Souvent, en revanche, les essais de nouveaux milk-shakes sont concluants. On en a goûté déjà plus de 30, du coup on est assez balèzes, et on repère tout de suite les petits nouveaux qu'on ne connaît pas pour les essayer. Problème : il y en a souvent des inconnus, qu'il faut donc teser, ce qui fait qu'en fait on ne peut pas reprendre ceux qu'on a déjà trouvés bons, notre méthode d'avoir tout essayé marchera bien un jour, on ne peut pas en trouver des nouveaux à chaque fois. Jus de fruits même combat.
J'ai tenté aussi le muesli à la cardamome -c'est indien et je ne connais pas bien cette épice. Ben ici ils en mettent trop, comme Bertrand dirait : "c'est dégueulasse".
Mais le meilleur champ pour jouer est, bien sûr, les plats au restaurant. Là on ne connaît jamais la moitié de la carte, mais on prend quand même une précaution avant d'enclencher le mode random : demander au serveur si c'est spicy. S'il dit oui, ou middle, on se désintéresse de la nouveauté, sinon on tente. Là le taux d'échec augmente sérieusement par rapport aux milk-shakes : des fois, nos papilles trouve ça un peu trop pimenté quand même, et on est malheureux. On commande plein de pain quitte à se péter le bide, et on achève le plat, petite bouchée par petite bouchée. D'autres fois c'est très bon, et souvent on ne se souvient plus le lendemain du nom de ce qu'on a apprécié -autre variante, au restaurant d'après voit un nom connu sur la carte, et on ne sait plus si c'était bon ou pas. De manière générale, on partage nos plats, de manière à diminuer par deux les risques.
Enfin, là où j'ai été le plus gratuit, c'est sur l'huile. Ici, plein d'huiles différentes, toutes pas chères. Coco, tournesol, plein de copines. Ca paraît "classique". En revanche leur cousine la "mustard oil" m'a intrigué, avec ses fossettes et ses yeux verts. Etait-ce de l'huile aromatisée moutarde, ou de l'huile de moutarde. ? Je demande conseil à la ménagère (ou la mégère, si vous préférez) d'à côté, qui me confirme que c'est bien de l'huile de moutarde. Pourquoi pas après tout, on fait bien de l'huile de pépins de raisins. Mais quand je lui demande si c'est bon, elle me répond un laconique "Y'en a qui aiment...". Sur ce, je prends la brique d'huile, sous son regard étonnée, plein de pitié, disant presque "God bless you". Moi, je me dis que faut essayer, et que pour la vinaigrette, ce doit être parfait.
Erreur, c'est beaucoup trop fort. Avec les légumes poëlés, ça passe, si on n'en mets qu'un peu, mais pour assaisonner les crudités, non. Avantage (ou désavantage pour Bertrand) : ça m'oblige à cuisiner pas gras...mais c'est bien le seul. Si vous voulez, je peux vous en ramener dans des petites bouteilles, après tout, les goûts et les couleurs...