et remontent régulièrement. Sitôt le poisson sorti, un attroupement se forme, probablement pour l'acheter. C'est donc vivant, et, encore une fois, c'est agréable d'être les seuls avec un appareil photo. Les Indiens, qui ont pour la plupart moins de loisirs que nous, prennent le temps de venir voir les curiosités de leur ville, le palais de Mysore illuminé le dimanche soir, la fontaine musicale de Coorg, le jardin des plantes de Bangalore, et bien sûr Marine Drive ou Juhu Beach chez toi.

Retour en train plus compliqué, car un billet acheté sur waiting-list n'avait été promu à une place fixe. On l'a revendu, pour acheter un billet pour la classe la moins chère, et c'est par terre que Bertrand a passé la majeure partie de sa nuit. Pas très bien, mais il a dormi quand même.

Voilà. On est rentrés du vert, dans une ville de Bangalore un peu anesthésiée par la pluie et le froid (une vingtaine de degrés au plus). Comme à Hampi, j'ai aimé voir la campagne, me reposer dans une endroit avec des rick-shaws moins nerveux. Et comme Hampi, c'est très beau. Le vert y remplace le beige, les cocotiers prennent la place des cailloux, la fraîcheur se substitue à la chaleur, et le tout se compile en un week-end bien rempli.

En espérant que tu as passé un bon week-end,

bisous,
Thierry"

Le Kerala (par Bertrand)

Ce weekend nous étions dans le Kerala avec Najat et bien sûr Thierry. Le Kerala est un état côtier (voir ici) réputé très vert et très beau.
D'un point de vue social, le Kerala est, avec le Bengale, un des deux états communistes de l'Inde, le niveau de vie y est bien plus élevé que la moyenne indienne, le taux d'alphabétisation atteint des sommets : 91% en comparaison avec la moyenne nationale de 65%. Donc le Kerala est globalement un état où il fait bon vivre. De plus on trouve une forte minorité chrétienne dans cet état, dû à la présence coloniale portugaise.

Pour le visiter nous n'avons certes pas choisi le meilleur moment : la mousson a commencé la semaine dernière. Mais étant nés sous une bonne étoile nous n'avons vu la pluie que par la fenêtre : il a plu la nuit de samedi, puis le dimanche midi alors qu'on déjeûnait, et enfin le soir à partir de 18h30 quand on était dans le train. Mais même si on ne s'est pas mouillé on a eu droit au ciel gris tout le weekend.


On a pris une chambre d'hôtel à Cochin, capitale du Kerala, et on est parti à Alleppey, petite ville à 1h30 de bus au sud de Cochin et réputée pour ses backwaters, ie canaux. En fait la ville est une association de petites îles séparées par des canaux et des lacs. C'est un peu la Venise indienne. La balade durait quatre heures, dans un petit bateau à moteur couvert (mais comme il n'a pas plu on n'en a pas eu besoin). Il existe d'autres moyens de visiter les backwaters, soit en barque type canoë à la force des bras, soit dans un navire plus grand appelé houseboat car on peut y passer la nuit et y manger. Au milieu des backwaters on a pu voir de nombreux oiseaux, notamment des martins-pêcheurs dit kingfishers comme la marque de bière indienne. Une bonne balade reposante.

Le dimanche on a fait le tour de Cochin. La ville est constituée de trois îles auxquelles on accède par ferry ou par un pont un peu plus loin. L'île la plus au large est Fort Cochin, c'est la vieille ville qui contient des vestiges coloniaux : des églises, un cimetière hollandais, des bâtiments portugais. On s'est aussi promené dans le quartier juif, avec ses multiples boutiques de vêtements.
Une autre attraction de Fort Cochin est la port, et surtout les Chinese Fishing Nets (Filets de pêche chinois). Ce sont d'immenses constructions en bois, de dix mètres de hauteur environ qui par un sytème de cordes et de balancier permet d'immerger le filet et de le relever. Une technique de pêche plutôt relax, une fois bien sûr qu'on a construit les filets.



Deux jours c'était un peu court pour visiter le Kerala et la période un peu mal choisie. Même s'il ne faisait pas trop chaud à cause de la pluie, le soleil manquait. Et nous n'avons pas pû profiter de la plage, car à cause de la mousson la mer est trop forte. Mais ça donnait envie de revenir à une autre période, sûrement à l'occasion d'un autre voyage en Inde.

Sur ce, le lieu vers deux albums de photos : http://picasaweb.google.com/getzze

vendredi 6 juin 2008

Explications

Voici pourquoi on a changé de blog : suite à la découverte de ces plaintes,
http://www.blog-politique-a-babord-toute.fr/2008/05/12/a-babord-toute-pirate-par-compteurcc/#comment-876
http://www.blog-politique-a-babord-toute.fr/2008/05/16/a-babord-toute-de-nouveau-attaque-par-compteurcc/
http://www.sos-homophobie.org/index.php?menu=1&menu_option=15&news=10&PHPSESSID=60b8efc3bfea0997de1857b7be5efba2#chap10
qui accusent pêle même le webmaster de bloguez.com d'être homophobe et anti-israël en plus d'être islamiste peu tolérant, et le compteur d'être intrusif, on a décidé de les tester, en publiant ce qui un article un peu provoquant. Ils n'ont pas bougé, et donc nous n'allons pas leur faire de publicité négative. Mais comme ce blog est mieux fait, et que quand même, on n'est jamais trop prudent (principe de précaution vs présomption d'innocence, qui gagne ?), on a décidé de venir ici. Rappelons que blogspot appartient maintenant à googe, gage de qualité.

Merci à Bertrand d'avoir recopié tous les articles, ainsi que tous les commentaires, depuis l'ancien blog. Deux heures de boulot !