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vendredi 23 janvier 2009

Et Obama devient le 44e président de la world company

D'avis d'experts ou d'autres c'était un moment historique. Ca y est Obama a remplacé G. W Bush lors d'une cérémonie retransmise dans le monde entier.

Sur le blog Transnets, Francis Pisani présente de nombreux sites qui ont couvert l'évènement, notamment l'idée de CNN de recréer en 3D le discours d'investiture grâce aux photos des gens sur place. Ca rend plutôt bien, même s'il est difficile de se déplacer (c'est quand même fait sur un logiciel de Microsoft, tant que ça ne fait pas planter Firefox on ne va pas râler).

On attend les commentaires de notre reporteur sur place, qui n'a sûrement pas fait de requête Google pendant le discours...

jeudi 27 novembre 2008

La France (et l'Europe) dans la politique US

C'est remoi après une période d'hibernation due au fait que j'oublie régulièrement que des histoires sur la campagne américaine trois mois après, personne n'en aura plus rien à f*****.



Bon, on est déjà presque un mois après ladite élection et donc je sens l'intérêt de ma chronique baisser comme la bourse ces temps-ci, il faut que je me bouge. Justement, pour relancer l'intérêt du public, voici un sujet qui nous concerne tous, pour essayer de comprendre un peu mieux de comprendre les attaques des républicains, que l'on juge assez gratuites la plupart du temps, contre les Européens en général et surtout, surtout, la France en particulier.



Parce que bon, si on pouvait à la rigueur comprendre que les bushistes ne nous aiment pas après l'épisode irakien en 2003, les attaques comme celles de Mitt Romney, ex-favori à l'investiture républicaine, peuvent laisser pantois. Car oui, en jetant l'éponge ce monsieur a expliqué dans son discours qu'il se battait pour que les Etats-Unis (je cite presque): "ne deviennent pas un pays en déclin, comme typiquement la France".



Mais rassurons-nous, si les Français ont une place de choix lorsqu'il s'agit de balancer sur un allié traditionnel, le reste de l'Europe n'est pas épargné. En fait, les néoconservateurs ne sentent pas beaucoup d'affinités idéologiques avec les Européens, volontiers accusés d'être ces idéalistes superficiels, toujours vivants seulement parce que les Etats-Unis les protègent depuis la fin de la Deuxième Guerre. Ce sont aussi des pays socialistes où la liberté (entendre: économique) n'existe pas. C'est ainsi qu'on pouvait voir pendant la campagne des chroniqueurs accusant Obama de vouloir transformer son pays en un endroit où les gens ne sont pas la libres comme le Danemark.



Et les mêmes de dénoncer, surtout, l'européanisation des parties "libérales" du pays: la côte Ouest et le Nord-Est. Il est vrai que ces deux parties là du pays ont désormais en commun avec les Européens d'être massivement pro-démocrates. Et c'est là que l'on comprend pourquoi les attaques contre les Européens sont avant tout à visées internes au pays, pour rassembler le bon peuple contre ses élites des côtes. Evidemment, il ne faudra pas s'étonner après ce genre de stigmatisation que McCain n'enlève que 4 comtés sur 3000 km de côte Ouest, et seulement 1 comté (rural) dans toute la Nouvelle-Angleterre (6 Etats au N-E de celui de New York, 34 grands électeurs tout de même).



Quand à tout ce qui est français ou francophiles, plus que l'apanage des libéraux, c'est celui des élites libérales honnies. Car oui, aux Etats-Unis tout ce qui est français est classe, fait chic. Et si personnellement je ne m'étais jamais trouvé particulièrement classe en parlant français, ce n'est pas l'avis des Américaines en général (pour une description plus détaillée sur ce point, lire absolument Manucures and me, Tome IV :American Beauties, d'Aurélien R.). Et donc, si vous voulez rassembler le populo de droite et taper sur ces élites hautaines et manucurées, tapez sur les Français ou la culture française, tout le monde fera le rapprochement.



Il y en a un qui se rappelle que les gens font le lien, d'ailleurs: c'est ce bon John Kerry. Les Républicains l'avaient attaqué sur sa francophilie et ç'avait bien véhiculé une image élitiste et patricienne du candidat Démocrate, issu qui de plus est de cette bonne Nouvelle-Angleterre. Une image dont il n'a pas su se défaire.



Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, mais restez connectés, car je vais écrire trois autres articles dans les prochains jours avant de conclure la série. Vous apprendrez des choses sur le vieux Sud, sur les jardins des candidats, sur le progressisme version Obama, et si vous êtes gentils nous vous révelerons peut-être le nom du père de l'enfant de R*ch*d* D*t* (oh non, pas ça)...




PS Deux liens tant que j'y suis. Sur l'équation français=démocrate élitiste, voici la réaction d'un blogueur à la banderole du Petit journal de Canal + "Cassoulet forever" déployée le 4 novembre devant le siège de NBC. Vous y découvrirez que le cassoulet, ben c'est une marque d'élitisme:


http://dallasmorningviewsblog.dallasnews.com/archives/2008/11/you-say-bean-st.html


et l'histoire de la banderole ici:



http://www.lepost.fr/article/2008/11/18/1329544_je-suis-passe-en-plein-ecran-sur-nbc-avec-la-banderole-cassoulet-for-ever.html#xtor=ADC-218



Et puisque jamais deux sans trois, toutes les cartes pour comprendre les résultats des élections sont sur le site du New York Times (je sais, c'est un peu tard, on est tous passés à autres choses, mais bon...):


http://elections.nytimes.com/2008/results/president/map.html

dimanche 9 novembre 2008

Amérique des villes et Amérique des champs.

Si Obama a résisté plutôt pas mal dans les campagnes, c'est aux villes qu'il doit sa victoire. Dans plusieurs Etats clés les écarts entre ses scores entre les villes et les campagnes sont saisissants.

Dans le Colorado Obama fait plus de 70% à Denver et à Boulder et y totalise 200 000 voix d'avance sur son rival (sur l'Etat il a à peu près... 200 000 voix d'avance).

A Philadelphie, un score soviétique de 83% pour Obama, avec au passage 460 000 voix d'avance. Difficile pour McCain de gagner la Pennsylvanie dans ces conditions: même s'il remporte la plupart des comtés ruraux, le retard cumulé de plus de 600 000 voix accumulé dans la région de Philly se traduit par un retard de... 600 000 voix.

En Virginie, le Démocrate ramasse la totalité de ses 230 000 voix d'avance dans les faubourgs de Washington DC (de l'autre côté de la rivière Potomac), ramasse aussi 80% dans la capitale de l'Etat -- Richmond. Cela, et sa victoire dans le port de Norfolk contrebalancent le vote de l'intérieur des terres.

Tout cela pour montrer le fossé croissant entre une Amérique urbaine (souvent plus cultivée) et une Amérique rurale, qui bon, connaît sans doute la Genèse mieux que moi. L'une vote très démocrate, l'autre très républicain. En fait cela fait sans doute longtemps que c'est vrai, mais c'est G Deubeuliou Bush qui a fait exploser cette tendance. Cela lui a permis de faire un tabac et les Réublicains sont passé de 39 millions de voix en 1996 (Bob Dole) à 50 millions en 2000 puis 62 millions en 2004. Les Démocrates ont eu beau gagner des voix d'une fois sur l'autre (de 47 M en 1996 à 50 M en 2000 et 59 M en 2004, merci wikipédia), ça s'est révélé un peu cours.

En fait Bush faisait la différence dans les "suburbs" car il jouait sur les peurs et dans ces zones résidentielles on est très peureux (source: Jean-Marie Le Pen, 2002). Ainsi, s'il était distancé dans les villes elles-mêmes, il se rattrapait dans ces banlieues en plein boom puisqu'à ce moment là les subprimes étaient un produit financier noté AAA qui permettait d'acheter une maison. Cela donnait une certaine modernité à son électorat: il a remporté 97 des 100 comtés qui connaissaient la croissance démographique la plus rapide (source: je sais plus).

Une crise financière plus tard, les Républicains ne sont plus prédominants dans ce type de secteur. Et ils n'existent toujours pas dans les comtés universitaires. Quand aux cités, elles ressemblent de plus en plus à des zones de parti unique. L'adhésion massive envers les démocrates n'y dépend même plus tant des couches sociales. Un exemple: New York où Obama ramasse 85% dans Manhattan, 88% dans le Bronx et plus de 74 % dans le Queen's et à Brooklyn. Il fait aussi des scores énormes dans le Nord du New Jersey, qui appartient à l'agglomération de New York. C'est un peu comme si toute l'agglomération parisienne se reconnaissait dans un seul candidat: voit-on le 16e (dans le rôle de Manhattan) et Argenteuil (dans le rôle du Bronx) se ranger derrière un seul parti?

Les Démocrates sont désormais (très) majoritaires dans tous les centres où s'imagine l'avenir économique et culturel du pays. Tant que les Républicains représentent des valeurs qui sont déconnectées de celles de ces centres, ils auront sans doute du mal à faire voter pour eux en jouant non pas sur les peurs mais sur les espoirs des gens. En tout cas le "maverick" qu'est John McCain n'a pas su y faire exception en 2008.

vendredi 7 novembre 2008

Elections américaines : petites analyses

Coucou à tous,

Je tiens tout d'abord à remercier Bertrand (mais c'est qui Bertrand ?) et Thierry pour héberger dans leur (très chouette) blog quelques unes de mes réflexions sur la campagne électorale qui vient de se terminer aux Etats-Unis. Plusieurs raisons à cela: je suis actuellement à Champaign à l'université d'Illinois (l'état d'Obama) où viennent étudier les jeunes de Chicago, mais aussi ceux des plaines du Midwest. Pour observer, décortiquer, se forger une opinion, c'est plus facile que depuis la France. La deuxième raison est que j'ai été au taquet pendant cette campagne, plus ou moins depuis janvier et les caucus de l'Iowa qui démarrent le processus électoral. Je l'ai donc suivie de près.

le postage va être un peu chaotique mais je vais essayer de fournir des points de vue originaux et de dire des choses qui peuvent échapper à nos esprits de Frenchies...

jeudi 6 novembre 2008

Deuxièmes prénoms...

On a suffisamment entendu que celui d'Obama est Hussein...mais jamais que celui de Biden est Robinette ! Je préfèrerais pourtant m'appeler Hussein, qui est un prénom qui existe, même si mal connoté maintenant, à Robinette ! D'autant plus que son père possédait déjà les deux mêmes prénoms...la seule solution est qu'il trouvait Robinette si risible qu'il voulait que quelqu'un endure les mêmes souffrances que lui, et ça ne pouvait être que son fils. Si la France et les Etats-Unis se brouillent, le Canard Enchaîné en profitera, c'est sûr.

mercredi 5 novembre 2008

Démographie des votes

Petite synthèse, pas liée, de la démographie des votes, grâce aux sondages sorties des urnes ("exit polls" en anglais, c'est tellement simple...), collectés sur le site de CNN. Ils vont beaucoup plus loin que ce qui est permis en France. Certains ont déjà du faire le boulot, mais c'est toujours Justifierintéressant pour moi de tout re-regarder par moi-même.

A propos, hier je suis allé me coucher alors que la victoire d'Obama était seulement très probable. En gros, j'ai pas attendu la côté ouest...et ce matin en arrivant au boulot, je vois le titre d'un journal "Americans wanted no change", au dessus d'une photo de McCain. Incompréhension...et en fait, le mec qui était en train de lire m'a montré l'autre couverture, à l'envers, titrant sur la victoire d'Obama. Le journal avait sûrement été imprimé avant les élections. Sur le coup, ça fait bizarre tout de même.

-Les femmes ont évidemment voté plus Obama

-Le plus de mélanine, le plus démocrate (dans l'ordre Blanc (seuls à avoir choisi en majorité McCain), Asiatiques, Latinos puis Noirs (96% !))

-Le plus vieux, le plus républicain (parmi les Blancs, seuls les 18-29 ans ont voté Obama)

-Les syndiqués ont voté Obama, les autres étaient plus partagés

-A part les très riches/postgraduates, le plus d'études ou le plus de revenus (corrélé), le plus républicain

-Seuls les Protestants ont voté en majorité McCain, et les Juifs ont le plus voté Obama (78% pour l'ensemble, alors que les Juifs blancs ont voté Obama à 83%...c'est bizarre, y'a pas trop de Juifs pas blancs il me semble) que les athées (75%). Axelrod (cf conclusion) est Juif, je crois que ça les a rassurés.

-Le plus pratiquant religieusement, le plus républicain (et les protestants plus républicains que les catholiques)

-Les born-again ont défoncé à 75% Obama...normal, quoi

-68% des primo-votants ont choisi Obama (jeunes+Noirs vs épouvantés d'Obama), parmi les autres c'est 50-50

-52-47 pour Obama parmi ceux qui ont fait leur choix avant septembre...à quoi servaient les millions dépensés depuis ? Les deux auraient mieux fait d'aller au WEI de toutes les écoles d'ingénieurs et de commerce avec l'argent. Je pense qu'ils auraient été tous les deux bons au concours de déguisement.

-13% des Américains ont aidé uniquement la campagne d'Obama (80-19 pour Obama), 6% celle de McCain (17-82 pour Mc Cain), et 13% les deux (47-51 pour McCain). Participation à la campagne plus élevée qu'en France, il me semble !

-83% des Démocrates pour Hillary Clinton ont bien reporté leur voix, alors que seuls 62% des Démocrates soutenant qqun d'autre que Clinton/Obama ont voté Obama

-54% de ceux qui ont servi dans l'armée ont voté pour McCain

-62% de ceux qui ont au moins un gun à la maison en ont fait de même

-Les gays/lesbiennes/bisexuel(le)s ont voté Obama à 70%

-Seulement 53% des campagnards ont voté McCain (63% dans les villes pour Obama)

-Allez regarder les résultats sur première dame/colistier(ère), c'est intéressant mais compliqué à expliquer (page 4 sur le site de CNN)

-Ceux qui trouvent Obama trop conservateur ne l'ont choisi qu'à 49-44%...c'est bizarre

-Plus ils trouvaient l'économie en bonne santé, plus ils votaient McCain...mais ceux qui pensaient qu'elle allait empirer ont aussi voté McCain...bizarre aussi

-Plus ils approuvaient le plan Paulson, plus ils votaient Obama. Or je rappelle que les pauvres ont voté assez fortement Obama. Bizarre encore, ça paraît être la classe moyenne qui rejetait le plan Paulson donc.

-Plus ils croient à l'amélioration des "relations raciales", plus ils votaient Obama. Toujours bizarre, j'aurais cru que c'était plutôt décorrélé.

-Ceux pour qui l'âge ou la race du candidat étaient un facteur important ont plus voté Obama

-Ceux pour qui le choix de Palin était le plus important ont voté Obama à 52%, alors que la moyenne de ceux la qui considéraient comme importante ont voté McCain à 56%. Ca ça fait peur (nombre d'électeurs ont voté McCain grâce à elle), mais c'est rassurant pour lui quant à son choix, et pour Obama, pour qui c'est toujours plus gratifiant d'être élu pour sa personne et non contre l'autre colistière.

-Révélateur : 90% de ceux qui pensaient que McCain continuerait dans la même voix que Bush ont voté Obama, 85% du reste est pour McCain. Ca veut dire qu'Obama a bien eu raison de marteler leur ressemblance, et surtout que Bush est TRES impopulaire : on pourrait penser que les faucons ultraconservateurs, contents de Bush, espéraient que les McCain suive Bush.

-Autre point rassurant pour Obama : ceux qui considéraient plus le fond ("the issues") que la personnalité des candidats l'ont porté à 60%, proportion inversée pour les autres

-89% de ceux qui aspiraient avant tout au changement (34% des électeurs tout de même) ont élu Obama : encore une fois, la campagne d'Obama aura été bien ciblée.

Bravo à Obama et ses stratèges. La photo est celle de David Axelrod (stratège en chef d'Obama, qu'il suit depuis les sénatoriales 2004, soit en gros responsable de sa com, inventeur du robuste "Yes we can !", à ne pas confondre avec David Plouffe, directeur de campagne), il n'est tellement pas sexy ! Bravo à McCain aussi, sans démagogie, parce que, comme on le savait tous et comme les sondages l'ont montré, c'était vraiment pas facile de passer après George Bush. Bravo aussi aux électeurs républicains de l'avoir choisi lui aux primaires, et pas un Mitt Romney ou un Mick Huckabee qui auraient été hachés menus.