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vendredi 27 juin 2008

Des tentatives pas toujours réussies (par Thierry)

Bertrand et moi nous avons au moins un point commun, celui d'aimer les nouveautés culinaires. Mardi dernier, il est revenu avec deux paquets de sticks nouveau look -des fois que ce soit bon et qu'un paquet ne soit pas suffisant. Echec assez complet, tant pis.

Souvent, en revanche, les essais de nouveaux milk-shakes sont concluants. On en a goûté déjà plus de 30, du coup on est assez balèzes, et on repère tout de suite les petits nouveaux qu'on ne connaît pas pour les essayer. Problème : il y en a souvent des inconnus, qu'il faut donc teser, ce qui fait qu'en fait on ne peut pas reprendre ceux qu'on a déjà trouvés bons, notre méthode d'avoir tout essayé marchera bien un jour, on ne peut pas en trouver des nouveaux à chaque fois. Jus de fruits même combat.

J'ai tenté aussi le muesli à la cardamome -c'est indien et je ne connais pas bien cette épice. Ben ici ils en mettent trop, comme Bertrand dirait : "c'est dégueulasse".

Mais le meilleur champ pour jouer est, bien sûr, les plats au restaurant. Là on ne connaît jamais la moitié de la carte, mais on prend quand même une précaution avant d'enclencher le mode random : demander au serveur si c'est spicy. S'il dit oui, ou middle, on se désintéresse de la nouveauté, sinon on tente. Là le taux d'échec augmente sérieusement par rapport aux milk-shakes : des fois, nos papilles trouve ça un peu trop pimenté quand même, et on est malheureux. On commande plein de pain quitte à se péter le bide, et on achève le plat, petite bouchée par petite bouchée. D'autres fois c'est très bon, et souvent on ne se souvient plus le lendemain du nom de ce qu'on a apprécié -autre variante, au restaurant d'après voit un nom connu sur la carte, et on ne sait plus si c'était bon ou pas. De manière générale, on partage nos plats, de manière à diminuer par deux les risques.

Enfin, là où j'ai été le plus gratuit, c'est sur l'huile. Ici, plein d'huiles différentes, toutes pas chères. Coco, tournesol, plein de copines. Ca paraît "classique". En revanche leur cousine la "mustard oil" m'a intrigué, avec ses fossettes et ses yeux verts. Etait-ce de l'huile aromatisée moutarde, ou de l'huile de moutarde. ? Je demande conseil à la ménagère (ou la mégère, si vous préférez) d'à côté, qui me confirme que c'est bien de l'huile de moutarde. Pourquoi pas après tout, on fait bien de l'huile de pépins de raisins. Mais quand je lui demande si c'est bon, elle me répond un laconique "Y'en a qui aiment...". Sur ce, je prends la brique d'huile, sous son regard étonnée, plein de pitié, disant presque "God bless you". Moi, je me dis que faut essayer, et que pour la vinaigrette, ce doit être parfait.
Erreur, c'est beaucoup trop fort. Avec les légumes poëlés, ça passe, si on n'en mets qu'un peu, mais pour assaisonner les crudités, non. Avantage (ou désavantage pour Bertrand) : ça m'oblige à cuisiner pas gras...mais c'est bien le seul. Si vous voulez, je peux vous en ramener dans des petites bouteilles, après tout, les goûts et les couleurs...

vendredi 16 mai 2008

Hystérie (par Thierry)

Je ne résiste pas à l'envie de vous raconter le début de l'après-midi.

Ca fait quelques jours que je me fais à manger, midi et soirs, et mes collègues le savent. Smitha, ma collègue un peu fo-folle, l'Hélène Viatgé de Bangalore, m'a demandé de lui ramener "a French dish". Comme je me fais des crêpes très régulièrement, j'ai pris dix minutes de plus de pause, et je leur en ai amené cinq, toutes beurre-sucre. J'ai déposé l'assiette sur une table devant l'entrée du labo, parce que dedans vaut mieux pas faire trop de miettes, puis je suis allé bosser. Deux minutes après, la même Smitha déboule dans le labo : "Is it you who brought this thing ? " Oui, Smitha, j'ai tenu parole. Le temps que j'arrive, deux autres copines étaient arrivées. Elles étaient toutes folles, mangeaient petits bouts par petits bouts, se disputaient pour savoir qui en avait eu le plus. Et les couverts que j'avait amenés, no use. Dieu a inventé les doigts, et quand on sait compter, il ne servent plus qu'à manger.
Quand Deepak puis Dhanalakshmi pointent le bout de leurs épatés nez, ils sont happés par les filles. Ils devinent à peu près la recette, mais oublient tous le lait, c'est pourtant plutôt essentiel. C'est assez incroyable que des pauvres petites crêpes puissent les exciter autant, c'est quand même pas une pièce montée, et ça fait plaisir. La semaine prochaine, ils m'invitent à leur auberge, j'en profiterai pour faire cuire un gâteau. Espérons qu'ils aiment autant, ça fait plaisir. Je vous raconterai.

mercredi 14 mai 2008

Un festin (par Bertrand)

J'ai dit beaucoup de mal de la cuisine indienne. Mais c'était vrai.
Cependant je vais enfin en dire du bien.

Vendredi soir dernier, on est allé au resto avec les gens du labo parce qu'un étudiant a fait sa première publication. Du coup il nous a payé un resto cher (d'après leurs dires), 7000 roupies à 10, soit 10.50€ par personne. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'on s'est pété le bide.

Pour commencer on prend tous une soupe au poulet, servie dans un verre. En fait c'est un bouillon, très chaud avec sur le dessus une couche de graisse liquide (ou de jus de poulet, à l'appréciation de chacun) que ma mère s'employait jadis à bannir de la soupe. C'était fameux.
Ensuite chacun prend des starters qui consistent en morceaux de poulet, poisson ou légumes grillés ou panés. En plus on se partage les plats donc on goûte à tout. Bref à la fin des starters (qui veut dire entrée en anglais), je sens déjà la crampe d'estomac, je ne suis plus habitué à bien manger depuis un mois quand même !



Viens ensuite le plat. Ce sont des curries, ie du poulet ou du fromage (pour les végétariens) en sauce, servi dans un bol et que tout le monde se partage. On mange ça avec un pain plat, dénommé naan, paratha ou chapati selon l'épaisseur. A ce niveau là du repas, plus question de suivre les conversations en anglais, le jeu est de finir tous les plats à deux avec un ami indien, les autres ayant déclaré forfait. Quand arrivent des cuisses de poulet en cadeau on sent qu'il faudra faire un choix entre elles et le dernier curry. Celui-ci sera finalement abandonné en pourboire.

Mais comme tout bon banquet qui se respecte, quand c'est fini il y en a encore : nous prenons tous une glace, mon ami indien remporte alors la compétition puisqu'il recommande deux boules en plus. A charge de revanche, la prochaine fois je me préparerai avec du riz les jours d'avant.

Quand je suis sorti du resto, eh bien pour tout vous dire j'étais heureux. Ma mission est à partir de maintenant d'apprendre à cuisiner ces curries et pains indiens. Je vous tiendrai au courant pour les recettes.

mardi 6 mai 2008

Le French Poulet (par Bertrand)

Quel toupet !
Je vous raconte ce qui nous est arrivé. Avant de prendre le bus on va dans un restaurant, le serveur nous amène la carte et là stupeur : au paragraphe des viandes figure une photo d'un poulet rôti entier et dans la liste nous remarquons non sans un pincement au coeur un plat dénommé French Chicken (poulet français). C'en est trop pour nos estomacs en manque de nourriture bien de chez nous, nous commandons derechef le French Poulet.
Dans l'expectative, la discussion va bon train : "Un poulet entier c'est beaucoup quand même", "Finalement on les avait mal jugés ces indiens, ils savent apprécier les bonnes choses".
En guise de mise en bouche on avait commandé une petite soupe certifié "No spice" par le serveur. Quand arrive la soupe et que celle-ci se révèle à base de piment vert aussi piquant que leur réputation, on se dit que vraiment on ne peut compter que sur le French Poulet, les plats indiens sont décidemment beaucoup trop épicés. Puis arrive notre précieux.

Première désillusion, le poulet n'est pas entier mais découpé en petits morceaux; ce ne serait pas si catastrophique s'ils n'avaient pas eu l'idée saugrenue de le rouler en plus dans une sauce au piment.Décidemment les anglais n'ont pas fait que du bien à l'Inde, je les soupçonne d'être responsable de cet outrage aux poulets fermiers.
Ce sacrilège, de mettre de piment partout, est déjà difficile à avaler mais si en plus ils nous font passer, nous français, pour des brutes, des sanguinaires, pour des indélicats qui saccagent sans scrupules le poulet, où allons nous. Quid de notre image de fins gastronomes (image qui semble de plus en plus fondée si on se fie aux moeurs alimentaires des autres pays). Vraiment ils se permettent tout.

Pour montrer notre mécontentement nous avons boycotté les sempiternelles graines d'anis servies en fin de repas pour aider à digérer. Il ne faut pas nous prendre pour des pigeons non plus. En plus elles ne sont pas bonnes ces graines...

mardi 29 avril 2008

Jus de canne et whisky au beurre (par Thierry)

Ce sont mes découvertes culinaires du week-end. Tout d'abord le jus de canne à sucre : la recette est très simple, jus de canne à sucre, citron vert et gingembre, la pratique un peu moins. En effet, presser du raisin, ça va, de l'orange c'est un peu plus dur, mais faisable, mais la canne à sucre, c'est vraiment pas gagné. Ils ont des machines à moteur qu'ils doivent s'escrimer à lancer, mais ça vaut le coup : la canne à sucre ne doit pas être très chère, et le résultat est très bon. Ci-dessous, un exemple de machine, c'est assez artisanal, et mieux vaut pas trop y laisser trainer le bras.




Le whisky au beurre est bien sûr la traduction littérale de Butter Scotch, on a connu plus limpide comme description. Pour découvrir, j'en commande un milkshake dans un restaurant, et en fait c'est un espèce de caramel à la vanille. Compostion exacte : sirop de sucre, beurre, crème fraîche, vanille bouilli le tout ensemble. C'est aussi très bon ! C'est cool de pouvoir faire des essais comme ça, au hasard, et ne pas être déçu. Le milkshake d'avant, j'avais pris du "baddam", qui s'était révélé être du gingembre, délicieux aussi.

Après recherches, et comme on pouvait s'y attendre, il se peut que la partie "scotch" du mot soit relative à l'Ecosse, mais le Butter Scotch a l'air de venir plutôt de Doncaster, dans le Yorkshire du sud (mileu de l'Angleterre).

Du coup, après ces délices, ce midi à la cantine, je n'avais pas trop le coeur à manger la même chose que d'habitude, du coup là il est 16h30 et j'ai déjà faim.

jeudi 17 avril 2008

De la gastronomie indienne (par Bertrand)

Si on a choisi de partir en Inde c'est aussi pour goûter lesspécialités épicées du coin. Alors bien sûr en France quand on parle derepas indien ça fait réver, ça fait exotique. On pense tout de suite autavail des cuisiniers pour marier si joliment les épices, faire revenirles morceaux de viande dans une sauce relevée, préparer un riz parfait qui ne colle même pas. On a cru ça jusqu'à dans l'avionMumbay-Bangalore, où on a eu droit à un repas indien "à l'occidentale".Mais bientôt la dure vérité éclata au grand jour, ce qui caractériseles repas indiens c'est le riz, encore le riz, rien que le riz. Tout lereste n'est que fioriture et décoration, ainsi chaque sauce ouaccompagnement ne fait que modifier le tronc commun de l'alimentationqu'est le riz.

Mais rien de tel qu'un petit exemple en image :


Plat indien typique : du riz, etc...

Prenonsce plat indien typique, composé de quatre pots de sauces, un "pain",trois mixtures de légumes et du sel. Bien sûr j'oublie de mentionner leriz mais il fait partie de l'assiette, sa présence est triviale etindiscutable.

Commençons par le pot de gauche: vu son aspect laiteux c'est du yaourt, sûrement le dessert, laissons ça pour plus tard.

Vient ensuite la sauce brune, comme on ne peut pas la manger toute seule on la mélange avec le riz, ce qui, ne soyons pas toujours mauvaise langue, améliore bien le sacro-saint riz.

On passe ensuite à la sauce jaune, que l'on incorpore au riz. On se dit alors (naïvement comme on le verra plus tard) "Chouette une autre sauce aussi bonne que la première". Effectivement c'est une autre sauce.

Quand vient le tour de la troisième on se dit que si c'est une autre sauce aussi bonne que la première il vaut mieux directement passer à la suite.

On se saisit alors du "pain". Comme la plupart des pains c'est bon mais c'est fade. Dans un éclair de lucidité on pense au sel pour nous sauver la mise. Mais rien ni fait, du pain restera toujours du pain, et on finit laborieusement sa dernière bouchée avec un peu de riz pour pousser.

Puis on s'attaque aux légumes: alors là très bonne surprise quand on s'aperçoit que le premier tas est composé de patates et de tomates, tout ce qu'il y a de plus classique. Après quelques bouchées on prendra soin d'y incorporer le riz, pour le faire passer.

La salade ne fait qu'une bouchée, puis on goûte la mixture rouge qui ressemble fortement à de la sauce tomate. Notre intuition est la bonne mais ce qu'on ne savait pas c'est que le cuisinier très joueur avait rajouté du piment ! Alors que les saveurs disparaissent peu à peu, au même rythme que les papilles gustatives, on se dit que finalement le riz tout seul c'est pas mal non plus.

Et alors me direz-vous, quid du yaourt ? Et manque de chance ce n'était pas un dessert, celui-ci n'est pas plus sucré que mes pieds (c'est dire). Il paraît même un peut fade, et ce dès la première bouchée. Le mangeur, honteux et confus, jura mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus, et que la prochaine fois il mélangerait piment et yaourt.


Après tant d'efforts le résultat est là, notre assiette est vide, on a tout donné pour la finir et, enfin, on peut le dire, on n'a plus faim. N'est-ce pas ce qu'on recherche quand on mange ? Mouais.


Barème du plat indien de base (sur 5):

  • Remplissage de bide : 5
  • Variété : 2
  • Lourdeur du repas : 3
  • Quantité de sucre : 0
  • Quantité de graisse : 0
  • Quantité d'épice : 4
  • Quantité de viande : 0
  • Quantité de canard : -1
Pour calculer le score objectif correspondant à la notation ci-dessus on calcule l'écart avec un barème de base correspondant à ce qui se fait de mieux en repas dans le monde entier (certifié par l'ONU et la région Aquitaine), j'ai nommé le magret de canard avec des petits haricots, quelques patates, salade, fromage et un gâteau basque en dessert. Barème: 5 5 3 2 5 1 5 5.
Ainsi notre pauvre plat indien de base obtient le score médiocre de 25. C'est quand même mieux que le repas anglais traditionnel, que les indiens se rassurent.

Nous avons donc remis les choses à leur place, un repas indien de base c'est quand même pas top, ça vaut à peine une pizza...
Heureusement qu'ils n'ont pas que ça (enfin ceux qui ont un peu de sous du moins...).