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jeudi 26 juin 2008

Fin du sondage

Vous avez été 19 à voter au sondage sur votre dieu préféré et ce pour élire Hanuman, avec 5 voix. Hanuman a ainsi bien mérité un article à ses couleurs :






La dernière image est une photo d'Hanuman, prise il y a une vingtaine d'années. Le cliché serait l'oeuvre d'un certain Tintin et réalisé lors d'un voyage au Tibet, alors qu'il allait voir un ami d'enfance, Tchang qui vit paraît-on en ermite dans une carcasse d'avion.

Hanuman est aussi le héro d'un dessin animé, qui narre ses aventures alors qu'il était pitchoune. On peut trouver quelques extraits sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=d74zxZAs1m8

Bravo aussi à Pimousse qui gagne un voyage à ses frais à l'île d'Yeu.

Et un grand merci à celui qui a voté pour Ganesh (c'est moi), c'est quand même le plus beau.

mardi 10 juin 2008

L'hindouisme (par Bertrand)

Avant de vous narrer les extraordinaires aventures de Krishna, je voudrais présenter les différentes religions indiennes, pas par leur mythologie (un peu quand même) mais par leur philosophie si on peut dire.

Pour commencer rien de mieux que celle qu'on connaît le mieux : l'hindouisme.

Tout d'abord le symbole est le suivant, signifiant AUM en sanscrit (prononcer 'om'). Ce sont les initiales de Brahma (A), Vishnu (U) et Shiva (M), enfin c'est ce qu'on veut nous faire croire.



Comme vous l'avez compris l'hindouisme se distingue des autres religions par sa panoplie de dieux. Faut-il en déduire que c'est un polythéïsme ? Que nenni. Car les multiples dieux et déesses ne sont que des représentations de Dieu (qu'ils appellent Brahman, à ne pas confondre avec notre ami Brahma) . Ainsi les trois dieux de Trimurti représentent les trois facettes essentielles de Dieu. Et quand les hindous vénèrent un dieu, ils vénèrent en fait un aspect particulier de la divinité. Par contre ils ne vénèrent jamais directement Brahmane.
En fait les hindous font ce que Moïse reprochait aux adeptes du Veau d'or, à savoir vénérer une idole plutôt que Dieu. Après quant à savoir qui a raison, j'ai envie de dire personne mais je ne saurais laisser transparaître mon opinion.

Dans la société indienne on distingue quatre castes ou varnas : les Brahmanes (prêtres, professeurs), les Kshatriyas (princes, soldats, administrateurs), les Vaishyas (marchands, paysans, artisans), les Shudras (serviteurs). Et enfin les gens qui sont hors du système des castes, les Dalits ou Intouchables. Ce système de caste l'Inde le tient évidemment de l'hindouisme, bien que dans les textes sacrés hindous il n'en soit fait mention qu'une seule fois, dans la Veda, et de manière floue, le texte ne précisant pas la hiérarchie des castes et encore moins comment chacun se définit de telle ou telle caste. Encore une interprétation des textes au profit du clergé, ne nous alarmons pas ce n'est pas la première fois. En tout cas le système a tellement bien marché qu'il existe aussi des castes plus petites, regroupant des profession ou des corps de métier, comme les coiffuers, ou des communautés, comme les travestis.
Et pour lutter contre la discrimination des castes le gouvernement indien a mis en place des quotas pour les admissions dans l'administration par exemple. Du coup on assiste à des manifestations, comme dans le Rajasthan la semaine dernière, meurtrière en l'occurrence, au motif qu'une caste demandait à être sous-considérée pour bénéficier de quotas plus avantageux. Nickel.

Une autre particularité non exclusive de l'hindouisme est le fait de croire en la réincarnation.
Ceci est à comparer avec le mythe chrétien du paradis, en tout cas du point de vue de l'impact sur la société et surtout sur les plus défavorisés. Au Moyen-Age les prêtres faisaient miroiter aux pauvres le paradis, "Porte ses pierres sur les échafaudages de Notre Dame", qu'ils disaient "Une fois au paradis Dieu te les rendra, tu pourras faire un beau château". Du coup une main d'oeuvre docile et pas chère. En Inde le scénario est analogue, les plus pauvres pensent qu'ils méritent leur vie, qu'ils auront mieux dans une vie future. Ca explique pourquoi des immeubles luxueux se construisent au milieu des bidonvilles de Bombay sans être saccagés.

La politique c'est adapter la société aux aspirations des hommes, la religion c'est adapter l'esprit des hommes aux besoins de la société.


Ensuite un mot sur le prosélytisme hindou. Inexistant.

Pour être plus précis, on ne trouve d'hindous qu'en Inde, il est d'ailleurs quasiment impossible de se convertir. Les hindous ne considèrent pas leur religion comme la seule vraie et bonne religion. Il considèrent que chrétiens, musulmans, bouddhistes, juifs et autres ont simplement une autre façon de vénérer Dieu. Du coup ils comprennent très bien que l'on ne croient pas en leurs dieux.
Ainsi l'Inde, tout en étant de religion hindou, est laïque : toutes les religions étant considérées comme égales.
Une forme de tolérance, me direz-vous ? Malheureusement, comme souvent en religion, il y a une bonne pensée mais le passage à l'acte est plus délicat. En atteste la tentative de discrédit portée aux bouddhistes en reconnaissant en Bouddha un avatar de Vishnu venu sur Terre dans le seul but de créer une mauvaise religion. Très bas de leur part.
En atteste surtout la mauvaise entente entre musulmans et hindous. A première vue on dirait que tout va bien même si les deux communautés ne se mélangent pas, mais à la moindre anicroche c'est le massacre (voir cet article).

Pour finir un mot sur le mode de vie hindou. L'entretien du corps et de l'esprit y est très important, notamment par la pratique assidue du yoga (et du cricket pour certain), qui allie gymnastique, régime et méditation. La non-violence est prônée et plutôt bien appliquée. Enfin le végétarisme est un idéal à atteindre et c'est surtout, pour les plus pauvres, un bon prétexte pour leur faire faire des économies, la viande étant une denrée très chère.

Une bien belle religion au demeurant, et en plus ils ont des dieux rigolos.

mercredi 4 juin 2008

Ramayana, Episode III (par Bertrand)

Nous avons le privilège de vous présenter le dernier épisode duRamayana. Cet épisode prend une tournure dramatique digne des tragédiesgrecques, les amateurs de happy ends sont donc priés de quitter la sallesans faire de bruit quand les choses vont se gâter, afin de ne pasgâcher le plaisir de ceux qui se délectent du malheur des autres.
Notre histoire commence alors que Rama affronte Ravana, le combat tourne à son désavantage.

"Ramasent que ses dernières forces le quittent et que le public pleure àchaudes larmes. Il se souvient alors qu'il est un dieu (ça peutservir), et il invoque Brahma qui lui donne un arc magique, leBrahmastra ©, qui est super puissant. Grâce à cet arc Rama peut tirerune flèche directement dans le ventre de Ravana, à l'endroit où il astocké le nectar qui le rend immortel. Ravana meurt sur le coup.
Tout le monde est super content car le guerre est finie, en plus Ramaressuscite tous les morts pour pouvoir faire la fête tous ensembles.
Sitaest aussi délivrée de sa prison, mais quand elle s'approche de Rama etveut lui sauter au cou, celui-ci la repousse. Lakshmana ne comprend paspourquoi et Sita non plus.
Prenant exemple sur une autre Sita, première femme de Shiva, elle meten place un bûcher pour se jeter dedans. Cet une femme très impulsive.Mais quand elle traverse les flammes, Agni le dieu du feu la protège etelle ressort indemne de l'autre côté. Celà prouve aux yeux de Rama queSita est restée pure et n'a pas été souillée par Ravana. Ca donne aussil'occasion d'assister à un tour de magie des plus grandioses.

Ainsi, Rama, Sita, Lakshmana et Hanuman peuvent retourner auroyaume d'Ayodhya. Le bon roi Dasaratha est tout bonnement décédé etBaratha, le frère de Rama, rend alors sa couronne à Rama, qui l'a quandmême bien mérité.
Rama et Sita règnent alors sur leur royaume.



(ENTRACTE) Ce qui suit peut révulser ceux qui ont pleuré quand la mère de Bambi a servi de repas au chasseur.

Maistout le monde sait que les histoires d'amour finissent mal, en général.Et effectivement, si Rama est convaincu que Sita lui est restée fidèle,les gens pensent autrement. Les plus folles rumeurs courent à son sujet.
"Ravana a abusé d'elle, elle ne sait pas se tenir, c'est une câtin, sielle a attendu que Rama lui-même vienne la délivrer au lieu de partiravec Hanuman c'était pour rester plus longtemps avec Ravana, de toutefaçon c'est une étrangère on ne peut lui faire confiance, on l'avaitdit depuis le début."
Rama sent sa côte de popularité baisser, et il préfère répudier safemme, quitte à épouser ensuite une chanteuse ou une top-model, que devoir ses sujets lui préférer Hanuman son général.
Sita part donc en exil dans la forêt où elle accouche de deux jumeauxavec l'aide d'un sage, ermite lui aussi. Ce sage raconte alors aux deuxenfants l'histoire de leur père, bien sûr en enjolivant tout ça.
Un jour les deux enfants devenus adolescents sont amenés devant la courde Rama et reconnaissent en lui leur père. Rama est très heureux derencontrer ses enfants et leur demande de leur amener leur mère.
Sita est alors introduite à la cour de Rama et pour prouver à tousqu'elle est restée fidèle à Rama elle demande à la déesse de la Terred'ouvrir une faille sous ses pied si elle dit vrai. Le temps qu'elles'aperçoive que son pari est stupide, la Terre s'ouvre et l'engloutitprouvant à tous que finalement elle avait raison.
Depuis Sita a été récompensée d'un Darwin Award (décernés aux morts lesplus bêtes de l'histoire et qui donnent ainsi tort à la théorie del'évolution naturelle des espèces de Darwin).
Rama finit ses jours seul dans son grand chateau, et j'ai envie de dire il l'a bien mérité avec
tout le sang qu'il a sur les mains." FIN DU RAMAYANA

J'espère que vous n'avez pas trop pleuré, tout ça n'est qu'un film en fin de compte.
Pour ceux qui s'attendaient à connaître enfin l'âge du capitaine, je leur répondrai : comme vous êtes naïfs.



EPILOGUE et MAKING OF :

Ce conte est censé encenser ce sentiment de loyauté que représente àmerveille Hanuman (essayez de dire cette phrase 10 fois à haute voix etvous aurez l'impression de sossoter).
Cette histoire a pour but de montrer aux enfants que c'est trop biend'être loyal, juste et bon. D'ailleurs les Indiens adorent Hanuman,c'est l'ami idéal, il est costaud et loyal.

Par contre cette histoire a favorisé pendant longtemps et encore un peude nos jours une pratique abjecte appelée la sita. Cela consiste pourune veuve à s'immoler dans le bûcher funéraire de son époux. C'est unpeu différent des raisons qui ont poussé les deux illustres Sita à sejeter dans les flammes, le point commun étant l'absurdité de l'acte.Comme quoi il ne faut pas faire tout ce qu'on raconte dans les livressacrés (tuer son fils en espérant sa résurrection aussi ça ne marchepas).

mercredi 28 mai 2008

Ramayana, Episode II (par Bertrand)

Aujourd'hui, le Palmier d'or du festival, la suite du Ramayana, rempli d'effets spéciaux à vous couper le souffle et l'herbe sous le pied. Sita vient de se faire enlever par le bandit de grand-chemin, démon à ses heures, Ravana. Rama et Lakshmana sont désemparés. Que va-t-il leur arriver (remarquez les phrases judicieusement sélectionnées dans le seul but d'accroître le suspense déjà à son comble) ?

"Ravana vient d'enlever Sita et alors que Rama est son frère sont désemparés ils se demandent qu'est-ce qui va leur arriver.
Ils croisent alors un sage qui leur explique qui est Ravana.
A l'origine le démon à fait une ascèse. Récompensé pour sa bravoure et son courage, Brahma lui octroya le pouvoir de ne pouvoir être tué ni par un dieu ni par un démon (Brahma doit avoir des droits à Bollywood car sans lui l'histoire aurait été faible). C'est pourquoi Vishnu a décidé d'apparaître sous la forme de Rama son avatar. Il explique aussi qu'un jour Lakshmana a coupé les oreilles d'une démone et que celle-ci était la soeur de Ravana qui a voulu se venger en enlevant Sita. Pour venir à bout de Ravana il leur conseille d'aller voir Sugriva le roi des singes.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils demandent audience à Sugriva. Celui-ci accepte de les aider s'ils le débarrassent de son frère qui a usurpé son trône. Rama et Lakshmana se débarrasse du frère qui était cruel au passage, ce qui rend leur acte louable. Sugriva offre alors ses services à Rama en la personne d'Hanuman, son général en chef. Hanuman ne vient pas de la même planète que Chewbacca, malgré les apparences, c'est un acteur de la Planète des singes qui s'est reconverti.



Toujours est-il qu'Hanuman est un grand fan de Rama et il se propose pour partir à la recherche de Sita.
Après un mois de recherche, Hanuman découvre que Ravana se cache dans son royaume qui se trouve sur l'île de Ceylan (Sri Lanka). Merci aux pagesjaunes.fr très utile pour trouver les boulangeries, coiffeurs et autres démons dans sa région.

Cependant il lui faut franchir le détroit de Palk pour retrouver Sita (vous pouvez regarder sur une carte c'est trop long pour faire un pont). Comme ouvrir la mer aurait coûté trop cher en copyright, Hanuman préfère se transformer en géant et sauter par dessus l'eau, un solution élégante. Hanuman arrive alors devant la porte du château. Mais le gardien n'est pas aimable c'est là son moindre défaut. Hanuman est obligé de l'occire.
Il découvre bientôt où est maintenue Sita et lui montre une bague que lui a donnée Rama pour s'identifier auprès d'elle. Après 10mn de marchandage il réussi à l'échanger contre un collier de Sita. Comme l'histoire à aussi une teneur dramatique, Sita refuse l'aide d'Hanuman, elle préfère que Rama vienne la libérer avec toute son armée. Les femmes sont toujours impressionnées par de telles démonstrations de force.

Hanuman retourne donc bredouille auprès de Rama. Ils préparent une armée de singes pour venir à bout des démons et de leur armée d'orcs (oui les figurants n'avaient pas eu le temps de se changer entre les deux tournages).
L'armée arrive devant le détroit de Palk. Pour montrer à Hanuman qui est le plus fort, Rama crée alors un pont magique entre les deux rives (ça vous épate, qui a dit qu'on ne pouvait pas construire un pont, hein qui ?).
S'ensuit un combat dantesque qui se déroule en trois temps : Au début les singes sont les plus forts, puis Ravana envoie son frère Indrajit qui est invisible et qui tue nombre de gentils, jusqu'à ce que Lakshmana en vienne à bout. Dans le feu de l'action Lakshmana est blessé, il va mourir s'il ne prend pas une herbe médicinale qu'on ne trouve que sur le Mont Kailash. Hanuman se rend donc là-bas, il cherche l'herbe et comme il ne la trouve pas, il demande au producteur s'il reste de l'argent pour un dernier effet spécial, celui-ci d'acquiescer et Hanuman de soulever la montagne en entier pour l'amener à Lakshmana.



Juste à temps pour sauver Lakshmana et rassurer Rama qui était devenu bleu de peur.
Il ne reste plus alors que Ravana à tuer mais Rama ne peut-en venir à bout. Celui-ci est bien trop fort et au bout de deux jour de close combat, Rama sent ses forces le quitter." FIN DE L'EPISODE II (mais quel suspense me direz-vous)

Comment Rama viendra-t-il à bout de Ravana ? Pourra-t-il sauver Sita ? Hanuman est-il l'élu qui contrôle la matrice ? Le producteur aura-t-il assez d'argent pour financer la fin du film ?

Toutes ces questions trouveront une réponse dans la suite, 'Ramayana Episode III', mais vous apprendrez aussi qui a volé l'orange du marchand, comment on fait des bébés et surtout l'âge du capitaine. Restez à l'écoute.

vendredi 23 mai 2008

Ramayana, Episode I (par Bertrand)

Nous avons le plaisir de vous présenter aujourd'hui 'Ramayana' , une superproduction en sélection au festival de Canne à Sucre, dans la catégorie Epique.
Cette production bollywoodienne riche en rebondissements et en émotions fortes vous dépeindra la vie et l'épopéede Rama, 7e avatar de Vishnu.
Place au spectacle :


"Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine....
Le roi indien de la province d'Ayodhya était très malheureux, parce qu'il n'aimait pas le chou. L'aversion de ce bon roi (car il était bon) pour le chou lui venait d'un conseil de son grand vizir qui lui avait dit que les enfants naissaient dans les choux, et comme le roi, que nous appellerons roi Dasaratha pour rester fidèle à l'histoire, n'avait pas d'enfants, il avait décidé de ne plus manger de chou, ce qui le privait du même fait des délicieuses choucroutes aux saucisses d'éléphant.
Ce bon roi (car il était très bon) avait pourtant trois femmes mais aucune ne lui avait donné de progéniture. Alors que le roi s'apprêtait à aller chercher une autre épouse plus féconde, un sage, qui n'avait pas de sage que le nom, émit l'hypothèse que peut-être c'était un peu de la faute du roi. Le roi Dasaratha, piqué au vif car sa moustache n'était d'aucune utilité (voir post sur les moustachus), décida d'en parler aux dieux. Ceux-ci, dans leur grande bonté (car ils étaient tout aussi bons que le roi), lui donnèrent un fruit qu'il devrait donner à ses trois femmes. Le soir même les épouses se préparèrent un bon cassoulet aux noix de cajou et au curry pour accompagner le fruit. Ce fruit était vraisemblablement soit un OGM, soit mal lavé, car les trois femmes tombèrent enceintes aussitôt.
Ainsi naquit le petit Rama, aîné de la fratrie, ainsi que ses frères, Lakshmana, Shatrugna et Bharat. Le roi était très content et nomma Ramacomme son héritier.

Rama et son frère Lakshmana aimaient bien se balader, dormir sous les ponts, parcourir le monde et ainsi un jour ils arrivèrent dans un royaume où se tenait un concours. Ce n'était pas un vulgaire (quoiqu'appréciable) concours de pesée de jambon, non, le lot à gagner était la main de la fille du roi local, et comme les Indiens ne sont pas des bouchers ils donnaient la fille en cadeau en même temps que sa main. La donzelle reviendrait à celui qui pourrait bander (...) l'arc de Shiva.
Mais personne n'avait réussi, pas même le roi Arthur qui n'était pourtant pas un gringalet. Alors Rama pris l'arc, et le tendit si fort qu'il le brisa. Il gagna alors le concours et le coeur de la princesse Sita.
Après le mariage, célébré dans la plus stricte intimité car la presse suivait le mariage de Carla Bruni pendant ce temps là, Rama emmena sa jeune compagne chez lui, au royaume d'Ayodhya. En chemin leur diligence est attaqué par Parashuram, qui n'est autre que le 6e avatar de Vishnu, celui-la même qui a exterminé 21 générations de princes. Il en veut à Rama d'avoir cassé l'arc de Shiva car il coûtait la peau des fesses et propose à Rama un duel : celui qui tire le plus loin une flèche avec un autre arc magique, l'arc de Vishnu, sera désigné comme le plus fort entre l'éléphant et l'hippopotame. Dans sa grande indulgence (car il nemanque pas d'indulgence), Parashuram offre à Rama le droit de tirer en premier. Rama prend l'arc avec une flèche et le pointe vers le coeur de Parashuram. Sous la contrainte celui-ci reconnaît alors que Rama est son successeur (et donc le 7e avatar de Vishnu) et il se rend compte aussi que Sita est l'avatar de Lakshmi, la femme de Vishnu, et que Lakshmana est l'avatar d'Ananta, le serpent de compagnie de Vishnu (toute la famille est réunie). Rama tire alors sa flèche en l'air, on raconte qu'elle n'est pas retombée depuis (mais je me permets d'en douter).

De retour auprès du bon roi Dasaratha (car il est toujours aussi bon), Rama apprend qu'il doit être couronné bon roi et qu'il y a un grand festin en son honneur avec de l'orang-outan farci au riz et au gingembre et des côtelettes de tigre du Bengale à la noix de coco.
Mais un complot de l'axe du Mal va bientôt mettre un terme à ce bonheur fragile. En effet, la mère de Bharat veut mettre son fils sur le trône à la place de Rama car sa servante, qui est un suppôt de satan, l'a hypnotisée, ceci par pure méchanceté (et pour les besoins du film). Or cette reine a le droit de formuler deux voeux auprès de son bon époux (qu'est-ce qu'il est bon) car elle lui a jadis sauvé la vie. Ses voeux sont que Bharat soit roi et que Rama soit expulsé 14 années du royaume, sans passeport ni titre de séjour.
Le bon roi (quelle bonté irradiante) est désemparé car il aime beaucoup Rama mais ne peut trahir sa parole. Rama voyant le dilemme de son père choisit alors lui-même l'exil et cède le trône à son frère, dans sa grande bonté (et car il est très con).

Ainsi Rama est exilé, avec sa femme Sita et son frère Lakshmana qui l'accompagnent.
Un jour que Sita cueillait des fraises des bois pour faire un ragoût d'écureuil aux épices, un vieil ermite l'aborde. Ne se méfiant pas une seconde, elle est capturée par l'ermite qui était en fait un démon à dix têtes du nom de Ravana. Celui-ci l'enlève, laissant Rama et Lakshmana abasourdis." FIN DE L'EPISODE I (alors que le suspense est devenu insoutenable)



Qui est ce Ravana qui enlève impunément les princesses indiennes ? Rama est-il vraiment l'avatar de Vishnu ? Quand est-ce que Lakshmana va mourir, car il est l'ami du héros et son seul but est donc de mourir ? Pourquoi les méchants embêtent tout le temps les gentils ? Mais que fait la police ?

Tout ça vous le saurez dans 'Ramayana, Episode II', bientôt sur vos écrans.

mardi 13 mai 2008

Parfaire son Hindouisme (par Bertrand)

La saga du Trimurti touche bientôt à sa fin, il est temps d'introduire le dernier bougre, mais non des moindres, Vishnu. Vishnu est, s'il faut en choisir un, le dieu principal de l'hindouisme, 80% des hindous lui font confiance, ce qui donne pas moins de 700 millions de Vishnouistes. Vishnu arrive donc troisième derrière Mahomet et Jésus à la course aux fidèles, ce qui est bien mais pas top.



Ce qui fait sa réputation c'est avant tout son titre et rôle de Protecteur, bien plus rémunératrice que Brahma le Créateur ou Shiva le Destructeur. Mais ce sont surtout ses aventures épiques qui sont impressionnantes. C'est bien simple, tout le monde connaît l'Illiade et l'Odyssée qui ont bercé notre enfance, avec ses héros légendaires, le roi Ménélas qui va chercher sa femme avec tous ses potes, Paris le playboy, Achille et son talon, Ulysse et ses 31 bateaux. Bon eh bien Vishnu c'est tous ces braves gars en même temps.
Alors là me direz vous c'est impossible, d'après le principe d'incertitude d'Heisenberg, un type ne peut pas être à la fois le héros d'une histoire et le méchant ou le personnage secondaire de cette même histoire.
Oui mais Vishnu a une technique secrète, il a des avatars. Un avatar n'est rien d'autre qu'une incarnation du dieu sur terre.

En tout on compte 10 avatars de Vishnu :
  1. Matsya, le poisson : c'est un poisson qui a aidé le Noé indien à pousser son arche.
  2. Kurma, la tortue : une sympathique tortue qui tenait la montagne quand les dieux ont baratté l'océan de lait.
  3. Varaha, le sanglier : qui s'est battu contre un démon très très méchant.
  4. Narasimha, l'homme-lion : lui c'est une expérience de laboratoire. Cet innocent de Brahma avait promis à un asura (démon) qui savait bien méditer qu'il ne pourrait être tué ni par un homme, ni par un dieu, ni par un animal, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur, ni au sol, ni en l'air. Laissant de côté son rubik's cube, Vishnu s'est incarné en mi-homme, mi-lion, il a mis l'asura à genou au pas d'une porte et l'a décapité. Enigme résolue.
  5. Vamana, le nain : lui c'était un petit malin, il y avait un démon qui régnait sur les trois mondes, ciel, terre et enfer (merci Brahma), le nain est allé le voir et lui à proposé de partager le monde en deux. Une première partie grande comme trois pas de nains sera aux dieux et le reste au démon. Le démon d'accepter le pacte de Passe-partout. Celui-ci se transforme en géant et parcourt le monde en trois pas. Morale : ne jamais se fier à plus petit que soit, les pygmées sont des voleurs.
  6. Parashuram : il a tué 21 générations de la caste des kshatriya (princes) parce qu'ils ne voulaient pas donner des sous-sous aux brahmanes (prêtres). Succombant au lobby féroce des prêtres, Vishnu s'est incarné, d'où le massacre.
  7. Rama : dont je vous parlerai plus tard.
  8. Krishna : dont je vous parlerai plus tard.
  9. Siddhartha Gautama surnommé amicalement Bouddha : Alors là je trouve ça de très mauvais goût, Vishnu s'est incarné en Bouddha pour attirer les mécréants vers une mauvaise religion, en l'occurence le bouddhisme. C'est d'une bassesse.
  10. Kalki : lui il est pas encore arrivé et heureusement, parce que c'est un chevalier de l'apocalypse, censé nous protéger à la fin des temps.
On peut dire que Vishnu est un travesti (d'ailleurs les hindous le représentent parfois en femme, on se refait pas). Ainsi déguisé il peut se promener sans risque d'être reconnu par les paparazzi. Ci après, les dix avatars de Vishnu ainsi que ses avatars msn et facebook (ce qui amène le nombre de têtes à 12 et de doigts à 120, ce qui est un record du monde) :



Un dernier mot sur la famille de Vishnu, il est le mari fidèle de Lakshmi, déesse de la prospérité qui se promène sur un lotus et qui a de l'argent qui coule d'une main (c'est un peu pénible pour se laver les dents mais sinon ça va). Il n'a pas d'enfant.
Enfin Vishnu se promène sur son aigle Garuda; il est aussi auréolé et protégé par le serpent Ananta à plusieurs têtes qui, lui aussi, a des avatars et aide Vishnu.
Pour finir une pub de l'entreprise Sanatansociety pour les huiles de massage.


jeudi 8 mai 2008

Récréation Hindouiste (par Bertrand)

Vous l'attendiez tous, il est temps de vous présenter Ganesh :



J'en entends déjà qui rigolent au fond, qui se moquent. Oui Ganesh n'est pas un Apollon, mais cela ne l'empêche pas d'être le dieu préféré des Hindous (d'après un sondage IFOP). Et pour cause, avec sa bouille d'éléphant, Ganesh est le dieu de la chance, de la connaissance et c'est le protecteur des logis. On aperçoit souvent dans les voitures et autos en Inde un Ganesh qui fait office de sapin parfumé.

Mais d'abord faisons taire les mauvais plaisantains, Ganesh n'est pas un éléphant, c'est un homme à tête d'éléphant. Enfin c'est ce qu'ont affirmé ses parents quand ils ont été accusés de maltraitance d'enfant et interrogés par la police. Voila le compte rendu (CR) du procès-verbal (PV) faisant acte (FA ... ah non...) :
"Je me trouve en présence de Mr Shiva et de Mme Parvati, accusés de maltraitance en la personne de leur fils Ganesh, et les confrontant à la réalité, leur demande de s'expliquer sur leurs agissements. La gardée à vue Parvati me raconte sa version des faits : un jour que son mari Shiva était absent du logis, elle prenait un bain et il lui vint l'idée de faire un bébé en la personne de Ganesh. Elle affirme alors que le bébé était normal à sa naissance, de type nord-africain (NA) précise-t-elle pour les besoins de l'enquête. Je l'interroge sur la possiblité d'une telle naissance spontanée, et celle-ci me confirme que le facteur n'est en rien mêlé à l'histoire. Elle poursuit et concède alors avoir été irresponsable et d'avoir confié à son jeune fils (alors agé de 10 min je vous le rappelle) la garde de la salle de bain. Celui-ci avait pour consigne stricte de sa part de ne laisser personne franchir le seuil de la porte. Le dénommé Shiva, se présentant à moi comme le père de l'enfant, n'étant pourtant pas d'obédience postale, raconte alors comment il est revenu de voyage et a trouvé cet enfant qu'il ne connaissait pas et qui lui interdisait de voir la suspecte Parvati. Pris d'un soudain accès de colère, dont les tests d'alcoolémie et d'urine subséquents à la prise de produits stupéfiants permettront de déterminer l'origine, celui-ci aurait alors tranché la tête du nourrisson. Il a alors remplacé la tête coupée par celle d'un éléphant endormi non loin, non pas pour camoufler son crime comme affirment les voisins, mais pour répondre à la tristesse de sa femme. Ce procès verbal est adjoint d'une demande de prolongation de garde à vue, assortie d'une privation de
dessert s'ils font trop de bruit."

On voit vraiment de tout ces temps-ci.
Mais le petit Ganesh s'est bien remis de ses émotions et a tourné cette histoire en avantage : on en vient même à vénérer son physique. Ses grandes oreilles sont preuve de compréhension du monde et d'ouverture d'esprit; sa défense droite brisée (et qu'il tient dans la main gauche du haut) est le signe du sacrifice; son embonpoint et l'assiette de loukoums qu'il tient dans sa main sont les symboles de la connaissance que Ganesh a avalé; enfin sa trompe dans laquelle il tient une cloche symbolise son rôle de gardien (et donc de sonnette).
De plus Ganesh à capturé et domestiqué un rat qui lui sert maintenant de monture, clouant le bec aux farceurs qui affirment que les éléphants ont peur des souris.

Vraiment Ganesh est un bon dieu et on comprend mieux pourquoi les hindous l'adorent. Et d'ailleurs c'est peut-être par jalousie que les dessinateurs occidentaux ont imaginés Babar le roi des éléphants, Babar un odieux plagiat. Certains ont eu des expériences plus malheureuses en voulant se déguisé en Ganesh, comme le héros d'Elephant man qui n'a jamais réussi à enlever son masque.

Pour finir en beauté, une photo de la statue géante de Ganesh (6m de haut environ) à Hampi, preuve de l'adoration sans borne (et hautement justifiée) des hindous pour ce dieu :

mercredi 30 avril 2008

Approfondissements d'hindouisme (par Bertrand)

On continue la saga de l'été avec le deuxième larron du trimurti, etnon des moindres, j'ai l'honneur et le privilège de vous présenter ...Shiva.



Contrairement à son comparse Brahma qui ne remporte pas un franc succès dans le coeur des hindous, Shiva est considéré comme un dieu majeur, à tel point qu'on peut considérer deux courants dans l'hindouisme : les shivaïstes et les vishnuïstes (le troisième dieu).

Il paraît donc naturel de connaître la vie et l'oeuvre de Shiva. Ainsi Brahma est le Créateur et Shiva est le dieu de la Destruction. C'est lui qui est chargé de détruire le monde quand Brahma partira vers d'autres horizons (comme c'est beau).Accessoirement il s'occupe de tuer les démons, son troisième oeil au milieu du front est d'ailleurs manufacturé à cet effet : quand il l'ouvre il détruit le mal, à part si on n'a rien à se reprocher il ne vaut mieux pas le regarder dans les yeux... Seulement voilà Shiva est un pacifiste, si bien que son passe-temps favori est l'ascèse (et oui encore, il faut croire que les dieux n'aiment pas la nourriture indienne). A défaut de le maintenir en forme ça lui a permis de rencontrer sa femme (il faudra que j'essaie, j'ai déjà arrêté le sport mais ça suffit pas...).

Enfin quand je dis sa femme c'est sa première femme, Sati. Celle-ci avait été prévenue dans sa tendre enfance par Brahma qu'elle devrait épouser Shiva, dans la plus pure tradition des mariages arrangés. Comme Sati est une indienne modèle elle ne pense alors plus qu'à épouser Shiva. Cependant celui-ci s'adonne à sa passion de la méditation dans la montagne et il ne veux être dérangé sous aucun prétexte, même pas une demande en mariage. Pour montrer à Shiva qu'elle aussi elle en a, Sati décide de méditer aussi. Durant son ascèse elle est dérangé par un loubard du coin qu'elle repousse, mais le loubard n'était autre que Shiva qui voulait tester sa future femme et qui s'était déguisé en conséquence (on peut noter au passage l'esprit farceur de Shiva). Et voilà donc Shiva et Sita mari et femmes.
Mais le bonheur est de courte durée (quel suspense !), car le père de Sati n'aime pas Shiva et un jour il ridiculise Shiva en public (d'après certaines rumeurs il aurait appelé Shiva, celui-ci de se retourner puis le beau-père lui aurait lancé un "Non rien" insidieux). Sita honteuse pour son père se jette dans les flammes d'un bûcher allumé à l'occasion d'un barbecue.
Bien sûr Shiva est fou de rage, il casse tout dans la ville et décapite le père. Une fois qu'il s'est calmé il reconstruit tout et réssuscite le père avec une tête de bouc à la place de sa tête coupée. En effet Shiva est quand même bon et miséricordieux, c'est pour ça que les hindous l'adorent.

Shiva décide alors qu'il ne va plus se marier. C'est l'occasion qu'attendait le démon Taraka pour se proclamer immortel, car selon la légende il ne peut être tué que par un fils de Shiva.
Les dieux décident d'agir, ils appellent l'agence matrimoniale tenu à l'époque par le Cupidon local, l'agence est d'ailleurs très fière de son taux de réussite de 100%. Ils demandent à Cupidon de tirer une flèche sur Shiva pour qu'il tombe amoureux de Parvati (la réincarnation de sa femme Sita...). Ainsi naquit Skanda (ce qui veux dire 'jet de sperme' en sanskrit, 'jet de sperme', quel drôle de nom pourquoi pas libellule ou papillon, car selon la légende Shiva l'a conçu seul). Skanda n'est autre que le dieu de la guerre, il ne fait donc qu'une bouchée du démon qui se croyait malin. Ci-après une photo volée de Skanda avec son animal, le paon.



Shiva et Parvati vécurent alors heureux, mais n'eurent qu'un seul autre enfant, Ganesha, dont je vous raconterai l'histoire plus tard. Faites de beaux rêves.

samedi 26 avril 2008

Petite expérimentation des originalités hindoues (par Thierry)

Ca s'est passé dans l'atelier de ma nouvelle amie la technicienne en électronique, chez qui je suis encore allé souder mardi matin. Jusque là, rien d'anormal, si ce n'est qu'elle a failli mourir la dernière fois qu'elle est allée en Europe, puisqu'elle est pure veg (elle ne mange pas d'oeufs ou de poisson). L'accès à son atelier étant contrôlé par empreinte digitale, allant chercher une boîte dans mon labo, je laisse imprudemment un livre par terre pour bloquer la porte et lui éviter d'avoir à se lever pour me rouvrir. Vous imaginez la scène, et n'y voyez rien de choquant. Quelle erreur ! Elle m'explique gentiment quand je reviens que chez eux, les livres sont sacrés, et qu'ils ne peuvent pas toucher ni terre ni jambes. Qu'ils ont une déesse des livres qu'ils honorent et tout et tout. Passés l'étonnement et les demandes d'excuses, ma première remarque est que vaut tout de même mieux avoir un dieu des livres qu'un dieu de la télé.

Du coup, je regarde un peu plus sur wikipédia et m'aperçois que cette divinité n'est autre que la fameuse Nadège Saraswati, la femme de Brahma selon l'excellent article de Bertrand. Armé d'une nouvelle ferveur pour l'hindouïsme, je lis l'article et me rends compte qu'elle est alternativement considérée comme la femme et la fille du décidément très incestueux Brahma. Selon ceux qui penchent pour des liens matrimoniaux, c'est Vishnu qui avait trois femmes qui n'arrêtaient pas de se disputer, dont elle, et il a filé deux de ses femmes à Bramha et Shiva.

Puisque son lustre est tel l'éclat de la lune dans un ciel d'automne (so romantic), et comme en plus elle a participé à la raclée infligée à Vritraasura, un méchant serpent qui souillait toutes les eaux de la Terre, les Hindous la vénèrent (admirent, pas énervent, hein Pélo ?). Et ils ont fait d'elles rien de moins que la déesse de la conscience, du savoir cosmique, de la créativité, de l'éducation, de l'ensoleillement, de la musique, des arts et de la puissance.

Elle a donc des festivals rien que pour elle, qui ont l'air d'être d'enfer.

Voilà, je saurai maintenant qu'il faut bien traiter les livres, mais bon, je risque de me faire surprendre à manquer de respect aux tabourets, à la cire d'oreille ou que sais-je encore. Vivement que Bertrand finisse sa petite série sur les notions de base d'hindouisme.

mercredi 23 avril 2008

Compléments d'Hindouisme (par Bertrand)

Résumé de l'épisode précédent : Les dieux (devas) sont devenus immortels grâce à l'aide inopinée des dieux du trimurti. Lors du banquet organisé pour fêter la victoire, un journaliste va interroger les membres du trimurti pour essayer de mieux les connaître (au mieux réussir à obtenir une réduction sur les miracles). Voilà son interview de Brahma publiée dans les Echos du Paradis :

John Journaliste : "Salut la Brahme ça farte ? Dis-moi ça te dirait de répondre à un petit questionnaire de sondage, c'est pour la télé. Tiens d'abord prend la pose avec tes amis, j'enverrai la photo à ta mère.

(Suit la photo choc du trimurti où on reconnait dans l'ordre Brahma aux quatre têtes, Vishnu avec les serpents et Shiva avec un troisième oeil sur le front)

Trimurti

J.J. : Merci les gars à toute. Bon Brahma revenons à nos moutons, est-ce que tu peux nous dire d'où tu viens, qu'est-ce que tu fait dans la vie, si t'es marié, pacsé peut-être, et surtout pourquoi t'as quatre têtes, t'as fait un voyage à Tchernobyl ou tes parents ont voulu te noyer dans le Gange ?

Brahma : Bon je vais commencer par le début. Je sais pas si tu te souviens le début du monde, à mais non t'étais pas né. Bon ben au début il y avait Shiva qui avait trouvé une joli barque pas chère, il a emmené sa copine pour faire un tour dessus avec lui et à un moment il passe à coté d'un lotus, qui s'ouvre et moi j'étais à l'intérieur, je précise que j'étais tout habillé. Je vous conseille le lotus c'est mieux que les choux, d'autant plus que depuis le lotus est resté accroché à mes pieds, alors t'imagines avec un chou, j'oserais plus me montrer en société.

J.J. : Trop classe et du coup tes pieds sentent pas la rose mais c'est tout comme. Et sinon tu fais quoi de tes journées ?

B : Eh bien avec Vishnu et Shiva on s'est partagé les tâches quand on a vu tout le boulot qu'il y avait à faire. Personnelement je suis le Créateur, j'ai créé le monde quand je suis né et quand je mourrai il disparaîtra. Sinon je fais pas grand chose, et comme je m'embêtais j'ai mis en place un petit jeu, tu l'as peut-être vu j'ai fait une annonce c'est paru dans les journaux, radio et télé, j'ai les moyens. Ca consiste à exaucer le voeu de tous ceux qui font une acsèse, un jeûne en fait où tu reste assis en position du lotus. Ca a eu beaucoup de succès, même si des fois les autres dieux m'ont pris en partie pour responsable quand j'ai donné l'immortalité à un démon notamment. On a quand même bien rigolé.

J.J. : OK, je te toucherai deux mots hors interview. Et sinon la petite famille ?

B : Je suis marié avec Saraswati, la déesse du savoir, des arts et de la musique, elle vient juste de sortir un album d'ailleurs, 'Cythare accoustique', c'est d'enfer. Mais c'est un amour platonique, on n'a pas d'enfants, c'est surtout pour les impôts qu'on a fait ça et puis c'était pour remercier Saraswati de m'avoir remis sur le droit chemin.

J.J. : Sur le droit chemin ? Tu buvais, tu te droguais, tu te piquais ? Non je sais tu regardais le cricket à la télé. Mon pauvre ami ça a dû être affreux...

B : Pas du tout, je suis propre sur moi, je ne suis que le Tournoi des 6 Nations et en plus j'aime pas les Anglais. Non vraiment c'est pas le problème. En fait un jour j'ai eu un gosse, une fille, Shatarupa je l'ai appelée. Elle était trop belle et super sexy en plus. Alors pour ne jamais la perdre de vue j'ai eu l'idée de me faire pousser cinq têtes pour la voir dans toutes les directions. Ensuite je sais pas pourquoi les autres dieux ont dit que c'était malsain, qu'un père avec sa fille c'est interdit et tout et tout. Alors Saraswati m'a dit qu'elle m'épousait pour étouffer l'affaire et Shiva m'a tranché une tête pour faire le malin. N'empêche que si je la recroise cette petite...

J.J. : Eh ben c'est du joli papy, on drague les minettes. J'comprends mieux pourquoi personne ou presque te voue de culte parmi les Hindous, petit voyou. Bon et pour finir t'as quel âge au fait ?

B : Oh je suis encore jeune, de toute façon je vis 100 ans. Mais c'est des années spéciales, d'ailleurs il n'y a que moi qui les utilise, 100 ans de Brahma ça fait 311 mille milliards d'années traditionnelles. Et après c'est la fin du monde. Je te propose un petit peu de nectar ?

J.J. : Non merci je bois pas, je conduis. Je prends une dernière photo avec toi pour le souvenir, t'étais trop de la balle comme gars. Je te kiffe grave."

Brahma

samedi 19 avril 2008

Quelques notions d'hindouisme (par Bertrand)

Après la visite du premier temple où on a rien compris, j'ai fait quelques recherches, sur wikipedia notamment, sur l'Hindouisme. Voila ce que ça donne.

Tout d'abord les Hindous partagent les êtres "vivants" en 5 catégories : les devas (dieux), les asuras (démons), les hommes (séparés eux-mêmes en castes mais on verra plus tard), les animaux et les végétaux. Tous ces gars là ont en commun d'être soumis au lois de la réincarnation. Même les dieux, me direz-vous ? Eh bien oui, sauf que les dieux sont immortels, les petits malins...

D'ailleurs je vais vous raconter comment ils en sont venus à être immortel : (attention ce qui suit est réalisé avec trucage, ne pas reproduire chez soi)

A l'origine tout le monde était mortel, un jour les dieux et les démons ont commencé à se battre pour être les maîtres du monde, un souhait bien légitime. Alors là attention au script digne de film hollywoodien : les dieux se font découper, alors ils demandent de l'aide au trimurti (dieux suprêmes, au nombre de trois : Brahma, Vishnu, Shiva), Brahma (considéré comme el papa du trimurti) demande alors aux devas et asuras de s'unir pour aller chercher la nectar qui rend immortel. Les démons acceptent naïvement.

Pour obtenir la substantifique moëlle, ils doivent (selon la traduction française) "baratter l'océan de lait", pour ce faire ils renversent une montagne sur une mer en lait, ils enroulent un serpent autour de la montagne et ils tirent à tour de rôle les deux bouts du serpent, style force basque. Ca fait une sorte de toupie qui baratte (voilà ce qu'on apprend aux petits indiens, comment se faire une baratte en plein désert). Bon ensuite il y a tout plein de trucs magiques qui sortent sous forme de petits pots de beurre et le dernier est un bonhomme qui tient une coupe du nectar magique dans ses mains. Les démons qui sont vraiment très très méchants (quoiqu'un peu ***) veulent prendre la coupe pour eux. Ni une ni deux, Vishnu se transforme en femme magnifique, les démons ne la lâchent pas des yeux et Vishnu en profite pour leur subtiliser la coupe et l'offrir aux dieux. Ceux-ci envoient alors les démons en enfer.

Barattage de l'océan de lait dieux

Pour l'anecdote, de la mer de lait est sorti un puissant poison, Shiva qui est über-balaise le boit cul-sec (sans vomir ni même roter), SAUF trois gouttes qui tombent sur terre et que boivent alors serpents, scorpions et autres bestioles à venin.

Ca c'est rigolo, mais le problème c'est qu'il y a aussi des gouttes de nectar d'immortalité qui sont tombés sur terre, dans quatre fleuves dont le Gange d'après ce qu'on raconte. Du coup des millions d'innocents se baigne dedans croyant qu'une goutte, dilluée au moins à un pour dix millions de milliards, est plus forte que les millions de bactéries du fleuve. Les chiffres leur donnent tord : nombre de maladies attrapées dans le Gange, plusieurs milllions par an; nombre d'indien immortel, zéro par an.

Et voilà pour la petite histoire. Bientôt la saga du trimurti.