Affichage des articles dont le libellé est Notre quotidien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Notre quotidien. Afficher tous les articles

jeudi 12 mars 2009

Une histoire un peu moins triste

Allez savoir pourquoi, j'ai été très profondément attristé par cette histoire de fillette de neuf ans violée au Brésil, puis excommuniée ("le viol est moins grave que l'avortement", ont dit en substance certains prélats). Vous en avez sûrement entendu parler, sinon, il y a plein d'articles

L'histoire un peu moins triste met en scène Fabrizio, notre nouveau colocataire italien. En dehors d'être très italien ("ma, if you don't eat pastas, what do you eat ?"), il est très drôle.

Ca se passe au retour d'un voyage scolaire à Paris, au collège. A cette époque les lires (pas l'instrument, la monnaie, Bertrand) étaient toujours d'actualité. Rappelons que le plus petit montant existant était 50 lires, donc pas question de centime.

Ce gentil Fabrizio veut acheter, en sus de la lavande pour sa mère, des barquettes de LU. 5 francs lui demande le commerçant. Le brave, ne connaissant pas l'existence des centimes, lui en tend la première pièce de 5 qu'il trouve, qui se trouvait être des centimes. Fureur du vendeur qui crie au foutage de gueule, incompréhension du petit italien.

Il nie toujours que la différence est la même qu'entre 1 euro et 1 cent. Bel homme.

vendredi 31 octobre 2008

Suite de la rubrique "C'est génial d'avoir une maison pour la première fois"

Y'a un tout petit problème. On a récupéré la maison sale. Comme dit, c'est un tout petit problème.

Y'en a un un peu plus gros. Le congélo marche pas. Et la porte qui donne sur le jardin est un peu difficile. Trop dur de louer une maison, vous allez me dire.

Ouais, ben pour habiter ici, faut être robuste, pas du genre 1m80 pour 45kg (rigolez-pas, j'ai un pote comme ça, bon et bien il n'est pas bon en sport). Parce que le chauffage marche pas. C'est pas un drame drame en soi, la Hollande possède un climat tempéré, non ? Non. On est au nord, il commence à geler (c'est en tout cas ce que m'a dit un co(llègue)(pain), moi tout ce que je vois, c'est qu'ils ont commencé à saler et sabler les rues, c'est pas bon signe). Donc voilà, j'ai un peu froid, c'est tout. Je mets deux pulls, je garde ma veste, et je me couvre les jambes avec mon duvet. Et ça passe.

Y'a pas d'eau chaude non plus, je peux me laver au seau rempli d'eau chauffée sur la cuisinière à gaz, c'est pas le pire.

Le réparateur revient aujourd'hui. S'il n'arrive toujours pas à remettre le tout en ordre de marche, je m'installe dans la cuisine. Je ferme la porte, et j'allume le four. Des fois, l'esprit de survie est plus fort que les conventions.

mardi 28 octobre 2008

Une armée qui fourmille la nuit

Quand tout le monde dort tranquille, dans les banlieues-dortoir, c'est l'heure où notre équipe descend dans la ville.
C'est elle qui ratisse tout sur son passage, le soir dans les parkings ou au pied des buildings. C'est toujours notre équipe qui fait tous les boulevards
Quand on arrive en ville...

On a des indics. On a plusieurs planques. On repère le jour, on agit la nuit. Et oui, c'est ça le quotidien d'un étudiant qui loue une maison pas meublée. Qui repère quelque chose dans la rue appelle du renfort. Et là, on juche l'armoire sur le vélo, et on pousse le tout jusque la maison amie la plus proche. Qui est parfois loin. Bilan des courses effectuées jusque là: un grand matelas, un canapé en très bon état, cinq chaises, un fauteuil, trois tables basses, trois commodes, une penderie, un seau, un porte-livre, un lampe, et je dois en oublier. Problème : quand on a tout mis chez Ester, à l'autre bout de la livre, à force de sueur et de souffrance (aussi bien pour nous que pour le vélo, qui n'a rien demandé, lui, le pauvre, c'est pas pour ça qu'il est né), faut bien le ramener dans notre maison à nous. C'est là qu'emprunter une voiture est utile...

Vraiment, c'est tout un tableau de voir un ou plusieurs étudiant, garçon ou fille, pousser à trois heures du matin, un vélo où s'empilent deux tables, ou alors une grosse commode et un sac. Sur le coup, si on se rend compte de la cocasserie de la chose, on n'en rigole pas immédiatement. C'est comme l'aviron, un mélange de force et d'équilibre. A fin utilitaire, ce sport-là.

Vraiment, je remercie tous les Hollandais d'avoir la bonne habitude d'utiliser la rue comme déchetterie. Manque plus que des ustensiles de cuisines (poëles, assiettes, ...)...Va falloir se résoudre à les acheter. D'occasion, on s'entend bien.

dimanche 26 octobre 2008

Une pécadille, une broutille

Pour presque toute l'année, je bosse dans un des labos de la fac. But (à part valider mon année...) : étudier les propriétés du champ créé par deux photons rouges jumeaux. Pour ça, faut bien les fabriquer ces deux photons rouges, à partir d'un seul photo bleu. Et ça nécessite beaucoup d'énergie pour ce faire. Ouais, 40 Ampères pour le laser bleu. C'est pas rien.

Mais comme 40A x 220 V =10kW, et bien c'est pas bien, on a rajouté un transfo. Vous savez, le boîtier entre l'ordinateur portable et la prise de courant, là pour éviter que tout grille avec du 220V. Là pour réduire la tension. Et bien, nous, c'est l'inverse. Le transfo est là pour augmenter la tension, jusque quelque chose comme 650V. Ca nous fait donc un peu moins de 30kW consommés. Soit 10€ de l'heure...Une broutille, je disais.

Amis éco-responsables, bon dimanche. (je ne me suis pas renseigné de plus près, mais l'énergie doit être à peu près clean, pas fossile en tout cas. Soit dit en passant, y'a plein d'éoliennes dans ce pays).

mardi 12 août 2008

Retour en Inde

Après cinq jours de repos au Ladakh (état du Jammu et Cachemire, à l'est, là où il n'y a pas de terroristes) on revient en Inde, la vraie. Celle des ricksaws et des mendiants, celle à 1 milliard de personnes.



Comme on a perdu l'appareil photo à Delhi avant de partir au Ladakh on ne pourra plus mettre nos photos, mais celles prises sur internet.


lundi 21 juillet 2008

Où va-t-on Papa ?

C'est un peu n'importe quoi...
Première priorité, se déplacer. Si c'est plus de six heures, de nuit. Entre quatre et six heures, on vise le matin tôt (genre 5h), c'est plus tranquille, et ça évite de perdre trop de temps dans la journée. Moins, un peu quand on peut, sans trop regarder.
Deuxième priorité : trouver un hôtel un peu dès qu'on arrive, pour poser les sacs. Invariablement, ça marche du premier coup, ils sont jamais plein.
Troisième priorité :lessive, mais seulement si elle aura le temps de sécher,
Quatrième priorité : visiter la ville, c'est quand même un peu le but d'un si long voyage
Cinquième priorité : prendre un repas.

C'est donc quand on est dans une ville, que les sacs sont dans un hôtel, que le linge est à sécher et qu'il n'y a plus rien d'urgent à voir qu'on s'installe dans un resto. Ben, ça fait pas si souvent. Ce midi encore on n'a pas mangé, et c'est pas la première fois...Bertrand a perdu son appétit légendaire, il est tout inquiet. Envoyez-lui des graisserons par la Poste...

Et en plus, notre rythme va s'intenfier. On passera plus d'une nuit sur deux dans les transports, je crois qu'on va subir. Mais subir heureux, ça va.

dimanche 20 juillet 2008

Ap kaise hen ?

Depuis notre arrivée au Bihar, qui est un des états les plus pauvres de l'Inde, nous nous sommes heurté à un nouveau problème : la langue. Si dans le sud et les grandes viles et lieux touristiques les gens parlent en général anglais, ce n'est plus du tout le cas dans le nord. Et pour cause. L'hindi y est la langue maternelle en plus d'être officielle. Du coup les habitants n'éprouvent aucun besoin d'apprendre d'autres langues, les autres Indiens parlant en majorité hindi. A cette explication s'ajoute l'incontestable pauvreté et faiblesse de l'éducation dans cette partie du pays.

C'est ainsi que personne ne pouvait nous aider pour trouver notre train pour quitter Patna (ce qui n'était pas pour nous rassurer à ce moment là). C'est pourquoi nous nous sommes lancés dans l'apprentissage de la langue prédominante de l'Inde.
Bien sûr on n'espère pas vraiment pouvoir discuter de politique avec les marchands de mangues, mais on compte bien pouvoir marchander et demander notre chemin d'ici la semaine prochaine.
Nous nous sommes quand même procuré deux guides pour apprendre l'hindi en s'amusant. Et le bilinguisme de certains Indiens nous est d'une aide précieuse.
Pour l'instant, de ce que nous avons vu, les tournures des phrases sont plus proches du français que de l'anglais, ce qui est bien et on a même la surprise de découvrir que certains mots ressemblent aux langues latines. Les chiffres sont très proches : 'das' pour dix, 'do' pour deux, 'saat' pour sept... D'autres mots comme 'Kamra' pour chambre (camera en italien).

On regrette juste de ne pas avoir commencé à apprendre à Bangalore, mais c'est vrai que l'on en avait moins l'utilité. Pour nos amis français resté là-bas, un petit conseil, vous pouvez vous entraîner.


PS : Le titre signifie Comment ça va? Vous êtes priés de répondre, c'est la moindre des politesse. Pas en hindi par contre ...

jeudi 17 juillet 2008

Ou l'on apprend que les impressions sont parfois trompeuses

Tout n'a pas été dit sur 'le bus le plus long'. En effet, on peut lire sur l'article qui lui est dédié: [citation] Thierry se change et nous repartons.[fin de citation].


Qu'est ce qui a bien pu pousser Thierry à se changer alors que l'heure était tardive et notre seule préoccupation était de manger. Et d'aller soulager notre vessie....

En l'occurence c'est ce que nous fîmes en descendant du bus promptement.
Et comme en ces lieux les toilettes sont en plein vent,
les passagers du bus le plus long se retrouvent pour certains
alignés sur une butte ayant en tête le même dessein.
Etant particulièrement perspicaces nous remarquons pour notre malheur
que le vent joue en notre défaveur.
Ni une ni deux, l'ami Thierry
descend la butte en deux enjambées
pour une fois en bas se mieux retourner.
Ce qu'il n'avait vu ni envisagé
c'est que le bas n'était pas de terre composé
mais d'un marécage en avait tous les traits.

Le voilà donc avec de l'eau jusqu'au nombril,
Sous les regards et les rires de nos amis de transit.


Thierry jura, mais un peu tard, qu'on l'y prendrait plus.

Un voyage éprouvant

Tout avait pourtant bien commencé quand, arrivés à Siliguri mardi matin, au pied des montagnes abruptes de Darjeeling, nous avions eu le plaisir de réserver un bus pour quitter cet endroit le lendemain pour notre prochaine destination, Bodhgaya dans le Bihar. Les horaires étaient bien trouvées : départ à 17h30 de Siliguri et arrivée à 5h30, 12h après, à Patna, capitale du Bihar sur le Gange.

Mais tout ça c'était avant le drame bien entendu.
A 18h30 notre bus quitte Siliguri, chargé de paquets et colis qu'il doit distribuer le long de la route. Retard à ce moment là : 1h.

Pour notre plus grand bonheur les sièges ne sont pas terribles et la route est chaotique, ce qui nous permet de regarder le paysage, de nuit, au lieu de perdre notre temps à dormir.
Quand vient 19h, notre ventre crie famine et le chauffeur répond à ses appels langoureux. Notre bus s'arrête en rase campagne, bien loin de tout commerce. C'est pour le bus que le chauffeur avait toutes ces attentions, un problème au moteur nous fait perdre une demi-heure. Retard à ce moment là : 1h30.

A 21h nous faisons un arrêt dans une gare routière, mais pas le temps de descendre que nous repartons pour enfin nous repaître dans un restaurant non loin de là. Thierry se change et nous repartons.

Vers 6h du matin, alors que nous n'avons guère dormi notre bus s'arrête enfin avec seulement une demi-heure de retard. Malheureusement pour nous, le véhicule est récalcitrant et nécessite de plus vastes réparations. Nous redémarrons vers 8h30. Retard à ce moment là : 4h.

Nous roulons maintenant à vive allure, et vers 9h30 c'est avec joie que nous dépassons un panneau indiquant Patna 50km. Nous filons au vent doublant camions et groupes de jeeps. Personne ne peut nous arrêter sauf des bouchons...
La route de Patna suit en effet le Gange qui est actuellement en crue, inondant partiellement la voie qui est, pour ne rien arranger, une deux voie seulement (c'est quand même la route reliant l'Assam à Delhi). Je passerai rapidement sur l'épisode des bouchons (bien qu'il nous ait pris 4h de notre courte vie). Les paysages innondés et les villages très pauvres, qui ressemblent plus à la Guinée qu'aux hameaux que nous avons pu voir dans le sud, n'offrent pas de compensation à l'attente interminable. Qui plus est le chauffeur y met du sien, dès que la route est dégagée en face il double les files de camions jusqu'à se trouver nez à nez avec un bus arrivant en face. Et bien sûr il ne peut pas se rabattre, ses collègues de file ne lui en donnant pas non plus l'occasion. Le temps de faire se croiser les deux engins et 30 min se sont envolées. On voit les limites de la conduite sportive qui consiste à rouler à contre sens et à forcer le passage quand tout est bloqué. Céder le passage est peut-être déplaisant pour son ego mais réduit fortement les embouteillages.

Au final on arrive à 13h30 à Patna. Retard cumulé : 8h. Pas mal pour un trajet de 12h.

Notre seule envie alors, quitter ce lieu de perdition. En train cette fois, le départ est à 17h30. Ca reste une belle journée de perdue, parce qu'en plus il n'a pas plu. Comble de l'ironie, on a appris à Patna qu'on aurait pu changer de bus avant les embouteillages, c'était plus court que de se rendre à Patna, et surtout moins long.

vendredi 11 juillet 2008

Au revoir Bangalore

Après trois mois passés à Bangalore, dans nos instituts respectifs, après tous ces weekend occupés à voyager et visiter la pointe de l'Inde, après tous ces moments partagés avec nos amis Indiens et Français rencontrés ici, c'est le moment de partir.
Pour ne pas faire un grand discours, c'était tellement bien qu'on espère juste que ce sera mieux après pour ne pas avoir de regrets.

lundi 7 juillet 2008

Paquets

On a profité d'être à Pondicherry ce weekend pour envoyer des paquets en France (c'est un peu moins cher là-bas qu'à Bangalore). Ca nous est revenu à 8 000 roupies (120€) pour trois paquets de 13 kg, ie 40 kg. Ce n'est pas très cher pour ce débarrasser de nos livres bien lourds, et de nos habits et souvenirs encombrants. Maintenant on est tout léger et prêts pour de nouvelles aventures, une fois qu'on aura rendu le rapport de stage...
D'ailleurs j'y retourne.

jeudi 3 juillet 2008

Où l'on parle de sousous

Juste pour dire qu'on a dépensé environ 1000 € par personne durant ces trois premiers mois. On n'a ni flambé ni cherché à économiser, c'est juste que la vie n'est pas chère. J'estimerai que les prix sont environs cinq fois moins cher, ce qui nous a permis de partir chaque week-end, prenant presque à tous les coups le bus de nuit. En France, ç'aurait été cher...Le billet d'avion (650€ aller-retour) est économisé, tant mieux.
De ce point de vue là, on ne regrette pas non plus notre stage.

mercredi 2 juillet 2008

Certains l'attendaient

La mousson, c'est un peu comme la reprise dans les années 1995-1997. Pendant quelques temps, tout le monde nous la promet, les signaux sont au vert, et pourtant elle ne vient pas. Temps nuageux, température très douce (plus de ventilo la nuit !), mais pas de pluie. Mais là, je crois bien que la dissolution a eu lieu, Jospin a remplacé Juppé, et la mousson est enfin (pour les paysans) arrivée. Il commence à pleuvoir, pas encore trop fort, surtout l'après-midi ou le soir. Les températures ont encore chuté, j'ai même ressorti la couverture. Qui l'eût cru ? Enfin bon, faisons semblant d'être de droite, et de préférer Juppé à Jospin, parce que bon, c'était quand même mieux quand il ne pleuvait pas.
Mais après tout, on s'en fout un peu, dans dix jours, on sera au nord...D'ailleurs, je suis en train de faire mon rapport de stage.

vendredi 27 juin 2008

Des tentatives pas toujours réussies (par Thierry)

Bertrand et moi nous avons au moins un point commun, celui d'aimer les nouveautés culinaires. Mardi dernier, il est revenu avec deux paquets de sticks nouveau look -des fois que ce soit bon et qu'un paquet ne soit pas suffisant. Echec assez complet, tant pis.

Souvent, en revanche, les essais de nouveaux milk-shakes sont concluants. On en a goûté déjà plus de 30, du coup on est assez balèzes, et on repère tout de suite les petits nouveaux qu'on ne connaît pas pour les essayer. Problème : il y en a souvent des inconnus, qu'il faut donc teser, ce qui fait qu'en fait on ne peut pas reprendre ceux qu'on a déjà trouvés bons, notre méthode d'avoir tout essayé marchera bien un jour, on ne peut pas en trouver des nouveaux à chaque fois. Jus de fruits même combat.

J'ai tenté aussi le muesli à la cardamome -c'est indien et je ne connais pas bien cette épice. Ben ici ils en mettent trop, comme Bertrand dirait : "c'est dégueulasse".

Mais le meilleur champ pour jouer est, bien sûr, les plats au restaurant. Là on ne connaît jamais la moitié de la carte, mais on prend quand même une précaution avant d'enclencher le mode random : demander au serveur si c'est spicy. S'il dit oui, ou middle, on se désintéresse de la nouveauté, sinon on tente. Là le taux d'échec augmente sérieusement par rapport aux milk-shakes : des fois, nos papilles trouve ça un peu trop pimenté quand même, et on est malheureux. On commande plein de pain quitte à se péter le bide, et on achève le plat, petite bouchée par petite bouchée. D'autres fois c'est très bon, et souvent on ne se souvient plus le lendemain du nom de ce qu'on a apprécié -autre variante, au restaurant d'après voit un nom connu sur la carte, et on ne sait plus si c'était bon ou pas. De manière générale, on partage nos plats, de manière à diminuer par deux les risques.

Enfin, là où j'ai été le plus gratuit, c'est sur l'huile. Ici, plein d'huiles différentes, toutes pas chères. Coco, tournesol, plein de copines. Ca paraît "classique". En revanche leur cousine la "mustard oil" m'a intrigué, avec ses fossettes et ses yeux verts. Etait-ce de l'huile aromatisée moutarde, ou de l'huile de moutarde. ? Je demande conseil à la ménagère (ou la mégère, si vous préférez) d'à côté, qui me confirme que c'est bien de l'huile de moutarde. Pourquoi pas après tout, on fait bien de l'huile de pépins de raisins. Mais quand je lui demande si c'est bon, elle me répond un laconique "Y'en a qui aiment...". Sur ce, je prends la brique d'huile, sous son regard étonnée, plein de pitié, disant presque "God bless you". Moi, je me dis que faut essayer, et que pour la vinaigrette, ce doit être parfait.
Erreur, c'est beaucoup trop fort. Avec les légumes poëlés, ça passe, si on n'en mets qu'un peu, mais pour assaisonner les crudités, non. Avantage (ou désavantage pour Bertrand) : ça m'oblige à cuisiner pas gras...mais c'est bien le seul. Si vous voulez, je peux vous en ramener dans des petites bouteilles, après tout, les goûts et les couleurs...

mercredi 25 juin 2008

C'est dommage (par Thierry)

Le dernier post concernant mon boulot est déjà perdu au fin fond des archives. Pourquoi ? Deux hypothèses sont favorites, telles l'Italie et la France à l'Euro. La première, dite de l'autruche, est que je n'ai tellement rien à faire que je préfère ne pas en parler, pour maintenir l'illusion, y compris à moi-même, que je sers un peu à quelque chose. La deuxième, celle du renard, est que je travaille tellement que je préfère ne plus y penser le soir venu. Et bien non, comme dans une bonne fable de Jeannot, un troisième comparse arrive, j'ai nommé le poisson rouge -si c'était comme à l'Euro, ça serait un demi-animal, comme la Turquie ou la Russie ne sont que des demi-pays européens de foot. "Que vient faire le poisson rouge ici ? Quel est son attribut ? ", s'empressent de me demander les curieux. Et bien c'est que, comme chacun le sait, le poisson rouge a une mémoire de poisson rouge. Aussi simple que ça.

Oui, mon boulot est devenu intéressant. Non, je ne travaille pas excessivement trop. N'y a-t-il rien pour augmenter mon bonheur et remonter le moral des ménages (Bertrand et moi comptons dans la catégorie ménage, d'ailleurs c'est lui qui le fera à Leiden, le ménage), qui, soit dit en passant, est au plus bas depuis 1987 ? Oui, un nuage existe encore, la mousson n'est pas définitivement évaporée. Lequel ? Suspense.

En fait, j'ai abandonné dans l'arche de Noé, qui était en train de couler, mes amis Smitha et Deepak, rejoints par Salini, pour rejoindre l'interféromètre spatial de Nandan -qui est, science fiction oblige, dans la même pièce que ladite arche. Mes anciens compères (référence à Sylvain et Sylvette) s'acharnent toujours à voler les atomes de rubidium de leur chaleur, alors que moi j'essaie de faire boire de l'alcool à des photons. En fait, Nandan qui m'avait demandé de le rejoindre, s'est barré pour trois semaines, me laissant seul à la barre. Mon boulot est, en gros, de faire une marche au hasard quantique. [physique]Au début de chaque étape, je sépare en deux faisceaux les photons qui ont une polarisation verticale et ceux qui l'ont horizontale, j'augmente un peu la fréquence des polarisés haut (elle devient f+f'), puis je remixe les deux faisceaux. Là, avec une lame demi-onde, je fais tourner les polarisations de 45 degrés, ce qui fait qu'ils ont tous à nouveau une chance sur deux d'être polarisés verticalement, une sur deux horizontalement. Puis je recommence le tout deux fois, et après trois étapes, on voit qu'il y aura beaucoup plus de photons qui auront une fréquence f+2f' que de photons qui l'auront à f+f', alors qu'un bourré aura autant de chances d'être fait un peu que d'avoir fait deux pas (si à chaque étape, il a une chance sur deux d'avancer, et une chance sur deux de se raviser) [\physique]. Voilà, c'est rigolo, mon boulot en pratique a consisté à faire le montage, pas si trivial, pas titanesque non plus.

Ce qui est pratique est que je bosse à mon rythme, je peux travailler un peu plus lontemps le midi, mais dormir aussi plus le matin. Mais c'est décevant. Pourquoi suis-je mieux à travailler seul ? Les héros de BD ne sont-ils pas toujours plus heureux quand ils combattent pour la veuve et l'orphelin (surtout la veuve si elle est jolie, soit dit en passant) ? C'est que le rythme de travail en Inde est lent. Ce sont des stakhanovistes de la quantité, mais pas de l'efficacité. Et encore, j'ai de la chance, il y a une bonne ambiance au labo. Bertrand pourra vous parler de sa propre expérience, beaucoup plus fidèle à ce qui se passe ailleurs. Dans son labo, chacun se fait maltraiter par celui qui est juste un peu plus ancien que lui. Du coup, le seul avec qui il parle vraiment est celui qui est arrivé après lui...Un des côtés vraiment désagréable de ce pays.

Voilà, je suis donc épanoui dans mon boulot, mais je regrette de ne pas travailler plus en équipe. Heureusement, je rigole quand même avec mes voisins de table optique, et j'ai souvent besoin d'aller demander du matériel.

PS : L'Inde, c'est fantaisia incognita. Quand je leur fais des petites blagues à la Ribéry, ils apprécient, mais surtout ils se demandent qu'est-ce qui me prend, comment diantre je pense à ça. Ca me fait d'autant plus rire, et ça doit aider à ce qu'ils me traitent bien. J'ose pas encore déconner trop avec la tutrice, ça n'a pas l'air d'être le genre de la maison.

vendredi 20 juin 2008

Saccadé

C'est le qualificatif le mieux adapté pour décrire notre rythme de vie. Pourtant, plus de tours de garde pour surveiller la pompe à vide. Ouais, mais l'Euro a commencé, et avec le décalage horaire, les jours on s'autorise à le regarder, notre lit nous voit peu avant que les poules quittent leur abri (à leur décharge, il fait jour tôt ici). Le mardi, c'est pâtes bolognaises chez André et Catherine les Suisses, ça traîne, et si en plus c'est jour de match, on ne dort pas beaucoup. Mercredi, souvent on sort en ville, manger quelque chose de bon, et se sentir riches avec nos euros -merci M. Trichet de ne pas faire baisser artificiellement la monnaie commune. Pareil, courte nuit. Jeudi, du coup, je me couche à 21h30-22h00, dormant au bas mot un tour de cadran. Le vendredi, ben c'est bus presque à chaque fois. Lucie, qui n'arrive jamais à dormir après 07h00 du matin, n'est en revanche absolument pas dérangée par les secousses du bus (on arrive rarement après 06h00 à destination), et dort comme un bébé, au contraire de Nico, qui ne supporte pas le bus, mais t volontiers la grasse mat. Les gens normaux arrivent à dormir seulement une petite poignée d'heures. Du coup, le samedi on est crevés, mais comme faut profiter, on se lève assez tôt le dimanche. Et, sauf pour le pauvre Nico, on dort dans le bus du retour. Qui ne dure pas bien longtemps, donc le lundi on est très fatigués. Sieste systématique le matin pour moi, le midi pour Bertrand, et on se couche tôt le lundi (22h00 pour moi le loir, plus tard pour le vaillant Bébert). Et ça recommence encore et encore.

mercredi 4 juin 2008

Nouvelles générales (par Thierry)

Effectivement, comme ce blog grandit assez vite, certains n'ont pas le temps de lire tous les articles, et n'ont donc pas la chance de pouvoir apprécier à sa juste valeur le suspense de l'épopée de Rama ou des finales du cricket.

Donc : Bertrand et moi allons bien, très bien même. Nos stages ne sont ni inintéressants, ni très prenants. Notre temps de travail effectif est faible, bien moins que trente-cinq heures par semaine. En même temps, on n'est qu'en première année de master, donc on est autant là pour regarder que pour manipuler.

Le pays en lui-même nous plaît bien, les gens sont gentils, et accueillants. On part tous les week-ends, mer, montagne, ruines perdues ou mégapole, l'Inde est très variée. Les Indiens eux ne font presque pas de tourisme, mais savent quand même à peu près nous conseiller.

On achète pas mal de souvenirs, surtout des habits. De vraies filles ! Comme on a chaud, on est contents d'acheter des habits locaux, qu'eux paradoxalement ne portent pas. Ils sont légers, qui plus est beaux et pas cher. Un ou deux hauts par week-end, notre garde-robe se remplit. Elodie nous conseille généralement, nous dit si nos petits corps sont mis en valeur par la coupe, si la couleur nous fait ressortir le teint ou les yeux. C'est rigolo, en plus j'aime bien négocier à la fin, histoire de diviser le prix par deux, voire trois dans les jours de chance. En moyenne, un habit coûte 3 euros, on ne fait donc pas de folies.

En revenant au pays de la beauté reine, ou des reines de beauté, en France quoi, et bien, non seulement on aura des beaux habits, on sera bronzés, mais en plus on aura maigri. J'en suis à deux crans de ceinture, Bertrand un peu moins. Nos cheveux seront blondis par le soleil, mais ça faut pas l'écrire trop fort, Bertrand l'assume mal.

Mais parler de revenir en France est un peu cavalier. En effet, à peu près une semaine après notre retour, direction les Pays-Bas, où devrait faire une coloc. Vous êtes tous les bienvenus.

En attendant, ici, c'est pas tout à fait une coloc, mais on voit souvent les autres Français de l'institut de Bertrand, avec qui on s'entend très bien. Qu'on me donne dix Français au hasard et je ne m'entendrai pas avec tous, ici, si. Sans vouloir nous auto-lancer des fleurs, je pense que les étudiants prêts à aller passer une demi-année à l'autre bout du monde, dans une fac sans moyens, sont plutôt plus ouverts que la plupart des étudiants. Tant mieux pour nous. Rachid et Samir partent bientôt, ils sont un peu tristes, pourtant ils ont eu la chance d'arriver en février, d'éviter la mousson, qui, telle Zorro, est arrivée subreptiscement. Bertrand et moi craignons déjà un peu le départ, prévu pour dans un peu moins de trois mois pourtant. On amassera plein de cadeaux d'ici là, et à notre arrivée, distribution générale, bien sûr en fonction du nombre de commentaires postés sur ce blog. David L., tu tiens la corde, ce n'est pas le moment de lâcher l'affaire. Les autres, ressaisissez-vous, ils n'est jamais trop tard.

Ma tutrice est rentrée de France, où elle avait passé deux semaines, chez le prof qui m'avait recommandé à elle. Du chocolat dans les valises, comme tous ceux qui reviennent d'Occident. Si une fois l'un d'entre vous à l'occasion de venir ici, le cadeau est tout trouvé, l'or noir fera vraiment très plaisir, surtout aux filles.

Voilà, on espère que vous allez tous bien, et qu'il fait un peu moins moche chez vous. Une pensée spéciale à ceux qui ont des exams, et à ceux qui attendent un enfant.

Enfin ! (par Thierry)

Je suis admis à Leiden, aux Pays-Bas, pour un master d'Optique Quantique et Information Quantique. Je n'ai pas trop compris si j'ai le droit de ne suivre qu'un master2, ou si je suis obligatoirement parti pour deux ans. Dans le premier cas, peu probable, ben c'est bien, je gagne un an ; sinon, le rythme sera plus Polytechnique que prépa, et j'aurai le loisir de me concentrer plus sur les stages, sans trop m'en faire pour valider les cours théoriques. De toutes façons, c'est de la balle, la Batavie m'attire beaucoup.

Bon, vous me connaissez, j'ai un peu joué quand même. J'ai commencé par envoyer ma candidature le dernier jour possible, avec la moitié des pièces qui manquaient. Mon Papa m'a aidé à envoyer le tout quand ils me les ont demandées -sauf l'attestation que j'ai eu une bonne note au Test Of English as a Foreign Language, tant mieux, ça m'aurait coûté cinquante euros de la produire. Première alerte passée. Deuxième, et non des moindres, aujourd'hui : un mail m'est envoyé, disant "on n'a pas bien compris si vous voulez faire un stage ou un master, et je tiens au passage à vous dire que vous avez laissé deux fois 'Italie' au lieu de 'Pays-Bas' dans votre lettre de motivation, ça fait pas sérieux sérieux". Effectivement, cette dernière n'était qu'une vulgaire adapation de celle envoyée à Milan...Je me suis expliqué, et c'est bon, la bonne nouvelle est arrivée cet après-midi.

Je rappelle que Bertrand sera à Delft, tout près de Leiden. Décidément, on se suit, on envisage même de faire une colocation. Dans ce cas, vous êtes tous les bienvenus chez nous, ou chez moi si je suis tout seul. Amsterdam est aussi proche, à trente kilomètres au nord.

Voir cette carte pour plus de détails.

Les curieux noteront que la ligne de train Amsterdam-La Haye-Rotterdam -Anvers-Bruxelles-France passe par Leiden puis Delft. Un rapide tour sur le site allemand de trains, www.db.de/fr (beaucoup plus efficace que voyages-sncf.com soit dit en passant), et je sais qu'il y a des trains toutes les dix minutes en journée, puis toutes les heures la nuit. Trente minutes pour Amsterdam-Leiden, dix de moins pour Leiden-Delft, c'est faisable. Ca a du bon d'être un pays dense...

mardi 3 juin 2008

Jean-Paul Sartre n'était pas indien (par Thierry)

Juste une prémonition...Déjà qu'en France, s'il est important de laisser une grande part à la fantaisie et la créativité, avoir quelques habitudes peut simplifier pas mal la vie (Arnaud, sens-toi visé), mais alors il me paraît tout bonnement impossible de prôner l'abolition de toutes les habitudes ici. En effet, je le vois mal parcourir à tâtons toute la maison à la recherche de ses bougies, puis de ses allumettes, en cas de panne durable de courant. Tout ça pour dire que je suis assez organisé maintenant pour ne pas subir les pannes de courant, du reste pas si fréquentes. Je tiens même ma chambre à peu près rangée.

mercredi 28 mai 2008

Khôte clochard reloading (par Thierry)

Comme dit dans l'article de Bertrand, le trajet Coorg-Bangalore est court. Arrivée donc à 4h00 lundi matin à la gare de bus. Arrivée au Raman Institute à 4h30. Arrivée prévue dans mon lit à 4h32. Echec mission. La porte qui donne sur le hall était fermée de l'intérieur, avec un loquet que ma clé ne pouvait ouvrir. La sécurité n'a rien su faire non plus, les mecs de la cantine qui nettoient les chambres encore moins. A part tambouriner comme des malades sur la porte, sans succès. Du coup, je suis allé dans mon labo, pensant faire la relève de la garde de la chambre à vide. Raté, c'était au tour de deux filles, qui ne pouvaient pas trop rentrer seules la nuit. De retour devant la porte, quelqu'un l'avait ouverte. J'ai pu dormir dans mon lit.

Hier, retour dudit tour de garde vers 23h. Porte à nouveau bloquée. Puisque la veille ça avait marché, j'ai tambouriné très fort et très longtemps. Sans succès cette fois là. Du coup, aware du problème, ils m'ont ouvert une chambre d'une autre guest house.

Ce matin, porte de ma guest house ouverte.

On verra ce soir, mais je pense qu'ils vont faire quelque chose, ça pourrait commencer à en énerver certains (moi, ça va, pour l'instant je le prends à la rigolade).

Au fait, pour ceux qui ne comprennent pas le titre, à Polytechnique il existe en fin d'année une remise d'une vingtaine de prix nommés "khôtes". J'ai été élu pour la khôte clochard, qui signifie "dort n'importe quand, n'importe où".

Prochaines nouvelles bientôt.