lundi 30 juin 2008

Michka (par Thierry)

Oui, le cricket reste roi. Mais non, l'Euro de foot n'est pas passé inaperçu. Loin de là. Les filles s'en moquaient, mais les garçons étaient dans l'ensemble assez intéressés, et regardaient plus de matches que ce que le décalage horaire ne laissait supposer. Beaucoup de questions concernant la prononciation des joueurs, et peu de moqueries concernant les piètres performances de l'équipe de France. De vrais gentilhommes.
A ce propos, saluons la Turquie et l'Allemagne, exemplaires de sportivité. Ne ressassons pas encore une fois la Marseillaise sifflée lors du tristement célèbre Algérie-France, mais apprécions le fair-play des Turcs d'Allemagne, qui ont été dignes dans leur défaite (malheureuse, qui plus est), et ont globalement soutenu l'Allemagne en finale, en vain. Un grand journal turc avait même titré, le jour du match, "la fraternité über alles". Bravo à eux, qu'ils entrent dans l'Union Européenne, et tout sera réglé.

PS : continuez à commenter les messages, ça fait toujours plaisir (notamment les lecteurs qu'on ne connaît pas, mais qui nous témoignent leur intérêt)

Belur (par Bertrand)

Ce weekend visite de Belur, Halebid et Sravana Belgola, anciens hauts lieux de l'Empire d'Hoysala (1026-1343). Les trois sites sont dans le district d'Hassan à 4h30 de Bangalore en bus.
Belur abrite un temple en l'honneur de Vishnu, Hallebid est fidèle à Shiva et Shravan Belgola est très fière de sa statue jaïne de 17,38 m.

Les temples de Belur et Halebid sont très semblables et remarquables par leurs sculptures très travaillées. Tout l'extérieur des temples est décoré de statues en l'honneurs des reines, rois et dieux hoysalas. Ils appréciaient aussi les danseuses qu'ils ont mis à l'honneur. Les colonnes à l'intérieur sont tout aussi finement taillées, certaines sont taillées en diamant, étoile ou lotus, en fait des motifs avec 64, 32, 16 et 8 côtés, symboles harmonieux.
Les Hoysalas vénéraient en particulier le 4e avatar de Vishnu, Narasimha, je ne sais pas si vous vous souvenez (voir ici), c'est un être mi-homme mi-lion qui a terrassé un démon. Quelques empereurs hoysalas s'appelaient d'ailleurs Narasimha. Du coup la plupart des statues sont à son effigie.
Les temples regorgaient d'autres secrets, notamment de petits foyers style foyer de cheminée qui abritent une statue, des statues géantes de Nandi à Halebid, un pilier rotatif (enfin à l'époque, maintenant le toit s'est affaissé et à bloqué le degré de liberté), des sandales géantes appartenant à Vishnu, une statue de Vishnu habillé en femme en l'honneur du temps où Vishnu a dû se travestir pour séduire puis occire un démon. Les murs sont aussi parsemé de sculptures représentant un animal mythique hindou : Makara (voir photo au dessus des pilliers). C'est en fait le mélange de 7 animaux : des pattes de lion, un corps de cochon, une trompe d'éléphant, une bouche de crocodile, des yeux de singe, des oreilles de vache et une queue de paon. Une belle bête un demeurant, douce et amicale.


Sravana Belgoda est un site jaïn. La ville est bâtie entre deux collines en haut desquelles se trouvent un temple jaïn pour l'une et une statue géante pour l'autre. La colline au géant offre en outre une jolie vue sur la région alentour.
Ledit géant représente un thirtankara ou saint jaïn, nommé Gomateshwara. Ce n'est rien de moins que la plus grande statue monolithique du monde (17,38 m) et elle est agée de plus de mille ans. Pour la maintenir en état elle est lavée tous les 12 ans à coup de lait, safran, beurre, bois de santal et autres huiles.


Ce weekend était aussi à mettre sous le signe de la quiétude (style Hampi). On a profité et pris le temps de visiter chaque site, nous n'avions aucune horaire à respecter. Les villes étaient des villages avec très peu de touristes étrangers, peu d'hôtels et de restaurants. La campagne était bien jolie et on a pu l'admirer à souhait lors des trajets en bus. Et le summum, les peu d'achats se sont fait sans marchander (ça fait du bien) et on n'a pas vu l'ombre d'un rickhsaw. Et ça c'est le signe d'un bon weekend de repos.

vendredi 27 juin 2008

Les Parsis (par Bertrand)

Encore une religion spécifique à l'Inde.
Les Parsis tirent leur dénommination de Perse. Ils ont en effet émigré de Perse vers le 8e siècle après que les Arabes eurent envahi l'Empire Sassanide et imposé l'Islam comme religion officielle. Les Parsis sont en fait des Zoroastriens (de Zarathoustra ou Zoroastre, philosophe persan qui aurait vécu vers -600). Mais encore faut-il savoir ce qu'est un Zoroastrien.

Alors qu'à la belle époque les tribus perses vénéraient plusieurs dieux (surtout Mitra dieu du soleil dont le culte s'est répandu en Grèce et à Rome), Zoroastre (ci-contre), philosophe de formation et poète de coeur, prêchait pour un dieu unique, qu'il nommait Ahura Mazda (toute ressemblance avec une quelconque marque de voiture ou de pile est justifiée, le fondateur adorant secrètement Zoroastre).
Selon Zoroastre, leur Dieu ne nécessite ni adoration, ni prêtre. Les rites en tout genre sont bannis, à l'exception du culte du feu qu'ils considèrent comme un exemple de pureté et comme un symbole divin. Par contre l'homme peut toujours choisir entre une bonne action et une mauvaise action, représentées par deux esprits : Spenta Mainyu, le bon, et Angra Mainyu, la brute. Par le principe d'action-réaction, qui sème le bien récolte le bien et inversement. Zoroastre propose alors à ses adeptes de choisir préférentiellement de faire le bien et ce dans leur seul intérêt.




Zoroastre est plus considéré comme un philosophe qui amenait ses disciples à réfléchir sur eux-mêmes que comme un prophète. La pensée de Zoroastre a influencé les penseurs grecs, ses écrits ont notamment été traduits en avant d'être détruits par l'armée d'Alexandre, les Grecs voulant garder son enseignement pour eux seuls. Platon s'est entre autre inspiré de sa pensée.
Alors que le zoroastrisme était la religion dominante sous l'Empire Achéménide détruit par Alexandre vers -300, elle devient religion officielle sous l'Empire Sassanide vers 250 AD. Les autres religions ne sont plus tolérées. Par contre, contrairement à certains préceptes de Zoroastre, il existe un clergé. L'Empire est découpé en paroisses, chacune dirigées par un mobadh. Puis chaque village possède un prètre appelé mogh (ayant donné leur nom aux mages).

Cependant avec les invasions arabes et l'expansion de l'islam, les Zoroastriens ne sont plus les bienvenus, c'est à cette époque qu'ils quittent la Perse pour l'Inde, trouvant refuge dans un royaume hindou au Gujarat puis à Bombay. L'acceptation par les hindous des nouveaux venus, qu'ils nomment parsis, est assez aisée, hindouisme et parsisme ayant des racines communes.

Outre le culte du feu, les zoroastriens respectent aussi les autres "éléments": eau, terre, air. Ainsi après la mort ils ne se font ni inhumer ni incinérer. On amène leur corps en haut d'une tour, appelée dakhma, où les vautours nettoient la carcasse. Très écologique.
Une autre coutume veut que les parsis ne se marient qu'entre eux à l'instar des juifs. Et comme aucune conversion n'est acceptée le nombre de Parsis décroît depuis quelques années. 114 000 en 1941, ils n'étaient plus que 76 000 en 1991.

Cependant, malgré leur faible nombre, les parsis sont parmis les plus riches en Inde et ils sont connus pour leur philanthropie. Nombres de personnalités influentes sont parsis. On peut citer les familles Tata (constructeur automobile), Godrej (électroménager) et Wadia (armateur) qui contrôlent à elles trois la majorité des industries indiennes et qui financent de nombreuses écoles, hôpitaux et autres bonnes oeuvres. Le mari d'Indira Gandhi, Feroze Gandhi était journaliste et parsi. Enfin Freddy Mercury est sans aucun doute le plus célèbre parsi, même si peu de monde le sait.

Des tentatives pas toujours réussies (par Thierry)

Bertrand et moi nous avons au moins un point commun, celui d'aimer les nouveautés culinaires. Mardi dernier, il est revenu avec deux paquets de sticks nouveau look -des fois que ce soit bon et qu'un paquet ne soit pas suffisant. Echec assez complet, tant pis.

Souvent, en revanche, les essais de nouveaux milk-shakes sont concluants. On en a goûté déjà plus de 30, du coup on est assez balèzes, et on repère tout de suite les petits nouveaux qu'on ne connaît pas pour les essayer. Problème : il y en a souvent des inconnus, qu'il faut donc teser, ce qui fait qu'en fait on ne peut pas reprendre ceux qu'on a déjà trouvés bons, notre méthode d'avoir tout essayé marchera bien un jour, on ne peut pas en trouver des nouveaux à chaque fois. Jus de fruits même combat.

J'ai tenté aussi le muesli à la cardamome -c'est indien et je ne connais pas bien cette épice. Ben ici ils en mettent trop, comme Bertrand dirait : "c'est dégueulasse".

Mais le meilleur champ pour jouer est, bien sûr, les plats au restaurant. Là on ne connaît jamais la moitié de la carte, mais on prend quand même une précaution avant d'enclencher le mode random : demander au serveur si c'est spicy. S'il dit oui, ou middle, on se désintéresse de la nouveauté, sinon on tente. Là le taux d'échec augmente sérieusement par rapport aux milk-shakes : des fois, nos papilles trouve ça un peu trop pimenté quand même, et on est malheureux. On commande plein de pain quitte à se péter le bide, et on achève le plat, petite bouchée par petite bouchée. D'autres fois c'est très bon, et souvent on ne se souvient plus le lendemain du nom de ce qu'on a apprécié -autre variante, au restaurant d'après voit un nom connu sur la carte, et on ne sait plus si c'était bon ou pas. De manière générale, on partage nos plats, de manière à diminuer par deux les risques.

Enfin, là où j'ai été le plus gratuit, c'est sur l'huile. Ici, plein d'huiles différentes, toutes pas chères. Coco, tournesol, plein de copines. Ca paraît "classique". En revanche leur cousine la "mustard oil" m'a intrigué, avec ses fossettes et ses yeux verts. Etait-ce de l'huile aromatisée moutarde, ou de l'huile de moutarde. ? Je demande conseil à la ménagère (ou la mégère, si vous préférez) d'à côté, qui me confirme que c'est bien de l'huile de moutarde. Pourquoi pas après tout, on fait bien de l'huile de pépins de raisins. Mais quand je lui demande si c'est bon, elle me répond un laconique "Y'en a qui aiment...". Sur ce, je prends la brique d'huile, sous son regard étonnée, plein de pitié, disant presque "God bless you". Moi, je me dis que faut essayer, et que pour la vinaigrette, ce doit être parfait.
Erreur, c'est beaucoup trop fort. Avec les légumes poëlés, ça passe, si on n'en mets qu'un peu, mais pour assaisonner les crudités, non. Avantage (ou désavantage pour Bertrand) : ça m'oblige à cuisiner pas gras...mais c'est bien le seul. Si vous voulez, je peux vous en ramener dans des petites bouteilles, après tout, les goûts et les couleurs...

jeudi 26 juin 2008

Fin du sondage

Vous avez été 19 à voter au sondage sur votre dieu préféré et ce pour élire Hanuman, avec 5 voix. Hanuman a ainsi bien mérité un article à ses couleurs :






La dernière image est une photo d'Hanuman, prise il y a une vingtaine d'années. Le cliché serait l'oeuvre d'un certain Tintin et réalisé lors d'un voyage au Tibet, alors qu'il allait voir un ami d'enfance, Tchang qui vit paraît-on en ermite dans une carcasse d'avion.

Hanuman est aussi le héro d'un dessin animé, qui narre ses aventures alors qu'il était pitchoune. On peut trouver quelques extraits sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=d74zxZAs1m8

Bravo aussi à Pimousse qui gagne un voyage à ses frais à l'île d'Yeu.

Et un grand merci à celui qui a voté pour Ganesh (c'est moi), c'est quand même le plus beau.

mercredi 25 juin 2008

C'est dommage (par Thierry)

Le dernier post concernant mon boulot est déjà perdu au fin fond des archives. Pourquoi ? Deux hypothèses sont favorites, telles l'Italie et la France à l'Euro. La première, dite de l'autruche, est que je n'ai tellement rien à faire que je préfère ne pas en parler, pour maintenir l'illusion, y compris à moi-même, que je sers un peu à quelque chose. La deuxième, celle du renard, est que je travaille tellement que je préfère ne plus y penser le soir venu. Et bien non, comme dans une bonne fable de Jeannot, un troisième comparse arrive, j'ai nommé le poisson rouge -si c'était comme à l'Euro, ça serait un demi-animal, comme la Turquie ou la Russie ne sont que des demi-pays européens de foot. "Que vient faire le poisson rouge ici ? Quel est son attribut ? ", s'empressent de me demander les curieux. Et bien c'est que, comme chacun le sait, le poisson rouge a une mémoire de poisson rouge. Aussi simple que ça.

Oui, mon boulot est devenu intéressant. Non, je ne travaille pas excessivement trop. N'y a-t-il rien pour augmenter mon bonheur et remonter le moral des ménages (Bertrand et moi comptons dans la catégorie ménage, d'ailleurs c'est lui qui le fera à Leiden, le ménage), qui, soit dit en passant, est au plus bas depuis 1987 ? Oui, un nuage existe encore, la mousson n'est pas définitivement évaporée. Lequel ? Suspense.

En fait, j'ai abandonné dans l'arche de Noé, qui était en train de couler, mes amis Smitha et Deepak, rejoints par Salini, pour rejoindre l'interféromètre spatial de Nandan -qui est, science fiction oblige, dans la même pièce que ladite arche. Mes anciens compères (référence à Sylvain et Sylvette) s'acharnent toujours à voler les atomes de rubidium de leur chaleur, alors que moi j'essaie de faire boire de l'alcool à des photons. En fait, Nandan qui m'avait demandé de le rejoindre, s'est barré pour trois semaines, me laissant seul à la barre. Mon boulot est, en gros, de faire une marche au hasard quantique. [physique]Au début de chaque étape, je sépare en deux faisceaux les photons qui ont une polarisation verticale et ceux qui l'ont horizontale, j'augmente un peu la fréquence des polarisés haut (elle devient f+f'), puis je remixe les deux faisceaux. Là, avec une lame demi-onde, je fais tourner les polarisations de 45 degrés, ce qui fait qu'ils ont tous à nouveau une chance sur deux d'être polarisés verticalement, une sur deux horizontalement. Puis je recommence le tout deux fois, et après trois étapes, on voit qu'il y aura beaucoup plus de photons qui auront une fréquence f+2f' que de photons qui l'auront à f+f', alors qu'un bourré aura autant de chances d'être fait un peu que d'avoir fait deux pas (si à chaque étape, il a une chance sur deux d'avancer, et une chance sur deux de se raviser) [\physique]. Voilà, c'est rigolo, mon boulot en pratique a consisté à faire le montage, pas si trivial, pas titanesque non plus.

Ce qui est pratique est que je bosse à mon rythme, je peux travailler un peu plus lontemps le midi, mais dormir aussi plus le matin. Mais c'est décevant. Pourquoi suis-je mieux à travailler seul ? Les héros de BD ne sont-ils pas toujours plus heureux quand ils combattent pour la veuve et l'orphelin (surtout la veuve si elle est jolie, soit dit en passant) ? C'est que le rythme de travail en Inde est lent. Ce sont des stakhanovistes de la quantité, mais pas de l'efficacité. Et encore, j'ai de la chance, il y a une bonne ambiance au labo. Bertrand pourra vous parler de sa propre expérience, beaucoup plus fidèle à ce qui se passe ailleurs. Dans son labo, chacun se fait maltraiter par celui qui est juste un peu plus ancien que lui. Du coup, le seul avec qui il parle vraiment est celui qui est arrivé après lui...Un des côtés vraiment désagréable de ce pays.

Voilà, je suis donc épanoui dans mon boulot, mais je regrette de ne pas travailler plus en équipe. Heureusement, je rigole quand même avec mes voisins de table optique, et j'ai souvent besoin d'aller demander du matériel.

PS : L'Inde, c'est fantaisia incognita. Quand je leur fais des petites blagues à la Ribéry, ils apprécient, mais surtout ils se demandent qu'est-ce qui me prend, comment diantre je pense à ça. Ca me fait d'autant plus rire, et ça doit aider à ce qu'ils me traitent bien. J'ose pas encore déconner trop avec la tutrice, ça n'a pas l'air d'être le genre de la maison.

mardi 24 juin 2008

Le sikhisme (par Bertrand)

Le sikhisme est peut-être méconnu en France mais c'est la 5e religion en nombre (25 millions d'adeptes dont 20 millions en Inde, au Pendjab plus précisément, un état situé entre Delhi et le Pakistan, berceau du sikhisme). C'est aussi la plus jeune (si on ne tient compte des sectes américaines).

Le Guru Nanak Dev est considéré comme le fondateur du sikhisme vers 1500, un peu avant l'invasion moghole en Inde. C'est le premier d'une série de 10 gourous, dont la succession se faisait par désignation par le prédécesseur. Le 10e gourou, Guru Gobind Singh, ne désigna pas un homme comme successeur en 1708 mais un livre, le livre saint du sikhisme, appelé Guru Granth Sahib. C'est en fait un gourou éternel et le terme sahib signifie 'saint' pour les sikhs. Il renferme l'enseignement des 10 gourous.



Les sikhs sont monothéistes, ils croient en l'existence d'un dieu unique. Ils ne croient ni à l'enfer ni au paradis, pas plus qu'à la réincarnation. Ils ne vénèrent aucune idole ou dieu (exceptés les gourous) et n'ont aucun lieu saint, ni pélerinage (même si le Temple d'or d'Amritsar, ou Harmandir Sahib, en photo derrière le guerrier sikh est considéré comme leur lieu le plus sacré). Ce en opposition avec la plupart des autres religions. Ils n'ont pas de clergé. D'ailleurs ils n'ont pratiquement aucun rite, considérant cette pratique inutile. Ils s'interdisent aussi de manger de la viande préparée selon un rite (halal ou kasher par exemple). La religion sikh est particulièrement pragmatique.

Les enseignements sikhs ne préconisent pas non plus de se détacher du monde (point de moines et autres ermites) mais plutôt de vivre en harmonie avec les autres. Le sikhisme est ainsi très fraternel et tolérant envers les autres, sans distinction de race, religion ou sexe.
Le sikhisme est une façon de vivre et en aucun cas une spiritualité, la pratique de la religion est profondément en accord avec le monde réel, très concrète. Le sikhisme ne tolère pas le fatalisme ni le pessimisme. Chaque homme est seul maître de son destin, Dieu ne lui est d'aucune aide si ce n'est comme exemple.

A ce titre un enseignement sikh :
  "Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak,
qui gagne sa vie à la sueur de son front
et ensuite partage avec les autres"

Il résume assez bien le mode de vie sikh.


Une autre particularité des sikhs est leur combativité. Le dernier gourou, Gobind Singh a ainsi créé un ordre de chevalerie sikh, la Khalsa, composé de cinq guerrier à l'origine. Les guerrier sikhs sont connus pour leur bravoure et leur ardeur au combat. Ils ont tenu tête aux Moghols, aux Afghans et aux Anglais.
Un Empire sikh a même existé de 1716 à 1849 avant d'être annexé par les Anglais. Ils ont aussi été des alliés indéfectibles pour les Marathes hindous contre les Afghans et pour les Anglais pendant les deux Guerres Mondiales, preuve de leur altruisme et fraternité avec les autres communautés. Pendant la Première Guerre, les bataillons sikhs ont d'ailleurs obtenu le plus grand nombre de récompenses rapporté au nombre de soldats dans l'armée anglaise.
Mais malheureusement d'un autre côté, environ 70% des morts et prisonniers durant l'indépendance indienne étaient sikhs. De plus les sikhs ont massacrés nombre de musulmans durant la partition de l'Inde et en 1984 le gouvernement a massacré quelque 200 000 sikhs pour mater un mouvement indépendantiste. L'Histoire sikh est ainsi marqué par le sang. Un précepte sikh affirme d'ailleurs :
 "Lorsque tous les autres recours ont été épuisés,
alors il est parfaitement juste de tirer l'épée."
Rien que pour vous, quelques astuces pour reconnaître un sikh :

- Il doivent toujours porter sur eux les Cinq K :
Kesh : cheveux et barbe non coupés (assorti du turban pour tenir les cheveux)
Kangh : un peigne pour se coiffer en toute circonstance
Kach : un pantalon ample qui permet de combattre plus facilement
Kara : un bracelet d'acier
Kirpan : une dague recourbée (souvent en plastique pour pouvoir passer les aéroports)

- Les hommes portent immanquablement le nom de Singh, signifiant lion, et les femmes celui de Kaur, signifiant princesse (cet usage était incompatible avec l'ancienne législation française d'hériter du nom de son père). De plus pour donner un prénom à leur enfant les parents ouvrent le Guru Granth Sahib sur une page au hasard, prennent la première lettre de la page et cherche un nom commençant par cette lettre. Cela offre un choix bien plus grand que la technique séculaire du calendrier.

Pour finir, dans la série 'L'Amérique pour les nuls et par les nuls', on recense depuis les attentats du 11 septembre une augmentation d'actes belliqueux contre la communauté sikh aux Etats-Unis, ceux-ci étant pris pour des disciples binladesques à cause de leurs barbe et turban.
C'est dommage.